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Politique Publié le jeudi 14 mai 2009 | Notre Voie

Après la visite de Henri Konan Bédié dans le Zanzan-Sécré Richard, président du Conseil général de Bondoukou : “Cette tournée est bonne pour le FPI"

Henri Konan Bédié a récemment sillonné la région du Zanzan. Beaucoup de choses ont été dites à propos de cette tournée. Pour les responsables du FPI, des leçons sont à tirer. Sécré Richard, Directeur départemental de campagne pour Gbagbo, donne son appréciation.

Notre voie : Le président du PDCI-RDA a effectué du 22 avril au 5 mai dernier, une tournée dans le Zanzan, à la suite de laquelle les militants du vieux parti ont annoncé triomphalement que le Zanzan est devenu un bastion de leur parti. Qu’en dites-vous ?

Sécré Richard : Dire que le Zanzan est devenu un bastion du PDCI, c’est faire une analyse superficielle de la situation. Il y a longtemps que le PDCI n’est pas sur le terrain. Bédié y est donc allé pour jauger sa capacité de mobilisation. Mais il n’a pu savoir si ceux qui ont effectué le déplacement sont effectivement ses militants.

Ce que nous constatons, c’est qu’ils ont réussi à mobiliser par-ci par-là, certaines populations autour de leur meeting. A Koun-Fao, la mobilisation était importante. A Tanda, par rapport à la taille de la ville, ce n’était pas grand. A Bondoukou, ils ont réussi à faire déplacer massivement les populations. Mais cela n’atteint pas ce que le président Gbagbo a fait en 1993. Ni ce que la Première dame a fait il y a peu.

Cependant, des gens sont venus. Nous ne pensions pas que le PDCI pouvait faire une telle mobilisation. Ils l’ont réussi et c’est tout à leur honneur.

N.V. : Pourquoi vous ne vous attendiez pas à une telle mobilisation ?

S.R. : A Bondoukou, nous ne nous y attendions pas parce que nous ne les voyons pas sur le terrain depuis un certain temps. Quand vous travaillez et que vous ne voyez pas votre adversaire, vous ne pouvez pas savoir ce qu’il fait dans l’ombre. Vous devez vous en inquiéter. Quand donc cette visite a été annoncée, j’en étais heureux. C’était l’occasion pour nous d’être devant la réalité afin de reprendre notre bâton de pèlerin. Mais le PDCI a quand même réussi à organiser les populations. Superficiellement. En proposant de l’argent aux ONG afin qu’elles donnent leurs membres, en transportant les différentes associations qui attendent de l’argent. Ensuite, depuis 1998, Bédié n’a pas visité la région. C’était une curiosité pour les populations de le revoir.

Cependant, au stade Ali Timité où le meeting a eu lieu, ils n’ont utilisé qu’une partie du terrain. Les bâches étaient placées au milieu du terrain. Donc par rapport à leur absence sur le terrain, je pense que les militants du PDCI ont quand même fait une bonne mobilisation. Ils ont mobilisé jusque dans les villages ghanéens proches de la frontière et dont les populations sont venues à leur meeting. Ces villages sont de la même famille que les nôtres. Voilà ce qui s’est passé dans le Zanzan avec Bédié.


N.V. : Le FPI a-t-il alors de véritables raisons de s’inquiéter ?

S.R. : Non pas du tout. Mais cela montre quelques lacunes qu’il faut corriger. Il nous faut faire les derniers réglages avant les élections. Et nous les préparons.


N.V. : Finalement, cette visite est bonne pour vous ?

S.R. : Oui, c’est pourquoi je disais tout à l’heure que j’ai apprécié sa visite. Elle nous permet, nous militants du FPI, de nous regarder en face et de nous dire la vérité avant les élections. Cela nous permettra de nous corriger en tenant compte de leur présence.

Jusqu’à un certain moment, nous roulions seuls et nous pensions qu’il n’y avait plus rien à faire.


N.V. : Cette visite a également permis de découvrir l’inimitié entre le ministre Adjoumani et le député Tah Thomas…

S.R. : Il n’y a pas que Tah Thomas. De nombreux cadres ont été mis à l’écart. Le maire de Bondoukou n’a pas été associé à l’organisation.

A Assuéfry, il y a eu le clash entre le groupe d’Adjoumani et celui de Tah Thomas. Chaque cadre a ses partisans, son clan. Et ce sont deux clans qui se sont affrontés. Cela a obligé le président Bédié à faire le grand tour pour se rendre à Transua en évitant Assuéfry.


N.V. : Qu’est-ce que les deux groupes se reprochent mutuellement ?

S.R. : Ces deux leaders ne s’aiment pas du tout. D’abord sur le plan traditionnel, il y a un conflit autour du trône du royaume Abron. Trois personnes se réclament roi. Et chaque cadre a son roi. Deuxièmement, le président de la République, Laurent Gbagbo, a choisi le cousin de Tah Thomas qui est devenu le chef de la province de Pinango, pour rechercher des solutions aux problèmes de la royauté. Et cela ne plaît pas au groupe d’Adjoumani.

Sur le plan politique, Adjoumani est le président du Conseil général de Tanda qui regroupait les départements de Transua, de Koun-Fao et de Tanda. Ils étaient tous les deux présentés comme les têtes de pont du PDCI. Aujourd’hui, avec l’érection de Transua en département, l’occasion était toute trouvée pour qu’Adjoumani remue le couteau au sein d’une population déjà fâchée, en disant que Tah Thomas est responsable du choix de Transua au détriment d’assuéfry. Adjoumani a voulu détruire Tah Thomas en présence de Bédié et montrer qu’il n’est rien dans sa propre circonscription.

Mais cela est un peu marginal parce que seuls, les habitants de la ville d’Assuéfry s’opposent à l’érection de Transua en département. Tous les villages de la sous-préfecture sont d’accord et d’ici peu, une action va être posée dans ce sens.


N.V. : Mais ce problème fait aussi des mécontents au sein de votre propre parti, le FPI…

S.R. : Oui, il y a des mécontents. Le maire d’Assuéfry l’a bien exprimé. Il est mécontent et pense qu’il aurait dû être consulté avant que le choix ne soit fait, parce qu’il est notre seul élu dans la localité. Il a pensé qu’on lui a planté un poignard dans le dos. Donc il y a des mécontentements, des camarades ne sont pas contents. Mais je le répète, ce n’est pas tout le monde.


N.V. : Quelle leçon tirez-vous de cette visite ?

S.R. : La première leçon pour nous au FPI, c’est qu’il y a des réglages à faire avant les élections présidentielles. Deuxièmement, je note que les cadres du PDCI continuent de faire croire à Bédié qu’il compte encore. Troisièmement, je remarque que le PDCI se moque des populations. Je prends comme exemple, le fait qu’après ses meetings et ses séances de travail, il a annoncé quelques enveloppes pour les populations. Mais aucune enveloppe ne contenait le montant indiqué.

Ensuite, des gens ont été convoyés et ont passé toute la journée sans manger. Enfin, les militants du PDCI n’ont pas tenu compte de la capacité de résistance de leur patron. Ils ont donc concocté un programme qui est au-dessus de ses forces. Certaines étapes importantes ont donc été supprimées. L’étape de Sorobango où a été enterré un de ses amis. Il avait été annoncé qu’il allait se recueillir sur la tombe de cet ami mais les populations ont attendu en vain.

A Tabagne où un arrêt était programmé, il est passé. A Sandégué où un meeting était prévu, il a fait un survol. Tout cela a créé des frustrations. Du fait de la mauvaise organisation, le petit engouement qui a précédé l’arrivée de Bédié, s’est estompé tout juste après.


N.V. : C’est dans le Zanzan que Bédié a soufflé sa 75ème bougie. On le disait toujours prêt pour le service. Pourquoi a-t-il mis alors de côté, certaines étapes de sa tournée politique ?

S.R. : Il faut bien comprendre que 75 ans, ce n’est pas un petit âge. Il ne faut pas se tromper en disant qu’il est encore résistant comme un jeune de 40 ans. Maintenant, sa santé peut-elle lui permettre de faire certaines choses ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est qu’il a sauté certaines étapes prévues. Ce sont des signes qui ne trompent pas, quant à la capacité de résistance de l’individu.


N.V. : Il y a aussi le contenu du discours de Bédié. Comment analysez-vous?

S.R. : Ce n’était que dénigrement, calomnie. Depuis le début jusqu’à la fin, il n’y a pas de discours de construction, pas de proposition claire. Il s’est contenté de dire que les gens du FPI sont gourmands, se livrent à des atteintes aux droits de l’Homme. Tout cela, sans aucune démonstration. A la fin, il a dit : “j’ai voulu travailler mais en 1999, des gens ont interrompu mon programme. Aidez-moi à revenir au pouvoir”. oubliant qu’en 1999, tout le monde a applaudi son départ du pouvoir.


De plus, nous sommes à la veille des élections et chaque candidat devrait faire connaître son programme. Mais Bédié n’a déployé aucun programme. Il n’a rien proposé.


Interview réalisée par Paul D. Tayoro
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