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Alassane Ouattara sur TV5 à propos des événements de Duékoué : “Tout le monde passera sans exception devant la justice”
Publié le jeudi 26 juillet 2012   |  Le Patriote


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© Abidjan.net
En visite en France, le President Alassane Ouattara sur le plateau de TV5Monde


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Avant sa rencontre avec son homologue français, Alassane Ouattara s’est confié à TV5. Nous vous proposons l’intégralité des échanges.
TV5 : Comment réagissez-vous à la disparition tragique de John Atta Mills au Ghana ?

Alassane Ouattara : John Atta Mills est un ami, un proche qui m’a bien soutenu pendant la crise postélectorale. Nous étions en contact pratiquement tout le temps, jusqu’il y a deux mois quand il était malade. Le Ghana et l’Afrique perdent un grand démocrate, un grand homme d’Etat. Je voudrais présenter à toute la famille de John et son frère Kadman, à son épouse et à tous les Ghanéens, mes condoléances les plus attristées. C’était un ami à moi.

TV5 : Alassane Ouattara vous devez rencontrer demain( aujourd’hui : ndlr) votre homologue français, François Hollande. Nous allons revenir sur l’évolution des relations entre Paris et Abidjan. Mais d’abord, un premier bilan, celui de votre grand chantier, la réconciliation de la Côte d’Ivoire, un chantier lancé il y a un an quasiment jour pour jour. Est-ce que la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation a vraiment les moyens de travailler depuis un an ?

ADO : Tout à fait. La réconciliation est une chose complexe. Vous savez, elle ne se décrète pas. Il faut vouloir la réconciliation. En ce qui me concerne, je fais tout ce que je peux. J’ai demandé au FPI de rentrer au gouvernement, ils l’ont refusé. Je les ai reçus pour les encourager à aller aux élections législatives, ils n’ont pas accepté. Nous avons créé un cadre de dialogue auquel ils ont préféré participer en tant qu’observateurs. Mais, moi je continuerai de tendre la main. Je suis le Président de tous les Ivoiriens. Je ne fais pas de distinction entre les Ivoiriens. Donc, je continuerai ma volonté de réconciliation.

TV5 : Quelle forme doit avoir cette réconciliation, selon vous?

ADO : La réconciliation doit d’abord partir par l’engagement de chacun de nous de le faire. Cela demande le pardon du côté des victimes, mais surtout la repentance du côté de ceux qui ont commis des actes criminels. Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, le FPI pour être simple, ne veut pas aller dans ce processus pour des intensions qu’ils sont en train de décrire. Des intentions qui sont fausses. Nous, nous souhaitons que le FPI entre dans ce processus. Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Moi, je souhaite que nous vivions ensemble. Dans la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, nous avons tenté de faire représenter toutes les régions de Côte d’Ivoire. Nous avons des religieux, nous avons des chefs coutumiers, tout le monde. Je souhaite qu’ils y entrent.

TV5 : Justement à propos de réconciliation, Duékoué est devenu un véritable symbole. Cette ville de l’ouest a de nouveau été le théâtre de sanglants affrontements. Des représentants de Duékoué sont actuellement à Paris. Ils vous interpellent. Quelle est votre réponse ?

ADO : Sur la première partie, je suis d’accord avec elle. Les Ivoiriens doivent être traités en pleine égalité. Il n’y a pas plusieurs catégories d’Ivoiriens. Je suis contre cela, je pense que je l’ai démontré. Maintenant, ce qui s’est passé à Duékoué est parti d’un acte criminel, que je condamne. Ensuite, un groupe de populations a voulu se venger. Ceci est inadmissible. On ne peut pas se faire justice soi-même. Je condamne la violence. J’ai mis en place une commission d’enquête. Nous aurons les conclusions. Nul ne sera épargné, je le répète. La commission d’enquête que j’ai créée il y a six mois, va rendre ses conclusions dans quelques jours. Nous allons en tirer toutes les conclusions. Tout le monde passera devant la justice, sans aucune exception.

TV5 : Reste qu’aujourd’hui, 120 inculpations côté Gbagbo, certains de vos partisans sont accusés d’exaction, pourtant aucun n’a été inquiété. N’y a-t-il pas deux poids deux mesures ?

ADO : (Il interrompt le journaliste, ndlr) Je ne suis pas d’accord. On ne peut pas traiter en égalité des gens qui ont tué et des gens qui sont accusés d’avoir tués. Il faut que la justice fasse son travail. Ceux qui sont détenus et qui sont jugés maintenant sont des gens qui ont été pris en flagrant délit de crimes, de vol de la banque centrale, de torture et ainsi de suite. Ils ont été pris sur les faits. Maintenant, nous avons mis en place cette commission d’enquête pas seulement pour Duékoué, mais pour l’ensemble de la Côte d’Ivoire. Cette commission a pris six mois, elle est indépendante. Elle a fait son rapport. Son rapport devrait m’être remis le 18 juillet. Cela n’a pas été possible, puisque j’étais en déplacement. Je répète, il n’y aura pas d’exception.

TV5 : D’après certaines ONG dites indépendantes, je pense à la Ligue des droits de l’Homme, à Human Rights Watch, les violences, les exactions se dérouleraient sous l’?il presque bienveillant de l’armée régulière. Est-ce qu’il y a comme une forme de laxisme au sein de l’armée ?

ADO : Vous savez certaines de ces structures sont crédibles, mais nous, nous avons des enquêtes. Nous travaillons avec l’ONUCI. Personne n’a dit qu’il y avait de tels comportements. Par exemple, certains accusent l’ONUCI de n’avoir pas réagi. Mais, leur mandat ne leur permet pas de le faire. Ils ont le premier cordon de sécurité. C’est ensuite que viennent les forces républicaines. Il faut simplifier les choses. Chacun joue son rôle. Nous faisons en sorte que ces populations réfugiées retournent dans leurs villages et y soient sécurisées. Ce qui leur arrive n’est pas normal. Je le condamne. Je le condamne parce que je veux que les Ivoiriens vivent ensemble et vivent dans la paix ensemble. La région de l’ouest est la première que j’ai visitée. J’y est passé cinq jours. C’est la première région où j’ai déployé des véhicules, j’ai reconstruit les écoles, les centres de santé. J’ai donné des voitures aux préfets. J’ai reconstruit les préfectures. Tout cela, parce que ma priorité c’est la sécurité dans cette région.

TV5 : Demain (aujourd’hui ndlr) vous rencontrez François Hollande, il se dit que le Président français aurait posé ses conditions avant de vous accorder cette audience. Il y aurait avant eu des missions de plusieurs conseillers mis en place à l’époque par Nicolas Sarkozy ?

ADO : Aucune condition ne m’a été posée. J’ai eu un entretien téléphonique avec le Président Hollande à sa demande. J’étais d’ailleurs dans l’avion en route pour une mission. Nous nous sommes entretenus pendant 20 minutes. Il m’a invité ensuite à venir en France. Je suis en France pour le rencontrer.

TV5 : Est-ce qu’il y a un changement de ton entre Paris et Abidjan depuis le changement de Président en France ?

ADO : La France est une grande nation. Les choses continuent. Aucune interruption et aucun changement d’aucune sorte. J’ai rencontré hier (NDLR : mardi dernier), le ministre des Finances Moscovici. Je rentrerai le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius qui est un ami. Je rencontrerai le ministre de la Défense et ensuite nous aurons notre entretien avec le Président François Hollande. Nous parlerons de la Côte d’Ivoire, nous parlerons de la sous région, nous parlerons du Mali. Nous avons un ordre du jour très chargé. Je me réjouis de cette rencontre.


TV5 : Justement et très rapidement, quel rôle la Côte d’Ivoire peut- elle jouer dans le règlement de la crise malienne ?

ADO : Nous faisons beaucoup, parce que, vous savez, je suis le président en exercice de la CEDEAO. Dès que j’ai été porté à la tête de cette organisation à mi-février, nous avons eu le Mali à la mi-mars ensuite la Guinée Bissau. Nous avons tenu 7 réunions depuis cette date en trois mois. Nous avons progressé. C’est vrai que les choses au Mali sont complexes et lents, mais ça évoluer. Nous pensons que dans les jours à venir, nous aurons un gouvernement en place, un gouvernement de large union. Nous aurons également une requête pour que les forces de la CEDEAO et les forces de la communauté internationale puissent venir à Bamako et aider les Maliens à reconquérir le nord. Nous attendons dans les prochains jours une résolution des Nations unies à cet effet. Retranscris sur TV5 par Thiery Latt

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