Le Gabon, l’Afrique et le monde pleurent depuis le 8 juin 2009, la disparition d’un sage pour qui « la finalité de l`action politique c`est l`homme, le bonheur de l`homme » et qui ne s’est pas seulement contenté d’en faire une profession de foi, mais dont toute la vie en est une illustration. Une quarantaine de chefs d`Etat africains ou leurs représentants lui ont rendu les derniers hommages le 16 juin 2009 à Libreville.
Président du Gabon, El Hadj Omar Bongo Ondimba est un citoyen d’Afrique, du monde. En tant que président gabonais, il s’est très tôt engagé dans la construction d`un État moderne, inaugurant de grands chantiers. Objectif : équiper le Gabon d`infrastructures d’envergure internationale.
Le Transgabonais, une liaison ferroviaire d’un demi-millier de km, est le fruit de cet engagement. Ce chemin de fer, symbole l’union des populations du pays, désenclave les zones agricoles et minières et facilite leur acheminement vers les points de transformation et d’exportation. Ensuite, en 1988 un grand port minéralier surgit à Owendo pour favoriser l`exportation des produits miniers, le manganèse notamment.
Centrales électriques de King Uélé en1973, de Tchimbellé en 1980, le Gabon a su profiter de ses ressources hydrographiques. Une politique qui a permis au pays de relever le défi de l’indépendance énergétique.
Port en eau profonde de Santa Clara, chantier de l’aéroport international de Malibé 2, construction d’hôpitaux, d’établissements scolaires dans toutes les régions du pays, agriculture innovante, dynamique, construction du complexe d’Hévéagab, autant de réalisations qui font la fierté du Gabon.
En 2002, le Gabon s’est doté d’une connexion haut-débit avec l`Europe et plusieurs pays d`Afrique, grâce à la modernisation des télécommunications par le truchement du réseau Equasat. Les grandes réformes économiques efficaces (réduction des dépenses publiques, diversification des ressources financières…) ont permis au Gabon de positiver les turbulences économiques des années 1970-1980. L’environnement économique, institutionnel, politique et social assaini, de nombreuses opportunités attirent les investissements dans les secteurs des mines, de l’habitat, avec à terme des retombées positives pour la résorption du chômage et la lutte contre la pauvreté.
Le Pacte national de solidarité et de développement a mis au premier rang de ses priorités la santé et l’éducation, faisant du Gabon l`un de pays africains affichant le niveau de scolarisation le plus élevé, avec des universités formant des cadres de haut niveau.
Le Président Bongo a doté le Gabon d`institutions solides, en associant tous les citoyens, en même temps qu’il a jeté les bases d’une vie en communauté sans frictions, basée sur le dialogue. Ce n’est pas le fait d’un hasard si le Gabon fait figure de havre de paix, dans une région essaimée de guerres, de conflits ethniques, de violences, de coups d’Etat, etc.
Chez Omar Bongo, cohabitaient convictions politiques et religieuses. Une foi en Dieu doublée d’une foi en l’homme. Ne résumait-il pas lui-même sa mission en une phrase : « La finalité de l`action politique c`est l`homme, le bonheur de l`homme » ?
Leader d’expérience, d’exception, sage africain écouté par tous, personnage incontournable, au franc-parler légendaire, citoyen du monde, toutes ces qualités faisaient d’El Hadj Omar Bongo Ondimba un médiateur né, dans les guerres et autres conflits sur le continent. Au sein des organisations telles que la Communauté économique et monétaire d`Afrique Centrale (Cemac), l`ONU, l`Union Africaine, il jouit d’une grande audience.
Encadré L’homme des records
Celui qui en 1973 était devenu El Hadj Omar Bongo Ondimba, était né en 1935, benjamin d’une fratrie de neuf enfants. Fils de chef du village, il avait connu une enfance marquée par le respect de la tradition et de la sagesse africaine avant de rejoindre son oncle à Brazzaville au Congo voisin, où il avait fréquenté l’école officielle de Bacongo, puis le Lycée technique de Brazzaville.
Alors que sa conscience politique s’éveillait, il s’était impliqué dans les mouvements syndicaux et de lutte pour l’indépendance. Ce qui lui attirait les foudres de l`administration territoriale mais aussi l’intérêt du Président Léon Mba.
Quelques mois après l’indépendance du Gabon le 17 Août 1960, Omar Bongo Ondimba, qui avait 25 ans, alors lieutenant de l’Armée de l’air, était libéré de ses contraintes militaires.
En 1962, après un passage au ministère des Affaires étrangères, il était devenu directeur de cabinet adjoint du Président Léon Mba, puis directeur de cabinet la même année. Sa capacité de travail, son audace et sa loyauté faisaient de lui le bras droit du Président Léon Mba.
Elu vice-président de la République, il succéda à Léon M`Ba (dont il était le colistier), à l’âge 32 ans. Il était alors le plus jeune chef d`Etat du monde.
Le 12 mars 1968, le Président Bongo créa le Parti démocratique gabonais (PDG), synonyme d’union sacrée, auquel les Gabonais adhérèrent massivement.
Le Président Bongo avait été élu par le peuple gabonais lors des élections anticipées le 25 février 1973, puis réélu en 1979 puis en 1987. En 1990, Omar Bongo Ondimba décida de faire entrer le Gabon dans l’ère du multipartisme, par le biais d’une conférence nationale.
El Hadj Omar Bongo Ondimba avait été réélu en 1998 puis en 2005, avant de décéder en cours de mandat le 8 juin 2007 en Espagne. Tirant sa révérence le 8 juin après 42 ans au pouvoir, celui qui à sa prise de fonction était le plus jeune chef de l’Etat au monde, s’en était sorti comme le doyen de ses pairs africains.
Président du Gabon, El Hadj Omar Bongo Ondimba est un citoyen d’Afrique, du monde. En tant que président gabonais, il s’est très tôt engagé dans la construction d`un État moderne, inaugurant de grands chantiers. Objectif : équiper le Gabon d`infrastructures d’envergure internationale.
Le Transgabonais, une liaison ferroviaire d’un demi-millier de km, est le fruit de cet engagement. Ce chemin de fer, symbole l’union des populations du pays, désenclave les zones agricoles et minières et facilite leur acheminement vers les points de transformation et d’exportation. Ensuite, en 1988 un grand port minéralier surgit à Owendo pour favoriser l`exportation des produits miniers, le manganèse notamment.
Centrales électriques de King Uélé en1973, de Tchimbellé en 1980, le Gabon a su profiter de ses ressources hydrographiques. Une politique qui a permis au pays de relever le défi de l’indépendance énergétique.
Port en eau profonde de Santa Clara, chantier de l’aéroport international de Malibé 2, construction d’hôpitaux, d’établissements scolaires dans toutes les régions du pays, agriculture innovante, dynamique, construction du complexe d’Hévéagab, autant de réalisations qui font la fierté du Gabon.
En 2002, le Gabon s’est doté d’une connexion haut-débit avec l`Europe et plusieurs pays d`Afrique, grâce à la modernisation des télécommunications par le truchement du réseau Equasat. Les grandes réformes économiques efficaces (réduction des dépenses publiques, diversification des ressources financières…) ont permis au Gabon de positiver les turbulences économiques des années 1970-1980. L’environnement économique, institutionnel, politique et social assaini, de nombreuses opportunités attirent les investissements dans les secteurs des mines, de l’habitat, avec à terme des retombées positives pour la résorption du chômage et la lutte contre la pauvreté.
Le Pacte national de solidarité et de développement a mis au premier rang de ses priorités la santé et l’éducation, faisant du Gabon l`un de pays africains affichant le niveau de scolarisation le plus élevé, avec des universités formant des cadres de haut niveau.
Le Président Bongo a doté le Gabon d`institutions solides, en associant tous les citoyens, en même temps qu’il a jeté les bases d’une vie en communauté sans frictions, basée sur le dialogue. Ce n’est pas le fait d’un hasard si le Gabon fait figure de havre de paix, dans une région essaimée de guerres, de conflits ethniques, de violences, de coups d’Etat, etc.
Chez Omar Bongo, cohabitaient convictions politiques et religieuses. Une foi en Dieu doublée d’une foi en l’homme. Ne résumait-il pas lui-même sa mission en une phrase : « La finalité de l`action politique c`est l`homme, le bonheur de l`homme » ?
Leader d’expérience, d’exception, sage africain écouté par tous, personnage incontournable, au franc-parler légendaire, citoyen du monde, toutes ces qualités faisaient d’El Hadj Omar Bongo Ondimba un médiateur né, dans les guerres et autres conflits sur le continent. Au sein des organisations telles que la Communauté économique et monétaire d`Afrique Centrale (Cemac), l`ONU, l`Union Africaine, il jouit d’une grande audience.
Encadré L’homme des records
Celui qui en 1973 était devenu El Hadj Omar Bongo Ondimba, était né en 1935, benjamin d’une fratrie de neuf enfants. Fils de chef du village, il avait connu une enfance marquée par le respect de la tradition et de la sagesse africaine avant de rejoindre son oncle à Brazzaville au Congo voisin, où il avait fréquenté l’école officielle de Bacongo, puis le Lycée technique de Brazzaville.
Alors que sa conscience politique s’éveillait, il s’était impliqué dans les mouvements syndicaux et de lutte pour l’indépendance. Ce qui lui attirait les foudres de l`administration territoriale mais aussi l’intérêt du Président Léon Mba.
Quelques mois après l’indépendance du Gabon le 17 Août 1960, Omar Bongo Ondimba, qui avait 25 ans, alors lieutenant de l’Armée de l’air, était libéré de ses contraintes militaires.
En 1962, après un passage au ministère des Affaires étrangères, il était devenu directeur de cabinet adjoint du Président Léon Mba, puis directeur de cabinet la même année. Sa capacité de travail, son audace et sa loyauté faisaient de lui le bras droit du Président Léon Mba.
Elu vice-président de la République, il succéda à Léon M`Ba (dont il était le colistier), à l’âge 32 ans. Il était alors le plus jeune chef d`Etat du monde.
Le 12 mars 1968, le Président Bongo créa le Parti démocratique gabonais (PDG), synonyme d’union sacrée, auquel les Gabonais adhérèrent massivement.
Le Président Bongo avait été élu par le peuple gabonais lors des élections anticipées le 25 février 1973, puis réélu en 1979 puis en 1987. En 1990, Omar Bongo Ondimba décida de faire entrer le Gabon dans l’ère du multipartisme, par le biais d’une conférence nationale.
El Hadj Omar Bongo Ondimba avait été réélu en 1998 puis en 2005, avant de décéder en cours de mandat le 8 juin 2007 en Espagne. Tirant sa révérence le 8 juin après 42 ans au pouvoir, celui qui à sa prise de fonction était le plus jeune chef de l’Etat au monde, s’en était sorti comme le doyen de ses pairs africains.
