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‘’Que la Côte d’Ivoire ait un regard sur nous’’, plaident des jeunes étudiants au Rwanda (Feature)

Publié le dimanche 1 avril 2018  |  AIP
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© Autre presse par DR
Des jeunes étudiants ivoiriens au Rwanda


Kigali (Rwanda), (AIP) – Ils ont un âge compris entre 19 et 24 ans, ces jeunes étudiants ivoiriens au Rwanda, recrutés en tant que volontaires au Next Einstein Forum (NEF 2018) organisé du 26 au 28 mars 2018 au Convention Centre de Kigali. Leur rêve, réaliser de bonnes études et retourner en Côte d’Ivoire pour mettre leur connaissance à la disposition de leur pays mais pour ce faire, ils sollicitent un regard bienveillant des autorités et de toutes les personnes de bonne volonté qui pourraient les aider.

Besoin d’appui pour l’obtention d’un stage rémunéré

« Il existe une communauté d’Ivoiriens de 35 à 40 personnes qui se rencontrent au moins une fois par mois pour échanger sur les problèmes qu’ils rencontrent sur place », entame Sylvie Amani, responsable de la mobilisation de fonds à Next Einstein Forum (NEF), que les jeunes volontaires rencontrés appellent affectueusement ‘’La mama’’.

Cette jeune dame au grand cœur, qui a même dû héberger un étudiant ivoirien n’ayant pas de logis à Kigali, « parce que c’est la famille », est entourée, lors de notre passage le 28 mars 2018 dans l’après-midi, au desk des volontaires, d’une bande joyeuse de jeunes Ivoiriens. Elle évoque, dans un langage et un style bien ivoiriens, sérieux mais teintés d’humour, les difficultés que ces jeunes rencontrent pour avoir un stage. Alors que sans cela, souligne-t-elle, ils ne peuvent valider leur année académique.

« Quand les parents envoient leurs enfants ici, au début ils arrivent à envoyer de l’argent et à un moment, ça devient difficile. Et les enfants essaient de joindre les deux bouts en donnant des cours ou en s’adonnant à de petites activités mais c’est difficile pour eux de se concentrer sur les études », enchaîne Sylvie Amani qui demande à tous ses compatriotes qui ont des contacts à Kigali, de permettre à ces jeunes d’avoir un stage, surtout rémunéré, insiste-t-elle.

Une scolarité très onéreuse pour la bourse de parents aux revenus moyens

La plupart des étudiants ivoiriens au Rwanda fréquente l’Université africaine de leadership (ALU), un établissement international. Les études y coûtent à peu près 12 000 dollars, soit six millions FCFA, chaque année, pour un cursus de trois à cinq ans. Certains étudiants sont emmenés à faire des stages hors du Rwanda, soit à Dubaï, soit aux Iles Maurice, etc. Il faut payer le billet d’avion, avoir l’argent de poche..., ce qui s’avère vraiment difficile.

« Si l’Etat peut jeter un coup d’œil ici… Ce sont des jeunes Ivoiriens qui sont étudiants ici. Aujourd’hui, on essaie de voir comment avoir des bourses. Certains sont venus ici grâce à l’Etat, ils ont des bourses qui tardent à venir. D’autres sont venus par leurs propres moyens. Imaginez, des parents qui sont Africains. Le salaire n’est pas assez, ils doivent envoyer de l’argent pour l’école, pour la nourriture, pour le déplacement et puis l’hébergement », poursuit la jeune dame.

Pour l’hébergement, précise un étudiant, il leur a été trouvé un logement où ils vivent à quatre par chambre, chacun devant débourser 100 dollars, soit autour de 50 000 FCFA. L’on dénombre une vingtaine d’étudiants ivoiriens à Kigali, pour cette première vague.

Des filières d’avenir

Quatre filières sont enseignées à l’Université africaine de leadership, relève l’étudiant Koffi Jean Jacques. Ce sont International Business and Trade, Global Challenges, Computer Sciences et Entreprenarial Leadership.

« Ce que je pourrais ajouter, c’est que la communauté ivoirienne ici, notamment les étudiants, ont beaucoup appris. Ça veut dire qu’on est venu avec une réflexion qui était à A et qui est maintenant à Z. Cela veut dire qu’on a appris beaucoup de choses grâce à notre université », ajoute Jean Jacques, inscrit dans la filière Global Challenges.

« Aujourd’hui, si nos enfants sont bien formés, ils vont retourner au pays. Avec tout ce qu’ils ont appris ici, ils pourront développer le pays. Aujourd’hui, le Président (Alassane Ouattara, ndlr) a basé son pouvoir sur la jeunesse. Si la jeunesse est bien formée, sur tous les plans, vous pensez que lorsqu’ils vont revenir, ils ne vont pas pouvoir faire avancer le pays ? C’est de ça que nous avons besoin : de jeunes leaders. Et ici, au Rwanda, grâce à l’ALU, nous avons de jeunes leaders qui sont en train d’être formés. Je pense que demain, ils pourront faire briller le drapeau de la Côte d’Ivoire dans tous les pays, dans tous les secteurs et dans tous les domaines », enchaîne Sylvie Amani.

Une volonté inébranlable de servir la Côte d’Ivoire, après les études au Rwanda

« On a quitté la Côte d’Ivoire pour pouvoir étudier dans de bonnes conditions pour, un jour, pouvoir activement participer au développement de notre pays », explique Wognin Esse Roxanne, dans un accent presque rwandais qui amuse ses copains.

Pour ce jeune homme que ses camarades prédisent futur Président de la Côte d’Ivoire, les filières d’avenir dans lesquelles ils sont inscrits comme l’entrepreneuriat leur permettront de pénétrer le marché ivoirien et d’apporter de l’opportunité à plusieurs Ivoiriens. Etudiant dans la filière Global Challenges Governance, il dit faire des études de pointe en politique, pour pouvoir un jour, participer activement à la vie politique de son pays.

« Ce que nous faisons ici est beaucoup basé sur l’entrepreneuriat et actuellement pour le problème de l’emploi en Côte d’Ivoire, il faut se focaliser sur l’entrepreneuriat pour pouvoir insérer la jeunesse », renchérit Adjoumani Kobenan Marcelin. « On est là, on apprend et on nous donne les outils nécessaires pour pouvoir revenir au pays. Donc, vraiment si l’Etat pouvait nous aider, alors ça nous fera plaisir. On viendra au pays pour booster l’économie ivoirienne », poursuit-il.

Abouho Fande A. Théophile fait également des études internationales Global Challenges à ALU. « Là-bas, nous apprenons à résoudre des problèmes que l’Afrique est en train de rencontrer actuellement dans les domaines comme la gouvernance, l’agriculture, l’éducation, l’économie, etc. Dans mon cas, par exemple, je fais au niveau de l’agriculture, la sécurité alimentaire. Nous avons fait beaucoup de recherches pour chercher à comprendre ce qui se passe vraiment en Afrique et essayer de trouver des solutions à ça », relate-t-il.

« (…) On a appris beaucoup de choses grâce à notre université et il y a même des entreprises ici qui nous demandent de commencer à travailler pour eux. Mais, ce qu’on aimerait faire, c’est de pouvoir développer d’abord le pays qui nous a vus naître, c’est-à-dire la Côte d’Ivoire, avant d’essayer d’aider les autres pays. C’est vrai qu’on est tous Africains mais on a un regard pointu sur le développement de la Côte d’Ivoire, sur l’économie de la Côte d’Ivoire », continue Jean Jacques Koffi.

Une demande d’appui pour l’insertion après le retour au bercail

Conscients tout de même des défis pour leur insertion, une fois de retour au pays, les étudiants ivoiriens vivant à Kigali anticipent, en demandant un appui tant des autorités que des personnes de bonne volonté.

« Nous avons vraiment besoin d’aide et de support de la part de nos grands frères, de nos parents, pour nous aider, pour nous booster pour que nous soyons de ceux-là qui vont développer l’agriculture de la Côte d’Ivoire et faire que le pays soit autosuffisant en aliment, pour ne pas avoir à importer du riz, par exemple », lance Abouho Théophile.

On aimerait que les gens qui sont à l’étranger et même en Côte d’Ivoire puissent avoir un regard sur nous, plaide Jean Jacques Koffi. « Que dès qu’on sera prêt à travailler, ce sont ces personnes-là qui pourront nous embaucher ou lorsqu’on aura des projets à financer, ce sont ces personnes-là qui pourront nous aider à les financer. On a des projets qui sont vraiment grands, pour le développement du pays. On regarde le développement du Rwanda qui est exemplaire, pour pouvoir faire de même aussi pour notre pays. Donc, on s’instruit aussi de la culture rwandaise pour la culture ivoirienne. On aimerait que tous ceux qui sont financièrement assis, qui ont le cœur sur la main pour la Côte d’Ivoire, puissent aussi porter l’œil sur nous afin qu’on puisse ensemble développer le pays », dit-il.

Interrogés en outre sur l’espoir qu’ils entretiennent quant à leur avenir au pays, tous les étudiants, comme un seul homme, ont répondu en chœur : « oui, nous avons espoir en la Côte d’Ivoire ».

Plaidoyer pour l’ouverture d’un consulat ivoirien à Kigali

« Il faut qu’on ait un consulat ici (à Kigali, ndlr), ça va faciliter les choses », relève, par ailleurs, Sylvie Amani. Elle note que les Ivoiriens sont obligés de se rendre en République démocratique du Congo (RDC) pour un simple papier, ce qui induit de grosses dépenses dont l’achat de billet d’avion. Une situation qui fait que certains d’entre eux n’ont pas de papier.

Bien intégrés, malgré tout !

Au-delà de ces difficultés, ces Ivoiriens se disent contents de l’aventure à Kigali. « Mais nous sommes heureux de vivre ici, c’est un pays accueillant, il y a un beau climat, c’est agréable! On est assez intégrés mais on a besoin de pouvoir aider nos jeunes », conclut Sylvie.

« Les Ivoiriens sont vraiment très gentils, très sympas », témoigne le jeune Rwandais, Kevin Sebineza, tout sourire. « J’ai eu la chance de rencontrer la communauté ivoirienne dont Roxanne, Jean Jacques et Adjoumani. Ce sont vraiment des gens accueillants, ils ont une bonne culture. (…) J’ai eu la chance d’apprendre aussi leur langue, le Nouchi, je connais quelques mots comme ‘Bêla’. Donc, j’ai remarqué que tous les Ivoiriens que j’ai pu rencontrer, ce sont des ‘Bêlas’ », ajoute Lewis Dylan Nkuranga, un autre étudiant rwandais qui, entre des éclats de rires, souhaite que ses amis qui « font une bonne contribution à leur communauté, à leur pays, (…) aient une chance » lorsqu’ils retourneront en Côte d’Ivoire.

« En ce qui concerne les Ivoiriens, je peux dire que ce sont vraiment de très belles personnes. Ils sont extrêmes au niveau de la bonté et de l’humour surtout. J’aime beaucoup travailler avec les Ivoiriens et même, j’ai une meilleure amie Ivoirienne qui s’appelle Binta Coulibaly… », raconte gaiement l’étudiante malgache, Aima Altaïr Andriambola.

(Par Coulibaly Maryam A. S.)

(AIP)

cmas
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