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Société Publié le dimanche 27 septembre 2026 | Abidjan.net

JDAIP 2026 : la CAIDP veut faire de l’accès à l’information publique un levier d’action

JDAIP 2026 : la CAIDP veut faire de l’accès à l’information publique un levier d’action
© Abidjan.net Par DR
JDAIP 2026 : la CAIDP veut faire de l’accès à l’information publique un levier d’action
La troisième édition des Journées de l’Accès à l’Information Publique (JDAIP Abidjan 2026) s’est ouverte jeudi 24 septembre 2026 autour d’un enjeu majeur : passer de la reconnaissance du droit d’accès à l’information publique à la mise en place de conditions concrètes pour son exercice effectif.

La troisième édition des Journées de l’Accès à l’Information Publique (JDAIP Abidjan 2026) s’est ouverte jeudi 24 septembre 2026 autour d’un enjeu majeur : passer de la reconnaissance du droit d’accès à l’information publique à la mise en place de conditions concrètes pour son exercice effectif.

Placée sous le thème « L’information publique, de l’accès à l’action », cette édition marque, selon la présidente de la Commission d’Accès à l’Information d’Intérêt Public et aux Documents Publics (CAIDP), Anne-Marie Konan Payne, une nouvelle étape dans une démarche engagée depuis 2024.

Après avoir ouvert le dialogue en 2024 et fait émerger plusieurs chantiers en 2025, la CAIDP entend désormais mettre ces initiatives en mouvement et renforcer leur traduction concrète.

Représentant le Premier ministre à la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a insisté sur la nécessité pour l’administration publique de mieux faire parvenir l’information aux citoyens, dans un environnement marqué par l’essor du numérique, des plateformes et des réseaux sociaux.

Selon lui, le principal défi de la Côte d’Ivoire ne réside pas nécessairement dans l’absence d’information publique, mais dans la capacité des citoyens à rechercher, consulter, comprendre et utiliser l’information disponible.

« Dans notre cas, une grande partie de l’information publique est disponible. Notre véritable problématique est donc ailleurs : comment faire en sorte que ceux auxquels cette information est destinée acceptent effectivement d’aller la chercher, de la consulter, de la comprendre et de l’utiliser ? », s’est-il interrogé.

Pour le ministre, cette problématique prend une importance particulière avec la transformation des modes de production, de circulation et de consommation de l’information sous l’effet du numérique et des réseaux sociaux.

De son côté, la présidente de la CAIDP a rappelé que le droit d’accès à l’information publique s’inscrit dans une trajectoire juridique et institutionnelle engagée depuis plus d’une décennie. La loi relative à l’accès à l’information a été adoptée en 2013, avec la création de la CAIDP en tant qu’autorité administrative indépendante. Ce droit a ensuite été consacré par la Constitution en 2016.

« Notre responsabilité aujourd’hui n’est donc pas de créer un droit nouveau. Le droit existe. Il est consacré », a-t-elle souligné.

L’enjeu se situe désormais dans la construction des conditions permettant son exercice effectif, dans un contexte marqué par la transformation numérique, l’explosion des données et l’évolution des usages de l’information.

Pour la CAIDP, cette nouvelle réalité impose de dépasser la seule question de la communication d’un document. La conservation, la protection, l’organisation, la réutilisation et les nouveaux usages de l’information constituent désormais des enjeux majeurs.

L’institution identifie ainsi quatre priorités : rendre le droit effectif, préserver et transmettre le savoir, protéger et organiser l’information comme une ressource stratégique au service du développement, mais aussi favoriser une gouvernance plus ouverte, la participation citoyenne et la confiance.

Dans cette dynamique, la CAIDP amorce l’élaboration d’une Stratégie nationale de l’accès à l’information et aux documents d’intérêt public et général.

Cette stratégie, selon Anne-Marie Konan Payne, « n’est pas une fin en soi ». Elle doit notamment permettre d’inscrire les nouveaux enjeux de l’information publique dans un cadre cohérent, de renforcer les synergies entre les acteurs et de transformer progressivement les acquis en capacités d’action.

La démarche se veut transversale et concerne plusieurs secteurs, notamment l’administration, les systèmes d’information, les archives et la documentation, la statistique, la planification, la recherche, l’économie, les médias et la participation citoyenne.

Dans ce processus, la CAIDP entend assurer l’impulsion, le pilotage et la coordination, en jouant un rôle pivot entre les différentes compétences et responsabilités. Le Comité scientifique, présidé par le Directeur général du Plan et du Développement, doit apporter l’appui scientifique et méthodologique nécessaire.

Pour construire cette nouvelle étape, l’institution entend s’appuyer sur plus d’une décennie d’expérience dans l’application de la loi, les enseignements tirés du traitement des demandes et recours, le réseau des Responsables de l’Information ainsi que les recommandations issues des JDAIP 2025.

Plusieurs chantiers sont déjà engagés. Ils portent notamment sur l’élaboration d’un référentiel des documents publics, l’organisation et la repérabilité de l’information, le renforcement des capacités des Responsables de l’Information, la mesure de la maturité informationnelle, l’ouverture et la réutilisation des données, ainsi que la réflexion sur la communicabilité et les usages du droit.

La démarche partenariale engagée depuis 2024 vise, dans cette perspective, à rapprocher les différentes compétences et à favoriser une meilleure articulation des initiatives.

Les JDAIP 2026 sont structurées autour de trois séquences. « Amorcer », le 24 septembre, vise à donner le sens, poser la méthode et engager le processus. « Instruire », le 25 septembre, doit permettre de croiser les regards et les expertises afin de produire une première matière utile au diagnostic. Enfin, « Engager », le 28 septembre, sera consacré aux réalités vécues par les Responsables de l’Information, à l’organisation de l’information et aux capacités nécessaires pour agir.

Au cours de cette troisième édition, la présidente de la CAIDP a également plaidé pour l’aboutissement du chantier de révision du cadre légal engagé en 2024.

Cette révision doit permettre, selon l’institution, de disposer d’un dispositif prenant en compte l’expérience acquise au cours de plus d’une décennie, les transformations de l’environnement informationnel ainsi que l’évolution des normes et standards internationaux en matière d’accès à l’information.

Au-delà des trois journées, la CAIDP entend donc poursuivre le processus engagé avec une ambition résumée par une formule : « Mieux connaître pour mieux décider ; mieux organiser pour mieux accéder ; mieux coopérer pour mieux agir. »

Les JDAIP 2026 ouvrent ainsi une nouvelle étape dans la politique ivoirienne d’accès à l’information publique, avec l’ambition de faire de ce droit un outil effectivement exercé, mais aussi de renforcer la préservation et la transmission du savoir, l’utilisation de l’information comme ressource stratégique et la participation citoyenne.

Cyprien K.

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