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Société Publié le mardi 3 novembre 2026 | Abidjan.net

Côte d’Ivoire : World Data Lab et la Fondation Mastercard lancent l’horloge de l’emploi des jeunes en Afrique

Côte d’Ivoire : World Data Lab et la Fondation Mastercard lancent l’horloge de l’emploi des jeunes en Afrique
© Abidjan.net Par Franck N'GUESSAN
Côte d’Ivoire : World Data Lab et la Fondation Mastercard dévoilent les premières données locales sur l’emploi des jeunes
World Data Lab (WDL), en partenariat avec la Fondation Mastercard, a procédé, ce mardi 3 novembre 2026 au Plateau, au lancement des premières données infranationales sur l’emploi des jeunes en Côte d’Ivoire. Issues de l’Africa Youth Employment Clock, ces données permettent de suivre et de projeter les tendances de l’emploi des jeunes en Afrique à l’horizon 2030.

World Data Lab (WDL), en partenariat avec la Fondation Mastercard a lancé, ce mardi 3 novembre 2026, à Abidjan l'Horloge de l'emploi des jeunes en Afrique (Africa Youth Employment Clock-AYEC). 


Cette plateforme, développée par World Data Lab avec le soutien de la Mastercard Foundation, rassemble des données sur le marché du travail et des projections afin de mieux comprendre la situation de l’emploi des jeunes sur le continent africain. L’outil permet notamment de consulter des informations sur l’emploi selon le genre, l’âge, le territoire, le niveau d’études, le secteur d’activité et le type d’emploi. Il offre également des données à l’échelle régionale en Côte d’Ivoire et des projections jusqu’en 2040.


Présentant les enjeux de cette initiative, Fayelle Ouane, directrice du développement de l’entrepreneuriat pour la région UEMOA à la Mastercard Foundation, a souligné l’importance de rendre ces informations accessibles aux différents acteurs. « Cet outil est ouvert à toutes et à tous. Il met les chiffres sur les réalités des jeunes Ivoiriens pour que nous puissions mieux savoir où agir », a-t-elle indiqué.


À cette occasion, elle a rappelé les ambitions de la stratégie Young Africa Works de la Fondation Mastercard, qui vise à permettre à 30 millions de jeunes Africains d’accéder à un travail digne et épanouissant d’ici 2030. En Côte d’Ivoire, l’organisation ambitionne d’accompagner 620 000 jeunes, dans le cadre d’un objectif régional de 1,7 million de bénéficiaires âgés de 18 à 35 ans, dont 70 % de femmes.


Pour Mamadou Mbodj, senior data scientist à World Data Lab, la disponibilité de données détaillées constitue un enjeu important pour les décideurs. Il a notamment indiqué que près de trois millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans devraient s’ajouter à la population ivoirienne au cours de la décennie 2020-2030.


« Ce chiffre n’est pas seulement une statistique, mais c’est trois millions de vies », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de disposer d’informations précises sur les réalités du marché du travail. Il a également relevé les limites des enquêtes classiques, dont la fréquence et la couverture ne permettent pas toujours de rendre compte des différences entre les territoires.


Selon les données présentées, la Côte d’Ivoire compte 11,2 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, soit 37 % de sa population. Parmi eux, 56 % exercent une activité professionnelle, tandis que 26 % sont aux études. Toutefois, 96 % des jeunes en emploi travaillent dans le secteur informel.


L’agriculture et les services constituent les principaux secteurs d’activité des jeunes, avec respectivement 44 % et 41 % des emplois. Les données révèlent également des disparités entre les hommes et les femmes. Chez les 15-25 ans, 25 % des jeunes femmes ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET), contre 13 % des jeunes hommes.


Abidjan enregistre, pour sa part, le taux de jeunes en situation de NEET le plus élevé du pays, avec 23 %. La capitale économique présente néanmoins une proportion d’emplois formels près de deux fois supérieure à la moyenne nationale, selon les chiffres communiqués au cours de la présentation.


De son côté, Reshma Sheoraj, vice-présidente senior des engagements stratégiques de World Data Lab, a estimé que la croissance démographique ne suffit pas à garantir le développement économique. Elle a appelé à une meilleure mobilisation des données, des investissements et des partenariats pour transformer le potentiel de la jeunesse africaine en opportunités économiques.


Elisée Kamanzi, directeur pays par intérim UEMOA de la Fondation Mastercard a quant à lui expliqué l'objectif de cette horloge et traduit l’engagement de la Fondation en faveur de l’emploi des jeunes.

« L’Horloge de l’emploi des jeunes en Afrique rend les données plus accessibles et permet aux décideurs et aux partenaires au développement de mieux orienter leurs investissements et leurs actions. À la Fondation Mastercard, nous sommes convaincus que les jeunes, en particulier les jeunes femmes, doivent être au cœur des efforts visant à leur garantir un travail digne et épanouissant », a-t-il expliqué. 


Le lancement de la plateforme a également été marqué par une table ronde autour du thème : « Le paradoxe de la croissance : l’économie de la Côte d’Ivoire est en croissance, mais les jeunes femmes partagent-elles équitablement les opportunités que cette croissance représente ? ». Les échanges ont réuni Jean-Patrick Ehouman, cofondateur et directeur de She Is The Code, Camille Eté, secrétaire générale de l’association Leaders of Tomorrow, et Maïmouna Koné, présidente du Sénat des jeunes d’Adjamé sous la modération de Stéphane Tchriffo.


L’Africa Youth Employment Clock couvre les 54 pays africains et propose, pour certains d’entre eux, des données infranationales. La Côte d’Ivoire rejoint ainsi l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Rwanda, le Nigeria, l’Ouganda et le Sénégal, où la plateforme a déjà été déployée.


R-SEKONGO

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