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Côte d’Ivoire : face au défi d’une urbanisation galopante le rôle essentiel du Ministère de la Ville

Publié le lundi 11 mars 2019  |  L’intelligent d’Abidjan
UVICOCI
© Ministères par DR
UVICOCI (Assemblée Générale)
Samedi 09 mars 2019. Abidjan. A la faveur de l’Assemblée Générale de l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), tenue au Palais de la Culture de Treichville, le Ministre de la Ville, François Albert Amichia a présenté officiellement son département aux Maires de Côte d’Ivoire.


Les ambitions du ministre François Albert Amichia

S’adressant aux maires, le samedi 9 mars 2019, à Abidjan, lors de l’Assemblée Générale de l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI), le ministre de la Ville, François Albert Amichia, a déclaré : « Le Ministère de la Ville, un levier pour endiguer les effets de l’urbanisation subie et mal-contrôlée ». Tel est le défi que doit relever la Côte d’Ivoire, mais aussi toute l’Afrique : celui d’une urbanisation galopante, un processus d’urbanisation massive en lien avec deux phénomènes, la fuite vers les villes et l’explosion démographique. Les villes africaines s’inscrivent désormais sur une trajectoire de développement et de densification incontrôlée. Dans leur livre, Le Temps de l’Afrique, Jean-Michel Severino et Olivier Ray écrivent : « Comment loger, nourrir, soigner et éduquer l’ensemble de la population d’Abidjan (…) ? Comment répondre aux besoins toujours croissants d’infrastructures de transport, d’eau et d’assainissement ? Dépassées par l’ampleur des besoins, les autorités municipales sont bien souvent contraintes de laisser place à l’économie de la débrouille. » Avec 37 % de la population qui demeure en ville, l’Afrique subsaharienne reste encore parmi les régions du globe les moins urbanisées. Mais, d’ici 2030, la moitié des Africains vivront en ville. Cette croissance spectaculaire de la population urbaine, en particulier celle des plus grandes villes, à cause des faibles capacités économiques des Etats et des difficultés de gestion d'une concentration urbaine accélérée, se traduit par une « urbanisation subie et mal contrôlée », selon les paroles mêmes du ministre François Albert Amichia

Ville projetée et ville réelle

Le Ministère de la ville, de toute évidence, l’un des ministères les plus importants sur la voie de l’émergence avec la nécessité d’amener les élus municipaux à respecter les règles et les valeurs d’un urbanisme qui vise à améliorer la qualité de vie et de travail dans les villes. Le ministre Amichia sait que « la Côte d’Ivoire de demain se construira dans les villes qui accueillent déjà la majorité des populations et sans doute beaucoup plus demain ». S’opposent alors deux discours, celui qui évoque la ville du futur ou ville projetée et celui qui décrit la ville réelle.
Ville du futur ou ville projetée: cette ville « projetée » est une ville idéale, encore fantasmée, avec la maîtrise des enjeux de développement économique et de cohésions sociale ; la construction de quartiers durables, écologiques et « connectées » (les « smart city ») ; une politique d’embellissement des villes, notamment les entrées et les sorties ; des transports et et des mobilités durables ; des éco-quartiers ; une salubrité publique ; l’accès à l’information, et à communication : la réduction de la consommation d’énergie et de l’empreinte carbone, etc.
Ville réelle : la ville réelle est celle dans laquelle demeurent des populations confrontées aux difficultés de la vie quotidienne. Un rapport de la Banque mondiale établit le constat suivant : si les bidonvilles voient leur population diminuer dans d’autres régions, celle des bidonvilles africains augmente. Demain, la majorité des habitants de bidonvilles se trouvera dans les villes africaines. La ville réelle cumule tous les handicaps : développement anarchique, insalubrité, insécurité, pauvreté, absence d’infrastructures et d’équipements collectifs, embouteillages, pollution, etc. En 1950, le romancier camerounais Mongo Beti décrivait la « ville cruelle », ce qui est encore une réalité avec l’expansion des bidonvilles (60% des citadins africains vivent dans des bidonvilles) ou lorsque les rues des centres villes deviennent impraticables lors des inondations. La ville africaine véhicule encore l’image d’un chaos où perdurent tous les dysfonctionnements.
Conscient que la ville devient une concentration, « subie et incontrôlée », d'hommes et de moyens de production de biens et de service, le ministre Amichia s’est fixé comme objectif d’aider les maires « à endiguer les effets pervers de la rapide urbanisation » à travers des contrats de ville destinés à formaliser les relations entre son ministère et les municipalités. Il faut aussi une volonté politique au sommet de l’Etat et un financement de la communauté internationale, afin de maîtriser les effets négatifs d’une urbanisation massive en Afrique.
Christian Gambotti
Président du think tank
Afrique & Partage
Directeur de la Collection
L’Afrique en Marche
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