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Les Samedis de Biton : Aucun riche sur cette terre
Publié le samedi 10 mars 2018  |  L’intelligent d’Abidjan
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Jamais l’humanité n’a connu une telle soif d’argent et aussi une grande perte de foi. La fin du monde n’est pas proche comme le disent ou croient beaucoup de monde, mais un esprit s’est emparé de la foule et la manipule à volonté. La grande nouveauté, c’est l’apparition des enfants et des adolescents dans cette ruée vers l’or. On se souvient encore et toujours de ces deux enfants guinéens qui se sont mis sous les roues d’un avion en partance pour Paris. Ils y sont arrivés, mais morts. Et la lettre trouvée sur eux, disait : »On souffre trop en Afrique. » Que savaient-ils de la souffrance à cet âge ? Après eux, vont apparaitre en Côte d’Ivoire, des enfants et des adolescents que l’amour de l’argent va rendre cruels et sans pitié. Souvenez-vous de l’épisode de Bonoua. Un adolescent va tuer un enfant de son voisinage dans le but de faire un sacrifice rituel qui va, croit-il, le rendre riche. Ramakrishna, disait que le monde entier est sous l’influence de la femme et de l’argent. Dans ces années-là, sa phrase sonnait comme une prophétie pour les années d’aujourd’hui. La jeunesse ivoirienne va se faire connaitre, du monde entier par des détournements de fonds appelés « broutage. » Ils vont agir sur la pensée d’Européens qui vont leur envoyer de l’argent sans s’en rendre compte. Ils ont appris et ils ont constaté qu’avec des pratiques mystiques, l’argent peut « tomber » rapidement et facilement. Des personnes se disant adeptes des sciences mystiques hindoues ou de Mami Wata proposent leurs services sur les réseaux sociaux. Malgré tous les dangers sur la route et la mer de l’immigration, des milliers de personnes, chaque jour, se lancent sur le chemin de la mort. Des mystiques leur ont promis de rentrer dans les pays du miel et du lait. Quelles que soient les difficultés. Le gris-gris dans la poche ou des amulettes autour du bras et des reins. Sans oublier les formules incantatoires durant la traversée de la mer et des grandes tempêtes. Des parents accompagnent ces rêves fous de leurs enfants en déboursant des sommes astronomiques pour des « passeurs » qui feront de leurs enfants des futurs « Drogba ». Rien ne peut les conscientiser, même pas les images de ces enfants abandonnés dans les rues de Tunis et de Casablanca. Le diable a vaincu ce monde. Pas, plus tard qu’hier, on a appris le retour au pays natal d’un homme rapatrié de l’aéroport d’Ankara pour papiers incomplets. Il avait cru à son homme mystérieux. Sa mise de départ : Trois millions qui sont évidemment perdus. Rien qu’avec cinq cent mille, il aurait pu se créer une activité lucrative dans une ville de cinq millions d’habitants, propice à une réussite commerciale. Même les religieux sont dépassés par ce phénomène d’enrichissement ultra-rapide si certains d’entre eux n’encouragent pas cette soif de l’argent. C’est pourtant bel et bien, le Christ qui enseigne dans un Evangile la parole d’un riche qui se croyait satisfait de sa richesse et que Dieu demanda la vie le jour même. Effectivement, à quoi bon courir ainsi derrière l’argent quand on va mourir, laissant tous ses biens ? Il faut savoir garder sa tête froide devant la tentation. Sur cette terre, personne n’est riche. Les gens pensent toute leur vie en chercher. Celui qui a cent millions a besoin, en réalité, de trois cents millions. Celui qui atteint un milliard veut absolument six pour résoudre ses problèmes. C’est un vrai mythe de croire quelqu’un riche. Cela est dans l’esprit d’un autre et non la réalité. Il suffit de demander de l’argent à quelqu’un qu’on croit riche pour s’apercevoir de la réalité. Si les Africains savaient les dures réalités que vivent les Européens, ils ne se seraient pas donné tant de mal et surtout la mort pour arriver chez eux. Combien sont partis ou qui sont arrivés et sont revenus de leurs illusions. Dans ce monde de la communication, les images ont été dévastatrices pour des cerveaux sans ouverture d’esprit. Pour combattre cette folie de l’appât au gain le combat doit se mener au niveau des médias. Combien de femmes influencées par des images de magazines au papier glacé, aux images de la télé se sont lancées dans l’aventure européenne et se sont retrouvées sur les trottoirs ou demandant des pièces de monnaie. De belles femmes en plus qui auraient fait le bonheur d’hommes courageux et dignes. Mais, leur manque de soif de culture a été leur drame. Comment enseigner aux uns et aux autres que le bonheur se trouve dans toutes les parties de la terre ? Il suffit de quitter le manteau du Malin et s’abriter sous le toit de Dieu. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
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L’intelligent d’Abidjan N° 4142 du 10/3/2018

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