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Économie Publié le mercredi 16 septembre 2026 | Abidjan.net

Cacao : l’Accord international de 2026 entre définitivement en vigueur le 1er octobre

Cacao : l’Accord international de 2026 entre définitivement en vigueur le 1er octobre
© Abidjan.net Par JB
Accord international sur le cacao : le Conseil de l’ICCO officialise son entrée en vigueur définitive au 1er octobre 2026
Abidjan 15 septembre 2026 . Réuni en session, le Conseil de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a validé l’entrée en vigueur définitive de l’accord international sur le cacao à compter du 1er octobre 2026. Cette décision, désormais officielle, ouvre une nouvelle phase de régulation de la filière cacaoyère mondiale, avec des enjeux majeurs liés à la durabilité, à la transparence du marché et à l’amélioration des revenus des producteurs.

Le Conseil de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a adopté ce mardi 15 septembre 2026 à Abidjan, la résolution consacrant l’entrée en vigueur définitive de l’Accord international sur le cacao de 2026 à compter du 1er octobre prochain. Fruit de plusieurs années de négociations, ce nouvel accord place notamment le revenu des petits producteurs, la durabilité de la filière et la transformation locale du cacao au cœur des priorités de la coopération internationale.

Réunis au siège de l’ICCO à Abidjan, les représentants des États membres ont franchi une étape majeure dans le renouvellement du cadre juridique de la coopération internationale dans le secteur du cacao.


Conformément à l’article 58, paragraphe 3, de l’Accord international sur le cacao de 2026, les États concernés ont décidé de mettre en vigueur le nouvel accord de manière définitive à partir du 1er octobre 2026. Cette disposition permettait aux gouvernements concernés de déterminer les modalités et la date d’entrée en vigueur lorsque les conditions prévues aux paragraphes précédents n’étaient pas réunies.

La décision intervient après l’engagement de plusieurs pays producteurs à signer, ratifier ou appliquer provisoirement le nouvel accord. L’ICCO indique officiellement que le Togo, le Nicaragua, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo figurent parmi les premiers participants au nouvel Accord 2026. 

Le porte-parole des pays producteurs de cacao à l’ICCO, l’Ivoirien Aly Touré, s’est félicité de cette étape qui assure la continuité de l’organisation et de la coopération internationale dans le secteur cacaoyer.


« Pour nos pays producteurs, cet accord met l’accent sur le prix rémunérateur aux petits producteurs », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité de renforcer la dimension économique de la durabilité de la filière.

L’une des principales innovations mises en avant par les responsables de l’ICCO concerne en effet la place accordée au revenu des petits producteurs.

Le nouvel accord entend inscrire davantage la question économique au même niveau que les dimensions sociale et environnementale de la durabilité. Cette orientation intervient dans un contexte marqué par une forte volatilité des cours internationaux du cacao, avec des conséquences directes sur les revenus des producteurs.


Pour Aly Touré, la pérennité de l’économie cacaoyère mondiale passe nécessairement par une meilleure rémunération des producteurs, considérés comme un maillon essentiel de la chaîne de valeur « S’il n’y a pas de cacao, il n’y aura pas de chocolat », a-t-il rappelé, soulignant l’interdépendance entre producteurs, industriels et consommateurs.

L’Accord 2026 prévoit également de nouvelles orientations en matière de transformation locale, de durabilité économique, sociale et environnementale ainsi que de développement de la chaîne de valeur du cacao. L’ICCO présente notamment le revenu vital des producteurs et la transformation locale parmi les priorités du nouvel accord. 

La question de la rémunération des producteurs devrait également être au centre du dialogue entre les pays producteurs et l’industrie chocolatière.


Aly Touré a indiqué que des échanges avaient déjà été engagés avec des organisations représentant l’industrie, notamment l’Association européenne du cacao et Caobisco, qui regroupe les secteurs de la chocolaterie, de la biscuiterie et de la confiserie.


Ces discussions visent notamment à examiner les mécanismes permettant d’améliorer la répartition de la valeur au sein de la chaîne mondiale du cacao, tout en tenant compte des intérêts des producteurs, des industriels et des consommateurs.

Pour les pays producteurs, l’objectif est de faire de la rémunération décente des producteurs un élément structurant de la durabilité de la filière.

Au-delà des enjeux économiques, l’entrée en vigueur du nouvel accord permet d’assurer la continuité juridique et institutionnelle de l’ICCO.

Le directeur exécutif de l’organisation a rappelé que l’article 66 du nouvel accord prévoit que celui-ci succède à l’Accord international sur le cacao de 2010. Les décisions prises sous le régime de l’ancien accord et toujours en vigueur au moment de l’entrée en vigueur du nouveau texte restent applicables, sauf dispositions contraires du nouvel accord.

Cette clause de succession doit ainsi permettre d’éviter toute rupture dans le fonctionnement de l’organisation et dans la mise en œuvre des décisions adoptées sous le précédent cadre juridique.


Adopté le 13 février 2026 à Genève lors de la Conférence des Nations unies sur le cacao, l’Accord international sur le cacao de 2026 constitue le successeur de l’Accord de 2010. Il établit notamment un cadre ouvert, sans durée fixe, et renforce les priorités liées au revenu des producteurs, à la transformation locale et aux trois dimensions de la durabilité. 

L’entrée en vigueur du nouvel accord intervient alors que certains grands acteurs de la filière poursuivent encore leurs procédures internes.

La représentante de l’Union européenne à la réunion a indiqué que l’UE n’était pas encore membre du nouvel accord, mais que la procédure en vue de sa signature était en cours. Elle a rappelé que les 27 États membres avaient déjà approuvé, en mai 2026, les amendements apportés à la version de 2010, une procédure qui avait nécessité l’intervention des différentes institutions européennes.


Le nouvel accord devra ainsi continuer à élargir sa base de participation afin de renforcer la coopération entre pays producteurs et pays consommateurs.

Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, l’entrée en vigueur de l’Accord international sur le cacao de 2026 marque surtout une nouvelle étape dans les discussions sur l’avenir économique de la filière.


À travers ce nouveau cadre de coopération, les pays producteurs entendent notamment faire davantage entendre la question du revenu des producteurs dans les discussions internationales sur la durabilité du cacao, tout en poursuivant les efforts en faveur de la transformation locale et d’une meilleure création de valeur dans les pays producteurs.


JB

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