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Politique Publié le samedi 9 janvier 2010 | L’expression

Post-scriptum : Laïcité de l’Etat

Face aux religieux jeudi au palais présidentiel, Laurent Gbagbo a exhorté les hommes de Dieu à rester en dehors des batailles politiques. « En ces périodes de campagne électorale, il est bon que vous gardiez la sérénité et le calme et de ne pas vous jeter dans les batailles politiciennes, dans les campagnes électorales, pour que vous puissiez être le dernier recours pédagogique et moral », a-t-il lâché.
Face à une telle assertion, une question taraude l’esprit. Dans quelle mosquée, église, temple, ou tout autre lieu de prière, on s’adonne à la campagne électorale en lieu et place de l’invocation de Dieu ? Autrement formulé, qui sont les hommes politiques qui parcourent les lieux de prières pour exposer leur programme de gouvernement et charmer les hommes de Dieu ?
Une jurisprudence existe. Le 17 décembre à Vavoua, le député de Sirasso, Dagnogo Drissa, parlant au nom du Dnc, Malick Coulibaly, a déclaré : « En étant candidat, le président Gbagbo se confie à vous les imams et demande vos bénédictions car vous êtes proches de Dieu. Il a besoin des musulmans et des musulmanes ». Le jour même de la Tabaski, le 27 novembre, le directeur de campagne de Gbagbo était à Korhogo où il voulait distribuer des millions de francs aux guides spirituels à la place même de la célébration de la grande prière, n’eut été l’opposition conduite par le maire Amadou Gon Coulibaly. Revenant sur l’incident de Korhogo, Voho Sahi a animé une conférence de presse, le 8 décembre, au Qg de campagne du candidat Lmp où il a affirmé sans sourciller que Malick Coulibaly était à la prière pour porter un message du président Gbagbo à la communauté musulmane. Quel message du président à la mosquée, serait-on tenté de se demander ? Bref, Malick est en croisade sur les lieux de culte. Le vendredi 1er janvier, accompagné de ses plus proches collaborateurs, il était à la mosquée d’Attécoubé pour solliciter des prières l’Imam Bakary Chérif pour l’élection de Gbagbo.
Simone Ehivet Gbagbo, de son côté, n’est pas en marge de ce mouvement vers les religieux. Elle était, le mercredi 30 décembre à Yamoussoukro, avec les membres de l'organisation chrétienne Campus pour Christ international. A cette rencontre, la First Lady a soutenu que même en étant chrétien, l'on peut faire de la politique. Pour la Première Dame, « la religion et la politique ne sont aucunement antinomiques ». Ainsi donc, elle parcourt les lieux de cultes. Dans la semaine du 7 au 13 décembre, elle a fait le tour des temples et certaines mosquées d’Abobo. Le 11 décembre, par exemple, elle était à la mosquée Siaka Koné et à l’Église des Assemblées de Dieu du quartier Kennedy. Le 13 décembre, elle était en compagnie des Catholiques de Saint François Xavier d’Abobo Sos.
Face à ces manœuvres politiciennes dans les lieux de culte, le 21 décembre, Cheikh Aboubacar Fofana a fait une mise en garde à ses coreligionnaires : « l’imam ne doit pas faire campagne pour une chapelle politique. Il ne doit pas prêcher dans ses sermons pour le choix d’un candidat. Que les politiciens s’éloignent des mosquées ». Hélas ! On pourrait dire que le mal est déjà fait et que le ver est dans le fruit. Les milliers de cartons de sucre lors du ramadan et les centaines de prises en charge pour le pèlerinage à la Mecque qui sont distribués dans les mosquées par l’homme 100% candidat et 100% président font partie du mercantilisme politique pour conquérir les religieux. Pour dépolitiser les lieux de prières, Laurent Gbagbo devrait commencer par arrêter d’y envoyer ses émissaires. Il n’y a pas de message particulier pour les musulmans ou les chrétiens, surtout pas sur les lieux de culte. Les messages à la Nation qui passent à la télé, c’est pour tous les Ivoiriens. Sans exclusive.
Traoré M. Ahmed
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