La Côte d’Ivoire entend concilier performance économique, transformation industrielle et préservation de l’environnement dans le développement de sa filière cacao. L’ambassadrice de Côte d’Ivoire au Royaume-Uni, Mme Sara Affoué Amani, a défendu cette vision à l’occasion du dîner de gala SustainConnect Live, organisé le 03 octobre 2026 à Cambridge autour du thème « Industry for the Planet ».
Dans le cadre des activités de promotion conduites par l’ambassade de Côte d’Ivoire au Royaume-Uni, la diplomate a présenté devant des diplomates, universitaires et chefs d’entreprises britanniques les principales orientations de la stratégie ivoirienne en matière de développement durable appliquée à la cacaoculture.
Pour la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao avec plus de 40 % de l’offre mondiale, l’enjeu est à la fois économique et environnemental. La filière constitue un pilier majeur de l’économie nationale, tout en étant confrontée aux défis liés à la préservation du couvert forestier, à la traçabilité et à l’adaptation aux changements climatiques. « Le développement économique ne doit jamais se faire au détriment de l’intégrité environnementale », a souligné Mme Sara Affoué Amani, mettant en avant la nécessité d’un nouveau modèle de développement pour l’« or brun » ivoirien.
Parmi les réponses engagées par le pays, l’ambassadrice a cité l’Initiative Cacao et Forêts, qui vise notamment à contribuer à la restauration de milliers d’hectares de forêts dégradées. Elle a également évoqué la norme ARS 1000 ainsi que le déploiement de systèmes de traçabilité numérique destinés à renforcer la transparence de la chaîne d’approvisionnement et à lutter contre la déforestation liée à la production de cacao.
La Côte d’Ivoire mise par ailleurs sur les nouvelles technologies pour améliorer la productivité et la résilience de ses plantations. L’intelligence artificielle fait notamment partie des outils explorés pour permettre la détection précoce des maladies affectant les cacaoyers.
Au-delà des questions environnementales, le plaidoyer ivoirien à Cambridge a également porté sur la transformation structurelle de la filière. Abidjan ambitionne de réduire progressivement sa dépendance à l’exportation de fèves brutes en développant davantage la transformation locale et en captant une plus grande part de la valeur ajoutée générée par le cacao.
Cette orientation était visible au sein du pavillon ivoirien installé lors de l’événement, où le public a pu découvrir et déguster des chocolats fabriqués par des artisans ivoiriens. Une manière de mettre en avant le potentiel d’une industrie chocolatière « Made in Côte d’Ivoire ».
Cette stratégie s’inscrit également dans une dynamique régionale. Mme Sara Affoué Amani a salué la création, en juillet 2026, de l’Alliance pour la Valorisation du Cacao réunissant la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun. Ces quatre pays représentent, selon les données présentées lors de la rencontre, environ 64 % de la production mondiale de cacao.
L’Alliance entend notamment favoriser une meilleure coordination des politiques cacaoyères et soutenir une industrialisation davantage orientée vers la transformation locale et la réduction de l’empreinte carbone. La proximité des bassins de production et le développement de capacités industrielles régionales pourraient également contribuer à limiter certaines émissions liées au transport des matières premières et des produits transformés.
Face aux acteurs économiques et scientifiques réunis à Cambridge, l’ambassadrice ivoirienne a enfin insisté sur la nécessité de dépasser l’opposition entre développement industriel et protection de l’environnement.
Elle a appelé les investisseurs britanniques, notamment ceux de Cambridge, à s’intéresser davantage aux opportunités offertes par la Côte d’Ivoire et à accompagner sa transition vers une économie plus durable.
Mme Sara Affoué Amani a également invité la communauté scientifique de l’Université de Cambridge à établir des partenariats avec les institutions ivoiriennes. L’objectif est de favoriser la recherche et l’innovation dans des domaines tels que l’agriculture résiliente, les technologies vertes et les procédés industriels à faible empreinte environnementale.
Pour la diplomate, la durabilité doit ainsi être envisagée non comme une contrainte au développement, mais comme une « discipline du long terme », capable de créer de nouvelles opportunités économiques tout en répondant aux impératifs environnementaux.
Cyprien K.

