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Editorial Publié le lundi 21 octobre 2013 | Nord-Sud

Téléphone interdit au volant : Une bonne annonce !

Depuis le début du quinquennat du Président Ouattara, on a eu droit à une batterie de mesures visant à encadrer la vie des Ivoiriens.La dernière en date porte sur l’interdiction de l’usage du téléphone portable et de tout autre moyen de communication en situation de conduite automobile.

Une décision salutaire. Il faut donc applaudir des deux mains. Surtout quand on sait que, comme l’a souligné le décret, le téléphone au volant est une cause supplémentaire d’accidents de la circulation. Même si le gouvernement n’a avancé aucun chiffre pour montrer la gravité de la situation, on convient avec lui qu’il y avait urgence à agir pour préserver les populations.

Notre gouvernement vient de franchir un pas de géant. Là où même la France hésite encore à interdire le cellulaire au volant. Ici, même les kits mains-libres sont interdits. Les initiateurs du décret estiment certainement qu’en utilisant un kit mains-libres, l'automobiliste est moins concentré sur sa conduite et sur sa route. Derrière l’enthousiasme de cette mesure, il faut s’interroger sur le mécanisme prévu pour faire appliquer cette énième décision gouvernementale. Qui risque d’être un effet d’annonce. Comme bien d’autres.

A priori, l’initiative est louable. Je ne sais pas pour vous mais moi je m’en réjouis et la salue à sa juste valeur. Cependant, je m’interroge quant à la mise en œuvre, le suivi, le contrôle et la communication autour de cette décision comme les mesures déjà annoncées par le gouvernement. Quel est le mécanisme mis en place? L’amende de 10.000 francs est-elle suffisante ? Pas sûr. Comment se fera le contrôle dans des zones où il n’y pas assez de policiers ? Dans quelle caisse iront les 10.000 francs de contravention ?

Dans un passé très récent, on a assisté à l’interdiction de la mesure de fumer dans les lieux publics. Je peux vous dire que cette mesure n’est pas respectée. Au cours d’une virée nocturne avec des potes, on a été dans un bar dancing, à quelques encablures du commissariat du 22ème arrondissement à Angré. Je peux vous assurer que là, la mesure n’est pas respectée. Elle est royalement foulée aux pieds par des noceurs. Ne parlons même pas des maquis, taxis-compteurs et même communaux appelés wôrô-wôrô. On fume à tout vent.

Nous voilà à nouveau face à une annonce. Une chose est de prendre des mesures, une autre est de s’assurer de leur application sur le terrain. Le petit conseil que je peux donner à nos chers gouvernants est de procéder à un suivi-évaluation de toutes les bonnes décisions (a priori). Cela permettra de mesurer l’impact sur les populations. Le dispositif doit être dynamique, participatif. Ce système devra apporter à temps pour chaque décision les ajustements nécessaires dans sa mise en œuvre. Afin de permettre d’impulser de nouvelles orientations quand on se rend compte que sa ne marche pas.

Sinon, il faut le reconnaître, il y a de belles initiatives. On sent que le gouvernement réfléchit. Tente des choses. Il est au labo pour nous trouver des solutions. Mais peut-être qu’il ne s’attaque pas aux bonnes cibles. Sinon aux vrais problèmes. Qui touchent au quotidien des Ivoiriens. Revenons sur l’interdiction de fumer en public. Tout le monde sait que fumer nuit gravement à la santé. Pas seulement à celle du fumeur mais du fumeur passif. Cette mesure est donc louable dans le fond. Tout comme le déguerpissement des commerçants et autres artisans sur le domaine public.

Cette décision, loin d’être mauvaise, n’a pas été suivie de mesures d’accompagnement Parce que non seulement ils obstruent les chaussées, mais sont des causes d’accidents de la circulation. Il y a également l’augmentation de certains produits de grande consommation comme le gaz butane que les Ivoiriens ont reçu en plein visage. Sans la moindre communication autour. Et aujourd’hui, les prix ne sont véritablement pas maîtrisés sur nos marchés. Les commerçants font ce qu’ils veulent.

La plus grosse défaillance est liée à la politique de gratuité de soins dans les hôpitaux. L’initiative n’a pas marché parce qu’elle devrait être juste une politique d’urgence. Impossible à financer sur le long terme comme on a voulu le faire ici. Y avait-il un mécanisme pour prévenir les vols de médicaments, s’assurer que les bénéficiaires étaient vraiment les malades ? Malheureusement là on a mis la charrue avant les bœufs. Et on a vu les résultats. Je ne pourrais terminer cet édito, sans parler de l’interdiction des sachets plastiques.

Voici une autre mesure qui, il faut le dire, connaîtra une application difficile sur le terrain. Les opérateurs du secteur de la sacherie ont du mal à prendre le pli. Et pourtant, Dieu seul sait que les sachets nuisent gravement à l’environnement. Ils peuvent être utilisés à d’autres fins. Moins contraignant pour le bien-être des populations. Je ne voudrais donc pas écrire que j’ai l’impression qu’avec l’interdiction du téléphone au volant, il s’agit d’un autre effet d’annonce qui ne sera pas suivi en réalité! Je ne prédis pas l’échec. Quand on annonce des mesures qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas assez mûres ou que l’on ne peut s’assurer du suivi sur le terrain, on attend. Des annonces, il y en aura encore.

Bakayoko Youssouf
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