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Société Publié le mardi 10 février 2009 | Islam Info

Focus / Aç-habul-kahaf: Une ONG au service de la population

La communauté musulmane en Côte d'Ivoire est en phase d'organisation et celle -ci passe de plus en plus par les Organisations Non Gouvernementales (ONG). Parmi elles, Aç-Habul-Kahaf qui se distingue de manière particulière par la mise en place d'une structure sanitaire aux grandes ambitions. Islam info a décidé de s'intéresser à cette institution.

La mosquée fruit d'un don

Le siège de cette ONG, un complexe, est situé à Koumassi zone industrielle attenant à une usine. Elle est dirigée par l'imam Ousmane Kéita qui est en même temps le recteur de ce site. Il est aidé dans sa fonction par ses adjoints que sont les imams, El hadj Konaté Mamadou, et Coulibaly Bamoussa Kélégnan.

Le site comprend une mosquée, une infirmerie et un centre culturel, le tout dans un bâtiment fournit par la famille Maoula. Selon le porte-parole de celle-ci : «La famille Maoula qui a construit la mosquée, a constaté que 90% des employés étaient des Musulmans qui avaient besoin d'un espace de prière. Le patron a donné de prime abord, une petite parcelle pour qu'on puisse y effectuer les prières. Dieu merci, cette première mosquée a commencé à être vite débordée dans la mesure où l'imam qui officie a créé un grand engouement. Les fidèles venaient donc de tous lieux pour les prières. Cela a séduit l'initiateur de sorte qu'il a agrandi le lieu».

Aujourd'hui, cette mosquée a une superficie utile de 510 mètres carrés. Et on y effectue toutes les prières de vendredi qui regroupent beaucoup de fidèles estimés à plus de 1000 personnes. Les cinq prières canoniques en plus des prêches, des mariages et autres manifestations qui font de ce lieu un véritable centre culturel.

Des toilettes propres

Ce qui frappe au Centre Aç-Habul Kahaf, ce sont les toilettes en grand nombre aussi bien au rez-de-chaussée qu'au premier étage dans cette mosquée à deux niveaux. Dans ce sens, l'imam estime que : «Généralement, dans nos communautés, les gens négligent l'aspect sanitaire et pourtant, notre religion est synonyme de propreté. Cela se voit même par les ablutions que nous faisons cinq fois par jour».

Une bibliothèque au service de la formation

Le Centre peut s'enorgueillir d'avoir en son sein une bibliothèque somme toute acceptable, située au premier étage. Celle-ci est logée dans un espace de 20 mètres carrés et est dirigée par le frère Traoré Zakaria. Ce dernier est en même temps le responsable de la formation. En terme de documents, on y trouve des ouvrages théologiques parmi lesquels, des recueils de hadiths, les différents tomes de Bokhary, tirmizy. Malgré ces acquis, son responsable estime que la bibliothèque n'est pas beaucoup équipée surtout au niveau scolaire où il y a un manque énorme de documents de l'enseignement général si bien que le frère Traoré affirme : «Nous envisageons acquérir des ouvrages scolaires qui permettront aux élèves qui nous fréquentent, de se préparer aux différents examens. Ce projet nous tient à cœur et nous entendons nous y investir afin d'avoir satisfaction».
En terme de formation théologique, le niveau de ceux qui sont intéressés est d'abord sondé afin de voir l'orientation à donner aux cours qu'on leur dispense sous forme d'initiation ou de perfectionnement. L’autre handicap est que les livres sont consultés sur place puisqu'il n'y en a pas assez pour des prêts à domicile comme le font les bibliothèques disposant de grands moyens.
Le frère Traoré est aidé dans sa tâche par Tah Irié Léon Moussa qui coordonne tous les mouvements du centre notamment les activités du bureau du rectorat, les activités de l'imam et de ses adjoints. Cette bibliothèque est fréquentée par les fidèles de la mosquée parmi lesquels, on dénombre des élèves du quartier qui viennent bénéficier du calme des lieux propice aux études.

kemebrama@hotmail.com



Le centre de santé au service des démunis

Ce qui fait la particularité du centre Aç-Habul Kahaf, c'est son centre de santé, unique en son genre en Côte d'Ivoire dans nos communautés musulmanes, exception faite de la mosquée des Hamadiyas située aux 220 logements.

Une initiative du comité des imams

La création de cette infirmerie relève d'une réflexion de l'imam Kéita et de son équipe qui sont partis du principe que, ce genre de structure existe du côté des autres religions, notamment des chrétiens qui à travers de telles infrastructures, posent des actions sociales au profit de toute la population. C'est ainsi, qu'avec l'aide de bonnes volontés et notamment de la famille Maoula, sa construction a été envisagée de sorte qu'on puisse soulager les personnes malades musulmanes et non musulmanes, qui disposent de peu de moyens. C'est donc un acte social au profit des populations démunies : «Quand on sait que la pauvreté touche toutes les populations en général et les Musulmans en particulier, il s'avérait urgent de créer cette structure, afin d'avoir des âmes saines dans des corps sains. Et l'adoration d'Allah est plus approfondie quand on respire la grande forme

Un personnel qualifié

Le centre de santé est situé au rez-de-chaussé du complexe et comprend comme toute structure sanitaire, salle de soin, la pharmacie, le cabinet dentaire, la salle de réception et une salle de consultation. Il est dirigé par le Dr. Koné Zakaria. Ce dernier travaille en collaboration avec El Hadj Lassina Dosso, Infirmier d'Etat à la retraite, ancien major de la clinique médicale au service du Pr. Béda: «Moi je suis là à plein temps et je suis aidé dans ma fonction par le directeur de l'infirmerie El Hadj Néné Diallo. Il est de la formation sanitaire de Koumassi de même que Mme Hadja Sanou». Mme Sawadogo Mariam, aide-soignante, place les perfusions fait les pansements, les divers soins sous la supervision du médecin.

La formation sanitaire fonctionne tous les jours de la semaine et reçoit entre 30 à 40 malades par jour. Il y a des périodes où le nombre de malades peut atteindre le chiffre de 50 ou même plus. Rarement, le nombre de consultations descend en dessous de 20.

Des soins de tous genres

Les maladies les plus traitées sont les cas de paludisme de diarrhée et de pneumopathie. Il arrive qu'on décèle des maladies plus graves comme le SIDA. Dans ces cas, les malades sont dirigés dans les hôpitaux de Port-Bouët ou de Koumassi. Parfois, ces cas graves sont référés au CHU de Treichville où l'ONG, Al Muwassat, les aide dans le traitement lorsqu'il s'agit surtout d'hospitalisation.
Le centre dispose également d'un cabinet dentaire, d’une pharmacie, d’un système d’échographie qui permet d'explorer les organes mais pas seulement ceux des femmes enceintes comme on pourrait le croire. Mais l'échographie pelvienne abdominale. Les mercredis, il y a une consultation prénatale conduite par madame Dosso Fatime sage-femme .

Une pharmacie opérationnelle malgré les difficultés

La pharmacie du centre de santé dispose de médicaments tels des antipaludéens, antistaminiques, anti-anémiques et autres médicaments de première nécessité. Au niveau de la pédiatrie et des soins prénataux, elle compte en son sein, une série de médicaments essentiels prévus pour soulager le plus grand nombre de personnes. Les produits pharmaceutiques sont vendus à un prix plus accessible que dans les officines privées. Le ravitaillement se fait surtout avec les délégués médicaux. A ce sujet M. Issa Traoré, gérant de la pharmacie affirme : «C'est un peu difficile de nous ravitailler mais on le fait avec les moyens de bord. On a recours le plus souvent aux délégués médicaux et à certaines bonnes volontés. Jusque-là nous sommes en train de finaliser les documents pour avoir accès à certains organismes comme copharmed, Laborex et si c'est chose faite, vous verrez que tout va rentrer dans l'ordre »

Des Frais de consultation à caractère social

Selon Amie Diaby qui combine les fonctions de caissière et de réceptionniste, il arrive parfois que les patients qui n'ont généralement pas les moyens soient incapables de payer les frais que nécessitent leurs soins, compte tenu de la situation économique difficile. Elle ajoute : «On essaie de se maintenir avec ce qu'on a et de faire un effort pour nous suffire avec le peu que nous gagnons ; ce n'est pas facile avec les prix que nous pratiquons. Notre travail relève surtout d'un véritable sacerdoce. C'est en cela que les frais de consultation sont vus à la baisse. Nous essayons tant bien que mal de nous maintenir avec nos moyens de bord.»

kemebrama@hotmail.com

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