L’Archidiocèse d’Abidjan a lancé, ce samedi 07 novembre 2026 les Semaines nationales de la paix et de la réconciliation 2026 par un panel pluridisciplinaire organisé à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO-UUA).
Placée sous le thème « La réconciliation au service de la paix en Côte d’Ivoire », le lancement de cette initiative a enregistré la présence de Son Éminence Dogbo Ignace Cardinal BESSI, archevêque métropolitain d’Abidjan, et de plusieurs acteurs universitaires, religieux et de la société civile.
Les cinq intervenants du jour ont croisé leurs analyses sur les conditions d’une paix durable autour des enjeux de justice, de cohésion sociale, de foncier et d’inclusion économique.
La modératrice, Mme Roseline N’Da Gbocho, a rappelé l’importance du dialogue entre les disciplines, tandis que les organisateurs ont souligné que la paix ne se décrète pas, mais se construit au quotidien.
En science politique, le Dr Netton Prince Tawa a présenté la réconciliation comme une exigence de consolidation de l’État. Il a plaidé pour une paix positive, fondée sur la justice sociale, et une culture politique qui considère l’opposant comme un adversaire légitime plutôt que comme un ennemi.
Le Pr Francisco Djedjro Meledje a rappelé que la Constitution de 2016 fait de la réconciliation un objectif de l’État, appelant à une justice transitionnelle fondée sur la vérité et la reconnaissance des responsabilités. De son côté, l’économiste Dr Fabrice Ochou a souligné que la croissance, estimée à 6,6 % en moyenne annuelle depuis 2011, ne suffit pas à réduire les frustrations, notamment face aux disparités de pauvreté et au poids de l’emploi informel.
Le Dr Djibomin Fidel Tahe a mis l’accent sur les conflits fonciers, la mémoire des victimes et le chômage des jeunes, estimant que « la paix nationale est la somme des paix locales ». Le jésuite R.P. Egide Ndayisenga a, pour sa part, évoqué l’expérience sud-africaine de justice réparatrice et l’intérêt des mécanismes traditionnels de médiation, comme l’arbre à palabres.
Les échanges avec l’assistance ont notamment porté sur la reconnaissance des torts, la neutralité des institutions, le pouvoir d’achat et la sécurisation foncière. À l’issue du panel, le comité scientifique a présenté treize recommandations, dont la réparation des victimes, un dialogue politique permanent et inclusif, la sécurisation foncière, la lutte contre les discours de haine et l’éducation à la paix.
À la clôture, le Cardinal Dogbo Ignace Bessi a invité à traduire cette réflexion en actes, appelant à « sortir de la fatalité de la violence par le désarmement des cœurs ». Il a placé cette démarche sous le signe de la prière, de la vérité et de la miséricorde.
Les activités se poursuivent jusqu’au 6 décembre autour de la campagne « Allumons la paix dans nos cœurs ». Après les actions paroissiales et les démarches pénitentielles prévues du 9 au 14 novembre, une messe diocésaine aura lieu le 15 novembre à la cathédrale Saint-Paul du Plateau. Le 5 décembre sera marqué par des rencontres interreligieuses et un match de gala. La clôture interviendra le 6 décembre à Saint-Ambroise du Jubilé d’Angré, avec une messe, une déclaration finale et la plantation d’un arbre de la paix.
Cette initiative de l’Archidiocèse entend inscrire la réconciliation au-delà des discours, dans les communautés et les gestes quotidiens en faveur du vivre-ensemble.
Cyprien K.

