Le ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, est accusé de népotisme et de corruption avérée dans les concours d’entrée à l’école nationale de police. Ces graves accusations portées par le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly font l’objet d’une enquête judiciaire de la part du procureur de la République, Raymond Tchimou sur saisine du Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Cette affaire qui défraie aujourd’hui la chronique, après la sortie du numéro 2 du régime Fpi, a en réalité une origine. Elle proviendrait àdu conflit Désiré Tagro-Bohoun Bouabré. Ces deux ministres de la République et cadres du Fpi se sont livré une guerre de leadership à un moment donné dans leur région. De quoi s’agit-il ? Bohoun Bouabré, ministre d’Etat du Plan et du Développement, est par ailleurs, directeur de campagne du candidat Laurent Gbagbo à Issia et le ministre Tagro, directeur de campagne adjoint chargé des allogènes dans la même région. L’émergence politique de Tagro a été favorisée par le ministre Bohoun Bouabré qui, étant pressenti à la tête de la BCEAO a commencé à positionner son jeune frère. Malheureusement pour lui, il n’a pu être retenu pour être gouverneur de cette institution bancaire. Comme si cela ne suffisait pas, sa côte au niveau politique a commencé à baisser au profit du ministre Désiré Tagro qui avait commencé à avoir les dents longues. L’ambition ayant aiguisé son appétit. Chose qui, aux dires des populations va faire naître un conflit entre ces deux hommes. Désiré Tagro pris de colère n’aurait pas manqué d’injurier publiquement son aîné, Bohoun Bouabré, l’accusant d’avoir rapporté au Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo qu’il faisait rentrer ses parents paysans à la police. Plusieurs tentatives de réconciliation des deux hommes n’ont rien donné. Ils ont continué à se regarder en chien de faïence. Curieusement, quelques années plus tard, les accusations qui avaient été portées contre le ministre Tagro reviennent. Automatiquement le rapprochement est fait entre cette affaire et le ministre Bohoun Bouabré. La raison, c’est que le ministre Bohoun et le président de l’Assemblée nationale étant très proches, pour des partisans de Tagro, il n’y a aucun doute que c’est Bohoun qui est à la base de ces accusations contre son frère ennemi. Car, il serait le premier à avoir évoqué ce problème. Une chose qui pour eux, a sans doute attiré l’attention du président de l’Assemblée nationale qui peut-être, a mené des investigations qui lui permettent de porter haut et fort ces accusations. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la dénonciation de népotisme dans les concours d’entrée à l’école nationale de police, Mamadou Koulibaly n’en est pas le précurseur.
Lance Touré
lancetoure2006@yahoo.fr
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