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Les Samedis de Biton - La honte et la joie
Publié le samedi 30 decembre 2017  |  L’intelligent d’Abidjan
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La nouvelle est passée pratiquement sous silence, dans tous les pays africains, sauf dans les
trois pays concernés. Et même encore ! Il s’agit du championnat du monde de handball que
vient de remporter l’équipe féminine de la France, accueillie en grande pompe par toute la
nation française avec en tête son président de la République. Regardez bien la composition
française. Elle compte en son sein de nombreuse joueuses de couleur pour parler des
personnes d’origine noire et africaine. Les trois équipes africaines ont été la risée du monde
entier. Aucune n’a atteint le deuxième tour. Durant tous les matches du premier tour elles
encaissaient des scores fleuves. Une fois de plus le fossé entre l’Occident et l’Afrique s’est
encore creusé davantage. En dehors de la musique où l’Afrique peut sortir légèrement sa
tête de l’eau, dans tous les autres domaines nous sommes battus à plate couture, écrasés,
humiliés. Et cela va durer jusqu’à quand ? Dans le domaine universitaire laquelle de nos
universités, en dehors de celles d’Egypte et surtout d’Afrique du sud peuvent-elles atteindre
celles de l’Occident à la cheville ? Et dans tous les domaines de surcroit. Avec plus de
cinquante ans d’indépendance ? Il est temps de se poser les vraies questions. L’Afrique va-t-
elle continuer d’être la risée du monde ? Evidemment la sempiternelle réponse revient
depuis quarante ans. Le manque de moyens. D’accord ! Et comme ce manque de moyens
dure près de cinq décennies, ne faudrait-il pas faire ce que recommande la stratégie
nécessaire dans pareil cas ? C’est-à- dire le rassemblement pour ne pas dire le mot convenu.
L’Union. Si on continue dans nos expériences d’un seul pays on reviendra à toutes les
campagnes, quel quel que soit, la tête baissée et humiliée. Il n’est même pas certain qu’on
puisse, les trois équipes unifiées, atteindre le deuxième tour. L’Afrique est victime du
syndrome de la belle devise ivoirienne. Union, discipline et travail. Voilà ce qui manque
presque partout. On n’aime pas le travail à long terme, mais du précipité. Quel est ce pays
d’Afrique noire qui dispose d’une académie d’Handball ? Aucun et ça part pour combattre
les autres plus unis, disciplinés et travailleurs. Baldini a fait un bon travail au lycée de jeunes
filles de Bouaké en nous donnant de grandes handballeuses qui ont presque tout gagné en
Afrique. Et presque sans grand moyen. Pourquoi, depuis son retrait aucun professeur
d’éducation physique n’a réussi à rééditer l’exploit ? L’Afrique, c’est presque la honte dans
tous les domaines, sauf dans le bavardage creux. C’est pourquoi il est temps d’interroger
chaque citoyen, à la place où il se trouve, de dire à la face du pays ce qu’il a réussi dans sa
vie professionnelle, individuelle. Avant de critiquer les autres, il doit montrer à la face du
monde ses réalisations, ses réussites. Mon administration a gagné de nombreux marchés,
ainsi que mon entreprise ? Un pays réussit par la force de travail de ses fils. Presque tous les
trimestres, comme à l’école primaire, chaque citoyen, dans le privé, dans le public, dans les
champs, dans les plantations doit avoir ses notations. Tous nos pays ont trop de lourdeur à
réduire avant de chercher à compétir avec les pays développés où le culte de l’excellence est
recherché depuis l’adolescence. Ici, depuis sa naissance, l’enfant n’entend que ses parents
critiquer les autres. Je me souviens, comme si c’était hier, de cette européenne qui me
disait : « Les gens, en Afrique, ne sont jamais responsables de ce qu’il leur arrive. Quelqu’un
ou les autres en est le responsable. » Il est temps de finir avec cette situation qui persiste au
sol afin de se lever et marcher. La solution avait été déjà trouvée par la devise ivoirienne. Il
faut la mettre tout simplement en application. Salif Kéita disait, dans l’une de ses chansons,

que l’Afrique c’est chanter beaucoup, danser beaucoup, manger beaucoup, boire beaucoup.
Déjà, toute l’Afrique est en joie. Tout simplement une année nouvelle va commencer. Le
samedi dernier, j’ai passé près d’une heure trente devant l’église sainte Cécile. Je suis arrivé
à la première lecture, la messe était terminée quand ma voiture n’avait pas encore bougé.
Les feux marchaient mais c’est la police qui réglait la circulation. Pourquoi ne surveillerait-
elle pas tout simplement l’application des feux terricoles au lieu de se mettre à tous les
cinquante mètres ? L’Afrique ce n’est pas seulement la débâcle continuelle des équipes de
handball face aux pays développés mais un vrai défi permanent à la raison et à
l’entendement. Ainsi va l’Afrique.

A la semaine prochaine.
Par Isaïe Biton Koulibaly
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