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UNG/ Investiture de la section de la ville d’Orléans : l’intervention de Stéphane Kipré, président du parti
Publié le mardi 9 janvier 2018  |  Partis Politiques
Stéphane
© Partis Politiques par DR
Stéphane Kipré, président de l`Union des Nouvelles Générations (UNG)
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Le samedi 06 janvier dernier, Stéphane Kipré, président de l’Union des nouvelles générations (UNG) a apostrophé la gouvernance du président Alassane Ouattara au plan économique et social. C’était au 214 rue Frédeville à Saint de Braye, dans la banlieue d’Orléans.

Au terme de la cérémonie qui a vu Mme Foltier Esther investie secrétaire de la section UNG d’Orléans, le patron de l’UNG s’est adressé aux militants, sympathisants de sa formation politique, et surtout au président Alassane Ouattara. Ci-dessous, l’intégralité de son discours.

« Lors de mon discours de fin d’année, j’ai tenu à interpeller le Chef de l’Etat sur sa responsabilité quant à la conduite de la paix en Côte d’ivoire pour ramener la paix et la cohésion sociale.

J’ai rappelé que notre pays a par le passé connu des moments difficiles, des crises entrainant des divisions entre les fils de notre nation mais toutes ces fois, les chefs de l’Etat d’alors ont pris sur eux de faire baisser les tensions en prenant des décisions pour favoriser la réconciliation dans notre pays.



Sous le premier président Felix Houphouët Boigny, il y a eu des arrestations arbitraires et des emprisonnements d’opposants politiques, certains ont même été contraint à l’exil mais, il a toujours trouvé le moyen de ramener l’accalmie en instaurant un dialogue. C’est sous FHB que Laurent Gbagbo est d’ailleurs rentré d’exil après qu’il ait crée les conditions de son retour.



Même Robert Gueï, qui a orchestré le coup d’état de 1999 n’a pas gardé autant les cadres du PDCI en prison. Ils ont été libérés après quelques semaines et ce parti a pu voir certains de ces cadres participer à l’élection présidentielle de 2000.

Le président Gbagbo, martyr politique de la Côte d’Ivoire, plusieurs fois emprisonné sous le PDCI n’a pas pour autant été un pourfendeur de ces derniers. Il a favorisé le retour en Côte d’ivoire de Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Il leur a accordé le statut d’ancien chef de l’état pour le premier et d’ancien premier ministre pour le second. Ils ont pu bénéficier de tous les avantages liés aux fonctions qu’ils avaient occupées (salaire, garde de corps, salon d’honneur de l’aéroport, etc.)



Ces hommes d’Etat étaient mus par la volonté de garantir la paix sociale et par l’amour profond qu’ils portent à leur pays et à ces citoyens.



Aujourd’hui, dans notre pays, après presque sept années, nous pouvons affirmer sans aucun risque de nous tromper que notre pays est divisé et que nous avons deux Côte d’Ivoire : l’une, qui, satisfaite de sa victoire militaire, nargue les vaincus, tandis que l’autre, complètement impuissante, paie le lourd tribut de son engagement politique. ON NE PEUT CONSTRUIRE AINSI UNE NATION. M. Ouattara, malgré ses promesses de rendre une justice équitable applique les mêmes recettes que Henri Konan Bédié. Et pourtant, ce dernier qui est son allié du moment aurait pu l’instruire sur le risque qu’il y a à faire la sourde oreille et à mépriser les aspirations profondes du peuple.

En écrivant mon discours de début d’année, je nourrissais le secret espoir que M. Ouattara serait enfin habité par la raison pour libérer tous les prisonniers politiques et mettre en œuvre les moyens nécessaires pour favoriser le retour des milliers d’exilés disséminés partout en Afrique de l’ouest et dans le monde.

Malheureusement, son discours du 31 décembre a confirmé ce que je pensais effectivement de lui. Nourris par la haine et le ressentiment, il a délibérément fait le choix d’être le chef d’une partie de la Côte d’ivoire. Là où il aurait dû s’adresser aux ivoiriens en sa qualité de chef d’Etat, il a décidé de s’exprimer en tant que chef d’un clan, chef d’un camp, chef du RHDP. Sinon comment expliquer qu’a l’occasion du discours de fin d’année, M. Ouattara puisse parler de la consolidation de RHDP et de sa volonté de voir ce parti remporter les élections à venir ? C’est donc un choix définitif : M. Ouattara a décidé d’exclure la moitié des ivoiriens de sa gouvernance. Tout ce qui l’intéresse, c’est, les yeux rivés sur 2020, de maintenir son camp au pouvoir.

M. Ouattara a naïvement cru qu’en construisant un pont et quelques routes, il gagnerait le cœur des Ivoiriens et leur ferait oublier la manière peu orthodoxe dont il est arrivé au pouvoir. Cependant, le déni des libertés publiques et individuelles, la cherté de la vie, l’insécurité galopante, l’augmentation des impôts sont loin d’être la Côte d’Ivoire dont les Ivoiriens ont rêvé. Les hommes d’états qui marquent l’histoire sont ceux qui contribuent à construire la nation. Personne en France ne se souvient du président sous qui la A86 ou la N13 ont été inauguré mais tout le monde se souvient de Charles De Gaulle. Rares sont les américains qui savent sous quel président un pont ou une autoroute a été fait mais tout monde sait qui sont les pères fondateurs de ce pays. Ce que veulent les ivoiriens ce sont des institutions indépendantes, crédibles qui protègent tous les citoyens quel que soit leur bord politique.

Mais comme Pharaon dans la bible, M. Ouattara n’entend plus rien, il ne voit plus rien. Il n’entend pas la clameur du peuple qui réclame plus de liberté et de justice sociale. Il a décidé de revêtir son manteau de chef de parti pour faire la guerre aux opposants et comme Pharaon, il court le risque d’être englouti par la colère du peuple et ne pas accomplir son rêve de pouvoir en 2020.

Et pourtant HKB qui a l’oreille de M. Ouattara a l’expérience nécessaire pour faire comprendre à ce dernier que lorsqu’on emprunte le chemin qui est le sien actuellement, on finit par être vomi et chassé du pouvoir dans l’indifférence totale du peuple.

Face à ce tableau de désespoir, l’opposition ivoirienne a pour devoir d’être au côté du peuple, nous devons lui offrir des perspectives pour le sauver du désastre vers lequel nous nous dirigeons. C’est ma conviction profonde et c’est à cela que nous devons travailler ».
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