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Trafic : des laboratoires impuissants face aux faux médicaments
Publié le jeudi 28 septembre 2017  |  Jeune Afrique
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© AFP par ISSOUF SANOGO
Les faux médicaments, un fléau en Côte d`Ivoire comme dans le reste de l`Afrique
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Très rentables, souvent indétectables, les faux produits pharmaceutiques inondent le continent. Les fabricants, parfois trompés par leurs propres sous-traitants, n’arrivent pas à endiguer le phénomène. Et l’absence d’une législation adaptée n’arrange rien.

«Pour le crime organisé, le calcul est vite fait. Alors qu’avec 1 000 dollars (837 euros) investis le trafic de cocaïne en rapporte 20 000 et celui de cigarettes au moins 40 000, la vente de faux médicaments crève le plafond, avec un gain estimé entre 200 000 et 450 000 dollars », reconnaît, désabusé, le professeur Marc Gentilini, délégué général de la Fondation Chirac pour l’accès à une santé et à des médicaments de qualité.

Rien d’étonnant donc à ce que ce commerce prospère. Selon l’OMS et la revue Défis, son chiffre d’affaires est passé de 75 milliards à 600 milliards de dollars entre 2010 et 2015. Pour ces contrebandiers, en majorité chinois et indiens, qui détournent les matières premières de médicaments des lignes de production classiques à leur profit, l’affaire est d’autant plus rentable qu’ils ne conservent que 5 % du principe actif du cachet, qu’ils mélangent avec toutes sortes d’excipients improbables, des métaux lourds, de la peinture, du liquide de refroidissement et même de la mort-aux-rats… « Ils peuvent produire 500 000 comprimés en un après-midi dans une petite pièce, avec une machine à encapsuler qui coûte 2 500 euros. Ils n’ont pas à amortir les coûts de recherche, ne paient pas de taxes et emploient des enfants », résume Bernard Leroy, directeur de l’Institut de recherche anticontrefaçon de médicaments (IRACM). Avec des conséquences dramatiques sur la santé puisque « s’il n’est pas conservé à 5 °C, le vaccin réactive les bases bactériennes qui l’ont constitué », rappelle cet ancien magistrat auparavant spécialisé dans le trafic de stupéfiants.

Compte tenu de la pauvreté et de la difficulté d’accès aux soins qui y sévissent, l’Afrique reste le terrain de jeu idéal des faussaires. Deux cent mille personnes succomberaient chaque année suite à la consommation de contrefaçons. Annoncée fin août, la saisie sans précédent par Interpol de 420 tonnes de faux médicaments (41 millions de cachets) effectuée entre mai et juin dans sept pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Nigeria et Togo) atteste de l’ampleur du phénomène. D’un pays africain à l’autre, entre 30 % et 70 % des médicaments seraient contrefaits, estime Bernard Leroy. Jusqu’ici plutôt épargné, le Maghreb commence à être touché par le phénomène depuis l’explosion de la Libye. « La Tunisie risque d’être envahie à cause des retards de paiement et de livraison de la pharmacie centrale », s’inquiète le docteur Karim Bendhaou, président Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest du laboratoire allemand Merck.

Les réseaux irriguent les marchés de rue, mais aussi les circuits traditionnels
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