Yamoussoukro : Les 80 ans du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) au cœur d’un colloque international
Un colloque international marquant les 80 ans du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) se tient du samedi 17 au lundi 19 octobre 2026, à Yamoussoukro.
Cette rencontre scientifique de haut niveau est organisée par la Fondation Félix Houphouet-Boigny (FHB) pour la Recherche de la Paix, en collaboration avec le Centre d’études africaines de l’Université de Cambridge, la LSE de Londres et les Universités ivoiriennes Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Alassane Ouattara de Bouaké et Jean Lorougnon Guédé de Daloa.
La marraine scientifique de cette rencontre de haut niveau, la grande Chancelière Honoraire, Prof Henriette Dagri Diabaté, a été représentée pour cette occasion, par la Présidente du Sénat de Côte d’Ivoire, Kandia Camara, qui a su traduire fidèlement sa pensée et ses émotions.
Relativement au choix du thème : « RDA, 80 ans après : penser les pratiques archivistiques noires et la production décoloniale des savoirs dans le monde panafricaniste du RDA », elle a souligné qu’il nous impose un regard tourné vers l'avenir, ancré dans l'exigence critique et la souveraineté intellectuelle du continent Africain.
« Ce thème nous invite à interroger la manière dont notre histoire a été écrite, conservée et transmise. Car, derrière la question fondamentale des archives, se pose une interrogation essentielle : Qui conserve la mémoire, produit le savoir et raconte l’histoire des peuples ? Questionne-t-elle ?
Revenant sur l’histoire du RDA, né en 1946 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale comme « un creuset de mobilisation, de réflexion et de solidarité », la marraine scientifique a rappelé avec émotion le colloque du 40e anniversaire en 1986, organisé ici même (Yamoussoukro) sous la haute présidence de feu Président Félix Houphouët-Boigny.
Elle y avait lu la motion spéciale de clôture et avait interpellé directement le Père de la Nation sur la place des femmes dans le parti.
« J’ai pris la parole pour lui poser deux questions directes sur la place et le rôle de la femme. Sa réponse fut sans équivoque : le Président Houphouët-Boigny réaffirma que son jugement sur les femmes n’avait jamais varié, rappelant qu’elles avaient toujours été à la pointe du combat », a-t-elle confié .
Pour l’historienne, les archives ne sont pas de simples vieux papiers.
« Les archives ne sont pas de simples documents anciens : elles constituent la mémoire organisée d’une société. Protéger les archives, c’est préserver notre identité. Les rendre accessibles, c’est soutenir la recherche scientifique. Les maîtriser, c’est renforcer notre souveraineté intellectuelle », a-t-elle fait observer.
Par ailleurs, la grande Chancelière Honoraire Henriette Dagri Diabaté a plaidé pour une valorisation des pratiques archivistiques noires : correspondances, journaux, discours, photographies, archives syndicales, témoignages oraux et traditions, longtemps marginalisés face aux sources coloniales.
Dans l’objectif de contribuer à la réflexion sur les archives panafricanistes et les pratiques de production de savoirs décoloniaux à partir du cas du RDA, pendant 72 heures, ce colloque sera meublé par une leçon inaugurale du Prof Jean-Noël Loucou, Secrétaire Général de la Fondation FHB, des conférences plénières, communications scientifiques dans des ateliers ainsi que des sessions doctorales, une mise en réseau (networking) académique.
Sans oublier la proclamation des lauréats de la 9è édition du Prix Félix Houphouet-Boigny de la recherche.
L’un des temps forts sera la signature de convention entre la Fondation FHB et HJ International Graduate School for Peace and Public Leadership de New York (Etats-Unis).
Avec des remerciements appuyés aux partenaires internationaux et à la Président de la République, Alassane Ouattara pour son soutien à la préservation de l’œuvre de Félix Houphouët-Boigny.
AN

