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Art et Culture Publié le samedi 21 novembre 2009 | AFP

Togo : les enfants se développent sous le choc entre la modernité et la tradition

LOME - "Les enfants vivent quotidiennement un conflit de la tradition et de la modernité, et ne savent plus ce qu`il faut puiser de la tradition considérée à tort comme négative", déclare la sociologue togolaise Léocadie Gbénahin.
Sur fond de la mondialisation, le choc entre la tradition et la modernité touche incontournablement les aspects tous-azimuts de la vie sociale du Togo, avec des impacts exercés sur les enfants, qui sont en pleine quête de leur identité, estiment certains spécialistes en sciences sociales togolais.
La tradition, dans bien de milieux sociaux au Togo, est en situation de choc avec la modernité dictée par l`occidentalisation des moeurs et avec des valeurs d`autres civilisations apportées par les religions introduites en Afrique, a indiqué l`anthropologue togolais Kao Blanzoua.
D`après lui, les adultes constatent ce choc et s`en inquiètent, au moment où l`enfant, en pleine édification de sa personnalité, le vit comme un cours normal et naturel de son existence.
Il estime que dans les familles togolaises, où les parents se sont convertis à des religions venues d`ailleurs, l`éducation des enfants est déjà partie sur une dynamique hybride.
Dans certaines de ces familles, des notions et valeurs traditionnelles d`une éthique recherchée sont difficilement appréhendées et font l`objet d`interprétations erronées sur base de préjugés inculqués aux enfants, a relevé l`expert.
Dans cette situation de choc entre la tradition et la modernité, l`enfant reçoit une éducation apparemment faussée à la base à laquelle il ajoute tout ce qu`il ramasse à travers les médias et le cinéma, a-t-il poursuivi.
Certains sociologues abordent le sujet sur l`aspect des droits catégoriels et relèvent des conséquences nées des excès dans l`application de ces droits et aussi des travers en ce qui est de la question de la femme émancipée.
Pour sa part, la sociologue Ginette Agey-Wognon indique que la problématique du genre dans la société togolaise a des conséquences à la fois heureuses et fâcheuses sur la formation de la personnalité des enfants.
Elle explique que la question du genre, qui est de la modernité, permet aujourd`hui l`épanouissement de la femme et fait que la fille n`est plus considérée avec tous les préjugés archaïques de la tradition.
"L`enfant d`aujourd`hui le vit au quotidien et apprend tout cela dès le bas âge", a-t-elle fait remarquer, ajoutant que cela a permis un regard positif sur la fille et partant éduque, dès le bas âge, les enfants des deux sexes à concevoir la femme de la société actuelle comme une nouvelle personnalité épanouie autrement que le présentait la tradition.
"Le jeune garçon comprend la nouvelle personnalité de la femme et ne peut plus exercer, à la longue sur la femme, certaines violences justifiées par la tradition", a soutenu Mme Wognon, relevant toutefois que la question du genre est parfois mal cernée et est devenue cause d`instabilité des couples avec, en première ligne, les enfants qui subissent toutes les conséquences de cette modernité.
Selon cette sociologue, parfois, certaines activités ou professions embrassées par des femmes épanouies font qu`elles ne sont plus fréquentes à la maison pour des obligations importantes, alors que l`homme togolais d`aujoud`hui ne remplace pas encore valablement la femme à la maison.
Elle observe que cela est source d`instabilité dans bien de foyers et aussi de divorces avec toutes les conséquences sur les enfants qui sont, dans des cas, laissés à une éducation approximative donnée par des domestiques.
"Le regret c`est que le genre n`est pas bien cerné et, dans l`application, il y a des femmes qui dérivent avec des influences sur la formation de l`individu des enfants", a dit la sociologue, spécialisée en questions genre et développement.
De son côté, la sociologue Léocadie Gbénahin estime que, de nos jours, la tradition tend à être considérée globalement comme un superflu vis-à-vis de la modernité.
"C`est regrettable, parce que tout n`est pas négatif dans la tradition", a noté Mme Gbénahin, ajoutant que les enfants sont, dans ces situations, embarrassés et ne discernent pas ce qu`il faut puisser de la tradition pour le compléter avec la modernité.

par Koffi TOVOTOR et LI Benzhong

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