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Art et Culture Publié le samedi 19 septembre 2026 | Abidjan.net

Éducation : l’ENS d’Abidjan rend hommage au professeur Léon Sabrou Yépri et ouvre le débat sur l’avenir de l’école africaine

Éducation : l’ENS d’Abidjan rend hommage au professeur Léon Sabrou Yépri et ouvre le débat sur l’avenir de l’école africaine
© Abidjan.net Par JB
Éducation : l’ENS d’Abidjan rend hommage au professeur Léon Sabrou Yépri et ouvre le débat sur l’avenir de l’école africaine
L’École normale supérieure (ENS) d’Abidjan accueille les vendredi 18 et samedi 19 septembre 2026, un colloque international pluridisciplinaire consacré au professeur Léon Sabrou Yépri. Placée sous le thème « De l’héritage intellectuel aux défis contemporains de l’école africaine : excellence, transmission et innovation », cette rencontre rend hommage à une figure majeure de l’enseignement supérieur ivoirien tout en ouvrant une réflexion sur les transformations de l’éducation face au numérique et à l’intelligence artificielle.

L’École normale supérieure (ENS) d’Abidjan accueille les vendredi 18 et samedi 19 septembre 2026, un colloque international pluridisciplinaire consacré au professeur Léon Sabrou Yépri. Placée sous le thème « De l’héritage intellectuel aux défis contemporains de l’école africaine : excellence, transmission et innovation », cette rencontre rend hommage à une figure majeure de l’enseignement supérieur ivoirien tout en ouvrant une réflexion sur les transformations de l’éducation face au numérique et à l’intelligence artificielle.


La cérémonie solennelle d’ouverture, tenue ce vendredi 18 septembre à l’amphithéâtre MC de l’ENS, a réuni des responsables académiques, des représentants des institutions publiques, des enseignants-chercheurs, des étudiants, d’anciens élèves ainsi que plusieurs personnalités venues saluer le parcours de l’universitaire.

Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le directeur de cabinet, le professeur Koffi Arsène, a présenté cet hommage comme un moment de « reconnaissance, de mémoire et de transmission ». Il a souligné la contribution du professeur Léon Sabrou Yépri à la formation de générations d’enseignants et de cadres du système éducatif ivoirien.


Selon lui, le parcours du professeur s’articule autour de trois exigences : connaître, transmettre et former. Une conception de l’enseignement qui conserve toute sa pertinence dans un contexte marqué par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle « La question qui se pose à nous n’est pas de savoir s’il faut choisir entre tradition et innovation. Elle est de savoir comment articuler notre héritage intellectuel avec les exigences nouvelles de notre époque », a-t-il indiqué.


Le représentant du ministre a notamment appelé à préserver les fondamentaux de l’éducation, parmi lesquels la rigueur scientifique, l’esprit critique, l’éthique, la discipline intellectuelle et la recherche de l’excellence, tout en exploitant les opportunités offertes par les nouvelles technologies.


Dans cette perspective, l’intelligence artificielle peut contribuer à diversifier les méthodes pédagogiques, faciliter l’accès à l’information, soutenir la recherche et accompagner les processus d’apprentissage. Son utilisation doit toutefois rester encadrée afin de préserver les principes fondamentaux de l’éducation, la technologie ne devant pas se substituer à l’intelligence humaine.


Le directeur général de l’ENS d’Abidjan, le professeur Bamory Kamagaté, a expliqué que le choix de consacrer un colloque au professeur Léon Sabrou Yépri tient à la trace laissée par celui-ci dans les générations qu’il a contribué à former « Il est des hommes dont le parcours finit par dépasser leur propre personne », a-t-il relevé, estimant que la véritable mesure d’une carrière universitaire réside également dans les intelligences éveillées, les vocations suscitées et les générations mises sur le chemin de l’excellence.


Le professeur Léon Sabrou Yépri a consacré environ quarante années à l’ENS d’Abidjan, où il a notamment dirigé le Département des Arts et Lettres. Linguiste, sémioticien, stylisticien, pédagogue et spécialiste de littérature africaine, il a également exercé des responsabilités dans la coopération ainsi que dans les appuis pédagogiques et les ressources informatiques.


Son œuvre scientifique comprend notamment des travaux consacrés à « L’Enfant noir » de Camara Laye, à l’écrivain Amadou Koné et au poète burkinabè Titinga Frédéric Pacéré. Il est également l’auteur d’ouvrages consacrés à la stylistique, à la versification et à l’analyse des textes littéraires.


Pour le directeur général de l’ENS, cet héritage constitue désormais une partie de la mémoire de l’institution. L’hommage vise ainsi non seulement à célébrer l’universitaire, mais aussi à transmettre aux nouvelles générations les valeurs associées à son parcours : travail, rigueur, discipline intellectuelle, curiosité, persévérance et générosité dans la transmission du savoir.


Au-delà de l’hommage, le colloque ouvre une réflexion pluridisciplinaire sur les défis auxquels l’école africaine est confrontée. Les cinq axes retenus portent notamment sur le parcours et l’héritage intellectuel du professeur Yépri, les sciences de l’éducation et la formation des enseignants, les patrimoines culturels et la littérature, l’engagement social et la construction de la paix ainsi que l’avenir de l’école africaine à l’ère des mutations numériques.


Le représentant de la présidente du Sénat, le sénateur Michel Koffi Benoît, a insisté sur la nécessité de transformer l’héritage intellectuel des grandes figures universitaires en une force au service de l’école africaine de demain.


Il a relevé que l’évolution des pratiques pédagogiques, l’essor des technologies numériques et l’émergence de l’intelligence artificielle imposent de repenser les modalités d’apprentissage et le rôle de l’enseignant « La question n’est plus seulement de savoir comment transmettre les connaissances. Elle consiste également à déterminer quelle connaissance transmettre, à quelle fin, selon quelle méthode et au service de quel projet de société », a-t-il déclaré.


Le représentant du ministre de la Communication, conseiller technique Ouattara, a pour sa part mis l’accent sur la dimension citoyenne de l’hommage. Il a salué la décision de célébrer publiquement un universitaire ayant consacré plusieurs décennies à la formation des enseignants et des chercheurs, soulignant l’importance du service public et de la transmission dans la construction de la nation.


Le chef du Département des Arts et Lettres de l’ENS a, quant à lui, présenté le professeur Yépri comme une figure majeure de ce département, soulignant son apport à la formation de plusieurs générations et son attachement à la rigueur intellectuelle, à la dignité et à la transmission.


Face à la presse, le professeur Léon Sabrou Yépri a tenu à replacer cet hommage dans une dimension collective. L’universitaire a refusé d’en faire une célébration individuelle, insistant sur le rôle joué par l’ensemble de la communauté universitaire dans son parcours « C’est plutôt un travail d’ensemble, d’une équipe, d’une famille. Ce n’est pas Léon Yépri », a-t-il déclaré, avant d’élargir son propos à la nécessité de renforcer le travail collectif au sein de l’université.


Pour le professeur, les enseignants doivent davantage travailler en équipe et développer les collaborations au sein des laboratoires et des structures de recherche. « C’est ensemble qu’on avance. On ne peut jamais avancer seul », a-t-il insisté.


Cette conception collective de l’université s’étend, selon lui, à la construction de la nation. Chaque génération doit apporter sa contribution afin de prolonger le travail engagé par celles qui l’ont précédée « Chacun doit pouvoir donner un peu de lui-même pour prolonger le travail des années, pour prolonger le travail que nous faisons chacun à son niveau pour l’édification de la nation », a-t-il expliqué.


L’ancien responsable du Département des Arts et Lettres a également appelé au respect des institutions et à la préservation des valeurs qui doivent accompagner l’action universitaire : la rigueur, la probité, l’honnêteté et l’estime réciproque « Il faut un pont créé entre les générations. On n’a pas laissé ailleurs les maillons », a-t-il relevé, mettant ainsi en avant l’importance de la continuité dans la transmission des savoirs et des valeurs.


Interrogé sur le bilan de son parcours et sur la question de savoir si sa vision avait été pleinement réalisée à travers l’hommage qui lui est consacré, le professeur Yépri a répondu avec humilité : « On ne réussit jamais, on avance toujours. »


Une réflexion qui traduit sa conception de la carrière universitaire comme un processus continu plutôt qu’un aboutissement. S’appuyant sur un adage latin selon lequel l’honneur constitue aussi une charge, il a estimé que toute responsabilité reçue doit ouvrir la voie à une nouvelle étape de contribution.


Pour le professeur Léon Sabrou Yépri, cette nouvelle étape doit également dépasser la seule dimension individuelle. « La vraie vision, c’est solidaire », a-t-il conclu, jouant sur le rapprochement entre « solitaire » et « solidaire » pour rappeler que le savoir et l’expérience n’ont de portée durable que lorsqu’ils sont partagés avec la communauté et mis au service du plus grand nombre.


À travers ce colloque, les organisateurs souhaitent ainsi inscrire la célébration du professeur Léon Sabrou Yépri dans une réflexion plus large sur la continuité de l’école africaine et son adaptation aux mutations contemporaines.


Les échanges prévus durant les deux jours abordent notamment le profil du nouvel enseignant à l’ère de l’intelligence artificielle, les nouvelles compétences nécessaires aux enseignants et aux formateurs, l’intégration des technologies numériques dans les pratiques pédagogiques ainsi que les enjeux éthiques liés à ces transformations.


L’objectif est également de réfléchir aux perspectives d’une école africaine innovante, inclusive et adaptée aux réalités contemporaines, tout en préservant les fondamentaux de la transmission du savoir.


Au-delà de la reconnaissance d’une carrière universitaire, le colloque entend faire de l’héritage du professeur Léon Sabrou Yépri un point de départ pour une réflexion sur l’avenir de l’éducation en Afrique, entre excellence académique, travail collectif, transmission intergénérationnelle et innovation.


JB

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