Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Press-Club de l’UNJCI : les propos liminaires de Monsieur le Ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes

Publié le samedi 27 octobre 2018  |  Ministères
Le
© Abidjan.net par Paul-Richard AHOLIA
Le ministre de la jeunesse Touré Mamadou invité du Press-club de l`UNJCI
Abidjan le 25 octobre 2018. Le ministre de la jeunesse et de l`emploi jeune, Touré Mamadou (Photo) était ce jeudi l`invité du Press-Club de l`UNJCI.


Le Ministre Mamadou Touré était ce jeudi 24 octobre face aux journalistes ivoiriens dans le cadre du Press-club de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire. La rencontre qui a eu lieu à la Maison de la Presse-Plateau avait pour thème « Le défi de la Promotion et l’emploi des jeunes en Côte d’Ivoire ». Ci-dessous l'inrtégralité de son discours liminaire.

Introduction

Le 10 juillet 2018, à la faveur de la formation du Gouvernement, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Alassane OUATTARA, sur proposition du Premier Ministre Amadou GON COULIBALY, a bien voulu me faire confiance pour diriger le Département en charge de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes. A cette occasion, j’ai reçu des instructions claires pour amplifier les résultats encourageants déjà obtenus en matière d’emploi des jeunes.

Il convient de rappeler qu’avant cette fonction, j’ai exercé en qualité de Secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle où j’avais pour mission la mise en œuvre d’une réforme adoptée le 28 décembre 2016, sous l’égide du Ministre Paul Koffi KOFFI à qui je rends un hommage.

Dans le cadre de cette réforme, j’ai mené d’importantes actions pour le développement des compétences des jeunes en vue de l’amélioration de leur employabilité. Il s’agit entre autres:
- de l’implication des professionnels du secteur privé dans tout le processus de formation et de certification ;

- de l’adaptation des programmes de formation en liaison avec les Branches Professionnelles ;

- de l’adoption du principe de l’expérimentation d’une nouvelle gouvernance dans des établissements de Formation Professionnelle ;

- du développement de la Formation Professionnelle par Apprentissage ;

- de la relance de la formation professionnelle continue ;

- de l’introduction des passerelles avec les autres ordres d’enseignement, notamment le cycle primaire à travers l’expérimentation des classes préparatoires au CAP dans 10 établissements ;

- de l’instauration d’un dispositif de suivi des formés de la Formation professionnelle.

En plus de ce qui précède, dans le cadre de la remise à niveau du dispositif de formation professionnelle, j’ai également engagé des travaux de réhabilitation et d’équipement des infrastructures de 25 structures existantes dont 05 sont entièrement achevées pour environ 3 milliards de Fcfa supportés par les bailleurs, et 20 en cours de réhabilitation pour 31 milliards de Fcfa dont 28 milliards de Fcfa pour la part bailleurs et 3 milliards de Fcfa à la charge de l’Etat de Côte d’Ivoire ; sur 25 nouvelles constructions dont 15 ont des financements acquis pour un coût de 90 milliards de Fcfa, les ressources mobilisées auprès des bailleurs sont de 77 milliards de Fcfa et 13 milliards de Fcfa à la charge de l’Etat de Côte d’Ivoire : 01 établissement a été entièrement achevé et livré et 14 sont en cours de construction.

Mon passage à la tête du Département en charge de la Formation Professionnelle, m’a permis de prendre la pleine mesure du lien étroit entre la formation professionnelle et l’emploi des jeunes.

Bien avant de diriger le Secrétariat d’Etat chargé de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, j’ai eu le privilège de servir, pendant six (06) ans à la Présidence de la République en tant que Conseiller Technique, puis Conseiller chargé de la Jeunesse et des Sports. A ce titre, j’ai assuré le suivi de la politique gouvernementale en matière de jeunesse et de sports.

L’expérience acquise dans l’exercice de ces différentes fonctions, me permettra d’aborder les défis qui se présentent à moi dans l’exercice de mes nouvelles responsabilités.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis de la Presse,

Mon intervention s’articulera autour de deux (02) axes, à savoir (i) l’état des lieux de la situation des jeunes et (ii) les perspectives d’amélioration de leurs conditions.



1. Etats des lieux de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes

J’ai consacré les deux (02) premiers mois après mon arrivée, à l’évaluation de la situation au sein du Département dont j’ai la charge. Il ressort des premières analyses, que des résultats importants ont été obtenus. C’est le lieu pour moi d’adresser mes vives félicitations à mon prédécesseur, le Ministre Sidi Tiémoko TOURE, pour le travail important réalisé sous sa responsabilité, notamment :

- l’adoption de la Politique Nationale de la Jeunesse 2016-2020 ;

- la mise en place du Conseil National des Jeunes de Côte d’Ivoire (CNJCI) en 2017 ;

- l’organisation, en collaboration avec l’UNICEF et l’UNFPA, de campagnes de communication pour le changement de comportement à l’endroit de 1 411 899 jeunes ;

- la réactivation des échanges internationaux entre les jeunes, notamment la Caravane de l’amitié ivoiro-malienne, en août 2017 à Bamako, avec la signature d’un accord de coopération entre les CNJ-CI et CNJ-Mali ;

- la mise en place, en collaboration avec l’UNICEF, d’une plateforme d’information et d’interaction des adolescents et des jeunes, dénommée U-report, qui permet aujourd’hui à 341 755 usagers d’interagir entre eux;

- la mise en place d’un guichet unique pour l’emploi des jeunes, dénommé « Agence Emploi Jeunes » ;

- l’initiation de l’opération « Agir pour les jeunes » avec 12 207 jeunes formés et 8 410 bénéficiaires de financement de leurs projets ;

- la mise en œuvre, en collaboration avec la Banque Mondiale, l’Agence Française de Développement, la Coopération Japonaise, la BAD, de divers programmes d’insertion des jeunes dont le programme de développement des compétences.

Au total, l’ensemble de ces réformes et politiques ont contribué à la création de milliers d’emplois. C’est le lieu de remercier, au nom du Gouvernement, l’ensemble des partenaires techniques et financiers bilatéraux et multilatéraux pour leur soutien.

Cependant, en dépit des résultats remarquables obtenus, mes différentes rencontres effectuées avec les organisations de jeunesse, les structures sous tutelle de mon département ministériel et les partenaires techniques et financiers, m’ont permis de relever des difficultés qui subsistent, entre autres :

- du statut du Conseil National des Jeunes de Côte d’Ivoire (CNJ-CI) ;

- du statut des associations de jeunesse ;

- des crises au sein de certaines faitières de jeunesse ;

- des subventions et locaux pour les organisations de jeunesse ;

- du renforcement des capacités des jeunes, des leaders d’associations et des organisations de jeunesse ;

- de la réelle implication et la prise en compte des jeunes dans les processus des décisions qui les concernent ;

- des tensions sociales et la démotivation au sein de l’AEJ ;

- de la mauvaise perception et le manque de confiance des jeunes dans le dispositif d’emploi ;

- du déficit de communication sur les initiatives en faveur de l’emploi des jeunes ;

-des arriérés de paiement des primes de stage pour certains jeunes ;

-des difficultés d’accès au financement des projets soumis par les jeunes ;

-des difficultés dans le fonctionnement de l’Agence Emploi Jeunes ;

-de la vulnérabilité des jeunes face aux fléaux sociaux tendant à devenir des phénomènes de mode: drogues, alcool, radicalisation, cybercriminalité, immigration irrégulière, grossesses précoces, …

Mesdames et Messieurs, Chers Amis journalistes,

En vue de relever tous ces défis, nous envisageons les perspectives suivantes :

2. Perspectives

Au titre des organisations de jeunesse :

- Nous proposerons, d’ici la fin 2018, un nouveau décret au Gouvernement, régissant les organisations de jeunesse, l’ancien datant de 46 ans.

- Le statut du CNJ-CI doit être revu pour prendre en compte l’ensemble des faitières et organisations de jeunesse afin que celles-ci se reconnaissent en lui.

- Pour les autres organisations de jeunesse, un accent sera mis sur la gouvernance en vue d’un renouvellement des instances dans le respect de leurs textes, à travers un processus démocratique et transparent, à l’image de ce que nous avons fait pour la Fédération Nationale des Unions de Jeunesse Communale de Côte d’Ivoire (FENUJECI) dès notre prise de fonction, ce qui a permis de mettre fin à trois années de crise au sein de cette faitière.

- Nous prévoyons également d’allouer une subvention de 80 millions de Fcfa aux faitières à raison de 10 millions de Fcfa par faitière agréée. L’appui au CNJ-CI passera de 70 millions à 100 millions de Fcfa, soit un montant cumulé de180 millions de Fcfa au titre des subventions. Un accent particulier sera mis sur la transparence dans la gestion desdites ressources.

Au titre du dispositif d’emploi et d’insertion des jeunes :

- Nous avons lancé dès notre arrivée, un audit organisationnel et de gestion de l’Agence Emploi Jeunes dont les résultats sont attendus pour la fin octobre 2018. Cela devrait permettre d’engager, en fonction des conclusions, la réforme du statut de l’Agence Emploi Jeunes pour mieux l’adapter aux enjeux à la problématique de l’emploi des jeunes et obtenir beaucoup plus de résultats, conformément aux instructions du Premier Ministre.

S’agissant des primes des jeunes stagiaires

-A ma prise de fonction, 2 925 stagiaires dont 110 étaient au sein de l’Agence Emploi Jeunes et les 2 815 autres, étaient placés auprès d’entreprises publiques et privées. Il y avait des arriérés dans le paiement de leurs primes de stages. J’ai donné des instructions à l’Administrateur de l’Agence Emploi Jeunes à l’effet de régler cette situation. Sur les 110 en interne, 103 ont été déjà payés et il reste à traiter 7. Sur les 2 815 jeunes stagiaires placés auprès des entreprises, 2 000 jeunes ont eu leurs dossiers régularisés et devraient être payés au plus tard en fin décembre 2018.

Relativement au Bureau de Coordination des Programmes Emploi (BCP-Emploi) :
- Nous prévoyons la pérennisation BCP-Emploi, agence fiduciaire de coordination des initiatives et interventions de certains bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale, l’AFD et le Japon.

En matière de création d’emplois jeunes :

- De 2018 à 2020, avec l’ensemble des initiatives du Ministère et de ses partenaires techniques et financiers (PTF), un total de 98 642 emplois seront créés, à travers des initiatives développées par le Ministère pour un coût estimé à 68,6 Mds dont 39,9 Mds sur le budget de l’Etat et 28,7 disponibles auprès des PTF.

- En plus du Ministère en charge de l’Emploi des Jeunes, d’autres ministères concourent à la création des emplois jeunes dans divers domaines dont l’agriculture, les TIC, l’emplois vert, la construction des infrastructures économiques, l’énergie, etc. Nous veillerons à ce que la dimension « emploi des jeunes » soit prise en compte dans tous ces projets structurants de l’Etat, conformément aux orientations du Premier Ministre, Amadou Gon Coulibaly.

- Par ailleurs, le Ministère en charge de l’Emploi des jeunes accompagnera le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MEN-ETFP) dans l’insertion des diplômés sortis des centres de formation professionnelle. Etant donné que le dispositif de suivi des formés mis en place a enregistré en 2017 pour les sortants de 2016, un taux d’insertion de 14,43% des diplômés, huit (08) mois après l’obtention de leurs diplômes.

Après la publication des résultats, l’Etat a assigné de nouveaux objectifs en termes d’insertion, soit 20% et 2018, 35% en 2019 et 50% en 2020. Les résultats de 2018 pour les sortants de 2017, se sont établis à 37,5% contre une projection de 20%. J’ai trouvé qu’il était incohérent que sur les 3 000 jeunes diplômés de 2017, seulement 3 ont été insérés par l’Agence Emploi Jeunes.

Ce qui est incohérent en raison des sommes dépensées par l’Etat pour leur formation. D’où cette mesure.

- Dans la continuité de l’action gouvernementale, la question de l’emploi des jeunes sera également réglée par le dynamisme du secteur privé et de l’économie. Nous allons analyser le dispositif juridique pour permettre au secteur privé d’accroître ses interventions. Dans ce sens, nous renforcerons nos rapports avec le secteur privé et les différentes chambres consulaires.

- L’accompagnement de l’entrepreneuriat jeune occupera aussi une place importante dans les initiatives de notre Département ministériel. En effet, de nombreux de jeunes désireux d’entreprendre sont confrontés à des problèmes de financement. Notre dispositif les soutiendra.
- En outre, un accent sera mis sur la formation de courte durée à visée d’insertion dans le cadre des interventions du BCP-Emploi.

- Nous continuerons à mobiliser les partenaires techniques et financiers sur l’ensemble de ces initiatives. D’ores et déjà, nous tenons à saluer notamment la Banque Mondiale dont le Vice-président pour la région Afrique, M. Hafez GHANEM, a annoncé, à l’occasion de sa rencontre avec le Premier Ministre en septembre 2018, l’octroi d’un appui de 50 millions US$ à la Côte d’Ivoire à partir de 2021 pour la phase 3 du Programme Emploi Jeunes et Développement des Compétences (PEJEDEC).
- C’est le lieu de remercier tous les autres Partenaires Techniques et Financiers Bilatéraux et Multilatéraux qui nous accompagnent dans le financement des initiatives en faveur de la jeunesse, notamment la BAD, l’UNICEF, l’UNFPA, ONUSIDA, ONU Femmes, le BIT, l’Union Européenne, l’AFD, la Coopération Japonaise.

La mise en œuvre de tous ces objectifs sera examinée au cours des Etats généraux de la jeunesse prévus en fin novembre 2018, qui visent à évaluer l’efficacité des politiques publiques et stratégies en faveur des jeunes. Dans une approche participative, outre les ministères techniques dont les activités ont un impact sur l’emploi des jeunes, cette rencontre enregistrera la participation des organisations de jeunesse, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers concernés.

Le début de l’année 2019 marquera un nouveau départ pour les jeunes de notre pays à travers une politique d’emploi plus efficace et une politique de promotion de la jeunesse plus adaptée.

Je vous remercie.
Commentaires


Comment