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Économie Publié le lundi 29 mars 2010 | L’expression

Corridor Abidjan-Lagos : La Banque mondiale accorde plus de 111 milliards Fcfa

La Banque mondiale a accordé 111,425 milliards Fcfa pour moderniser les infrastructures de transport et de douanes le long du Corridor Abidjan-Lagos

Le potentiel pour le corridor Abidjan-Lagos de devenir un catalyseur pour la croissance économique et l`intégration régionale en Afrique de l’Ouest est bien connu. Ce corridor constitue, en effet, le trafic le plus élevé en Afrique occidentale et centrale, comptant jusqu`à 10.000 personnes et plusieurs milliers de véhicules qui franchissent les frontières chaque jour. Et les gouvernements des cinq pays aspirent à tout mettre en œuvre pour exploiter un tel potentiel en vue d’un meilleur développement socio-économique de la sous-région. La Banque mondiale entend répondre à ce souhait à travers un nouveau Programme de facilitation du commerce et du transport le long du corridor Abidjan-Lagos (Pfctal). Dans le cadre de ce programme, qui vise à réduire les barrières commerciales et de transport dans les ports et sur les routes le long du corridor, le conseil d’administration de la Banque mondiale (BM) a approuvé, mardi 23 mars, un montant total de 228 millions de dollars, soit près de 111,425 milliards Fcfa. Ce, afin de soutenir la mise en œuvre de la première phase du Pfctal. Ainsi, grâce à cet appui, l’axe principal de transport qui s’étend le long de la côte ouest-africaine et qui relie Abidjan à Lagos, de même que les postes de douane et d`immigration et les systèmes de transport tout au long de ce corridor seront remis en état. Cette opération régionale contribuera donc à améliorer la circulation des personnes et des biens. Elle va donc aider à faciliter les échanges commerciaux entre les cinq pays situés le long du corridor, notamment : la Côte d`Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Nigeria. Le corridor Abidjan-Lagos, long de 998,8 km, relie quelques unes des capitales les plus grandes et économiquement dynamiques en Afrique (Abidjan, Accra, Lomé, Cotonou et Lagos) et dessert une population de plus de 35 millions d’habitants. Le programme sera exécuté en deux phases. La première phase, pour laquelle un montant de 111, 425 milliards Fcfa a été débloqué, couvre le Ghana, le Togo et le Bénin, tandis que la deuxième phase, dont le coût est estimé à 89,5 millions de dollars, soit 43, 739 milliards Fcfa, va couvrir la Côte d`Ivoire et le Nigeria. «Le nouveau programme va contribuer à mettre en place des systèmes de commerce et de transport beaucoup plus efficaces, et à mettre en application et harmoniser les réglementations dans la sous-région», selon Anca C. Dumitrescu, spécialiste principale des transports et responsable du programme à la BM. Pour cela, ajoute-t-elle, «un ensemble de réformes douanières et des frontières sera mis en œuvre le long du corridor. Les résultats de ces actions seront mesurés et suivis de près pour faire en sorte que les principaux obstacles qui entravent la véritable et authentique intégration régionale soient réduits au minimum». Cinq principaux indicateurs de performance ont été retenus pour mesurer le succès de ce nouveau programme qui sont les suivants. Il s’agit notamment du temps passé dans les ports pour sortir les marchandises, le temps de passage aux frontières, le nombre de barrages routiers, le pourcentage de routes en bon état et le pourcentage de transporteurs familiers avec les moyens de prévention du Vih/Sida. Le projet inclut 5 composantes, à savoir: la facilitation des échanges commerciaux, l’amélioration des infrastructures routières, la gestion et la coordination du projet, les programmes de lutte contre le VIH/Sida, ainsi que le suivi de la performance du corridor. Quant au Directeur sectoriel des transports par intérim à la BM pour l’Afrique, Richard Scobey, il a indiqué que le «succès du programme va permettre le passage à l’échelle des résultats aux niveaux national et régional par la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Cette approche du ‘‘corridor’’ est proposée en reconnaissance des difficultés rencontrées dans la mise en vigueur des réglementations et des règles de la communauté, a-t-il précisé. L’amélioration de l`efficacité du Corridor Abidjan-Lagos pourrait donc avoir une incidence positive sur les exportations ainsi que les importations dans la sous-région. L’augmentation du volume des importations serait bénéfique pour les consommateurs locaux (y compris les entreprises locales qui dépendent des intrants venant de l`étranger), si on augmente les excédents de consommation. Et l’augmentation du volume des exportations serait bénéfique pour les producteurs locaux si l’on ouvre les opportunités de marché, précise un communiqué de la banque.

Nimatoulaye Ba
Source Banque mondiale

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