La Côte d’Ivoire s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son élevage avec la mise en œuvre prochaine d’un dispositif national d’identification des animaux. Portée par le ministère des Ressources animales et halieutiques, dirigé par Sidi Tiémoko Touré, cette initiative vise à renforcer la traçabilité des produits animaux, la surveillance sanitaire et la lutte contre le vol du bétail estimé à 2350 ruminants volés en 2025.
La phase pilote d’une durée de 12 mois, sera officiellement lancée le 21 novembre 2026, pour un démarrage effectif en décembre 2026. Elle sera gratuite pour le contribuable ivoirien et à la charge de l’opérateur français retenu avec une phase de généralisation qui suivra après l’évaluation et l’agrément des parties institutionnelles concernées. Cette phase prévoit la distribution de 20 000 boucles électroniques destinées aux animaux d’élevage et de 5 000 puces électroniques pour les animaux de compagnie. Lors de la 3e édition des « rendez-vous de l’AIP » dont il était l’invité, le lundi 26 octobre, le ministre Sidi Tiémoko Touré est revenu sur les raisons de cette opération d’envergure.
« L’identification des animaux est encadrée par le décret n° 2024-665 du 1er août 2024, qui fixe les règles générales applicables à l’identification des animaux, de leurs propriétaires et des locaux concernés », a-t-il indiqué. À travers cette réforme, le ministre Sidi Tiémoko Touré entend doter les autorités et les professionnels d’outils permettant de mieux suivre les animaux tout au long de leur parcours. Le dispositif doit notamment faciliter la traçabilité des denrées animales et d’origine animale destinées à la consommation, améliorer la lutte contre le vol du bétail, renforcer la surveillance sanitaire et mieux encadrer les déplacements des animaux. Selon le ministre, ces objectifs répondent à des enjeux importants pour le secteur de l’élevage, notamment la prévention des maladies animales, la sécurisation des exploitations et l’amélioration de la confiance des consommateurs dans les produits commercialisés.
Pour le ministre Sidi Touré, la mise en œuvre du système ne peut se faire sans un encadrement juridique et institutionnel adéquat. C’est pourquoi, conformément aux dispositions en vigueur, notamment la loi de 2013 relative à la protection des données à caractère personnel, les données d’identification seront hébergées au niveau national. Ainsi, plusieurs structures sont associées à ce processus notamment, le Comité national de pilotage des partenariats public-privé (CNP-PPP), l’Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT) et la Société nationale de développement informatique (SNDI). Leur intervention doit contribuer à garantir la sécurité et la fiabilité du dispositif. », a-t-il relevé.
Sur le plan opérationnel, le ministre a souligné que « les zones pilotes ont déjà été identifiées et la préparation de cette phase doit se poursuivre avec l’ensemble des acteurs concernés. Le ministère prévoit la formation de 62 agents identificateurs, chargés de réaliser les opérations sur le terrain. ». Ajoutant que sept superviseurs doivent également être formés.
À travers cette initiative, Sidi Tiémoko Touré engage son département dans une démarche de modernisation des outils de gestion de l’élevage. La réussite du projet dépendra notamment de l’adhésion des éleveurs, de la coordination des structures impliquées et de la capacité du dispositif à assurer une identification fiable et durable des animaux sur l’ensemble du territoire.
Au-delà de la traçabilité, l’ambition est de renforcer la gouvernance sanitaire et de contribuer à la structuration des filières animales, dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à accroître sa production nationale et à progresser vers la souveraineté alimentaire à l’horizon 2030.
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