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Société Publié le jeudi 17 septembre 2026 | Abidjan.net

Côte d’Ivoire : la fragilité du littoral et les risques côtiers au centre d'une conférence publique à Abidjan

Côte d’Ivoire : la fragilité du littoral et les risques côtiers au centre d'une conférence publique à Abidjan
© Abidjan.net Par DR
Côte d’Ivoire : la fragilité du littoral et les risques côtiers au centre d'une conférence publique à Abidjan
Une conférence publique consacrée à la mobilité du trait de côte et à la gestion des risques côtiers en Côte d’Ivoire s'est tenue ce mercredi 16 septembre 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. 

Une conférence publique consacrée à la mobilité du trait de côte et à la gestion des risques côtiers en Côte d’Ivoire s'est tenue ce mercredi 16 septembre 2026 à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. À l'initiative de l’Académie des Sciences, des Arts, de la Culture d’Afrique et des Diasporas Africaines , cette rencontre avait pour thème : « Du bilan de la mobilité du trait de côte à la gestion des risques côtiers en Côte d’Ivoire : diagnostic géomorphologique, enjeux sociétaux et réponses d’aménagement ». 


Le principal conférencier, le professeur Hauhouot Asseypo Célestin, professeur titulaire de géographie physique à l’Institut de Géographie Tropicale de l’Université Félix Houphouët-Boigny a d'entrée présenté les principales caractéristiques du littoral ivoirien, long d’environ 566 kilomètres. Selon ses explications, cet espace se compose de deux grands ensembles géomorphologiques.

À l’ouest, le littoral est notamment marqué par des plateaux rocheux à falaises, associés à des plages sableuses. Le chercheur a évoqué la présence de « falaises mortes », recouvertes de végétation, ainsi que de falaises vives observables à certains endroits, notamment au niveau des pointes et caps rocheux.

À l'en croire, cette partie du littoral se caractérise également par une diversité de paysages comprenant des plages, des systèmes lagunaires, des mangroves et différentes embouchures. Des caractéristiques qui constituent, selon le conférencier, un potentiel naturel et touristique important.

À l’est de Fresco, jusqu’à la frontière avec le Ghana, le paysage change avec la présence de longues bandes de sable formant des cordons littoraux. Cette configuration rend cette partie du littoral particulièrement fragile sur le plan géomorphologique. « C’est justement à l’est de Fresco, ces longues bandes de sable, les cordons littoraux qui impriment une certaine fragilité géomorphologique à notre littoral. C’est la partie la plus fragile », a expliqué le professeur Hauhouot Asseypo Célestin. À cette fragilité naturelle dit-il s’ajoutent des pressions liées aux activités humaines, notamment l’urbanisation rapide des villes côtières, le développement des activités touristiques et de loisirs ainsi que l’extraction de sable.

Aux dires du conférencier, ces évolutions peuvent avoir des conséquences sur les populations et les activités installées dans les zones littorales, notamment à travers la fragilisation des habitats, l’exposition de certaines infrastructures et la pression exercée sur les écosystèmes côtiers.


Représentant le président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, professeur Ballo Zié, par ailleurs parrain de la cérémonie, le vice-président chargé de la pédagogie et de la vie universitaire, professeur Monsan Vincent, a insisté sur l’importance de la recherche scientifique dans la compréhension et la gestion de ces risques. « Notre littoral n’est pas simplement une frontière géographique. C’est un espace de vie, un poumon économique, un patrimoine culturel et environnemental précieux pour la Côte d’Ivoire », a-t-il relevé.


Pour lui, les diagnostics scientifiques doivent permettre d’éclairer l’action publique, alors que le recul du trait de côte peut exposer des communautés, des infrastructures et des écosystèmes.

Il a souhaité que les échanges issus de cette conférence contribuent au renforcement des partenariats entre l’ASCAD, les universités, les ministères, les collectivités locales et les communautés, afin de faire émerger des réponses concrètes pour préserver les côtes et protéger les populations.


À l’ouverture des travaux, la Secrétaire d’Académie du Domaine des Lettres et Sciences humaines de l’ASCAD, professeur Konandri Affoué Virginie, a expliqué le choix porté sur cette problématique, qui dépasse selon elle le seul cadre de la géographie physique. « Le thème est une invitation à regarder notre littoral non plus comme un lieu de détente et d’évasion, mais comme un espace vivant, fragile et aujourd’hui menacé », a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que la géographie, au-delà de l’étude des phénomènes naturels, doit permettre de comprendre la manière dont les populations occupent leurs territoires, s’y adaptent et les aménagent. Il s’agit également, selon elle, de réfléchir à la manière dont l’État et les collectivités peuvent concevoir des aménagements capables de protéger les populations et de préserver leur environnement.

Elle a par ailleurs relevé que l’érosion côtière constitue un enjeu écologique, humain et économique majeur pour la Côte d’Ivoire. Elle a appelé à rapprocher la science, l’action publique et les savoirs traditionnels afin de rechercher des solutions durables.


Cyprien K. 

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