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Société Publié le mardi 22 septembre 2026 | Abidjan.net

Environnement énergie : le Biodigesteur au cœur d’un déjeuner de presse à Abidjan

Environnement énergie : le Biodigesteur au cœur d’un déjeuner de presse à Abidjan
© Abidjan.net Par JB
Environnement énergie : le Biodigesteur au cœur d’un déjeuner de presse à Abidjan
Le ministère des Ressources Animales et Halieutiques (Mirah) et l'Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l'Ouest et du Centre (AB.AOC) ont organisé, ce lundi 21 septembre 2026, un déjeuner de presse à l'Hôtel Palm Club, à Cocody, dans le cadre du Mois du Biodigesteur 2026.

Le ministère des Ressources Animales et Halieutiques (Mirah) et l'Alliance pour le Biodigesteur en Afrique de l'Ouest et du Centre (AB.AOC) ont organisé, ce lundi 21 septembre 2026, un déjeuner de presse à l'Hôtel Palm Club, à Cocody, dans le cadre du Mois du Biodigesteur 2026. La rencontre a réuni une trentaine de représentants des médias autour de trois communications suivies d'une session de questions-réponses.


Ouvrant les travaux, Sylvie Yaméogo, Account Manager de l'AB.AOC pour la Côte d'Ivoire, a présenté le fonctionnement de la technologie , un dispositif qui transforme les déchets organiques fumier, résidus agricoles, déchets de marché en biogaz, utilisable pour la cuisson et l'éclairage, et en digestat, un fertilisant organique.


Elle a détaillé plusieurs indicateurs d'impact issus d'études régionales , un biodigesteur domestique de 4 m³ permet d'éviter l'équivalent de 4 tonnes de CO₂ par an, tandis qu'un ménage équipé évite la destruction d'environ trois hectares de forêt. Comparée à l'achat de gaz butane, l'installation équivaut à une économie de 19 bouteilles de 12 kg par an, pour un retour sur investissement estimé à environ 700 000 francs CFA par ménage. Les coûts d'installation démarrent autour de 600 000 francs CFA pour un biodigesteur domestique de 2,5 m³, selon les prix pratiqués dans la sous-région.


Yaméogo Sylvie a également cité l'exemple de Bouaké, où une coopérative de femmes transformatrices d'attiéké utilise un biodigesteur communautaire pour remplacer le bois de chauffe, réduisant leur exposition à la fumée tout en valorisant le digestat dans leurs cultures.



Le Docteur Tre Bi Christian, Directeur des Productions Animales du Mirah, a dressé le bilan des activités menées depuis le 10 septembre , lancement institutionnel, sessions de renforcement de capacités pour la Structure Focale Nationale, atelier de sensibilisation des parlementaires le 16 septembre, visites de terrain à Bouaké puis à l'abattoir de la Société Ivoirienne d'Abattage et de Charcuterie (CIVAC), où un biodigesteur industriel de 100 m³ est en cours de finalisation.


Il a rappelé l'ampleur du gisement de déchets disponible à Abidjan seul, l'abattage d'au moins 450 bœufs par jour génère environ 30 kg de déchets par animal, avant même de comptabiliser les résidus de marchés et de ménages. Le responsable a lancé un appel direct aux médias présents, les invitant à devenir des « ambassadeurs » du biodigesteur au-delà de la simple couverture événementielle.


Le Secrétaire exécutif de l'AB.AOC, Docteur Moussa Mai Mourima, a présenté l'architecture de l'Alliance — fondée en 2018 par huit pays (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo), avec un secrétariat exécutif basé à Ouagadougou. Il a précisé que sur les huit pays signataires, six ont déjà ratifié la Convention ; seuls la Côte d'Ivoire et le Togo ne l'ont pas encore fait, alors que le pays a déjà signé le texte et adopté en Conseil des ministres le projet de loi de ratification.


Selon lui, la ratification permettrait à la Côte d'Ivoire d'accéder à des financements dédiés, de structurer un marché national du biodigesteur et de renforcer le leadership régional du pays sur les questions climatiques. Il a averti que chaque retard se traduit par une perte d'influence dans les décisions régionales et un accès limité aux financements sous-régionaux.


Représentant le ministre Sidi Touré, le conseiller technique Docteur Daniogo a insisté sur le potentiel du biodigesteur au-delà de l'élevage, citant les filières du cacao, du palmier à huile, du manioc, du riz et du coton comme sources potentielles de matières organiques valorisables. Il a évoqué la possibilité d'utiliser le biogaz pour la cuisson de viande braisée en lieu et place de pratiques polluantes, et a appelé à une approche multisectorielle associant énergie, agriculture, environnement et collectivités territoriales.



Interrogés sur l'accessibilité financière de la technologie, les intervenants ont indiqué que des travaux sont en cours pour développer des business plans par catégorie d'acteurs (ménages, entreprises, État), en lien avec des institutions de microfinance, afin de faciliter l'accès au crédit. Le modèle évoqué s'inspire de programmes existant au Burkina Faso, combinant accompagnement étatique et financement basé sur les résultats pour les entreprises du secteur.



La rencontre a mis en avant l'ambition de constituer un réseau de journalistes et de parlementaires sensibilisés à la cause du biodigesteur, capable de relayer l'information et d'accompagner le processus de ratification. Le Mirah et l'AB.AOC ont indiqué vouloir organiser des formations et des visites de terrain supplémentaires pour approfondir la connaissance du secteur parmi les professionnels des médias.


JB

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