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Politique Publié le samedi 18 septembre 2010 | Le Patriote

Interview / Hamed Bakayoko (Rdr) aux Refondateurs : “Pardonnez, ne perturbez pas les élections du 31 octobre”

L’ancien ministre des Ntic, Hamed Bakayoko, celui que ses fans appellent ‘’Golden Boy’’, est convaincu que seules les élections, permettront à la Côte d’Ivoire, de retrouver sa crédibilité. Pour lui, il faut Alassane Ouattara à la tête du pays. Dans l’interview qu’il nous a accordée, il demande au camp présidentiel de s’abstenir de troubler le scrutin du 31 octobre. Sa rencontre avec le chef de l’Etat, ses relations avec le commandant Wattao, l’invitation de Blé Goudé…le Directeur central de campagne du candidat du Rdr, chargé de la jeunesse, de la promotion et du monde artistique, en parle.

Question : Quel est exactement le contenu de votre mission en tant que chargé de la mobilisation des jeunes et de la promotion du monde artistique dans la campagne du candidat Alassane Ouattara ?

Hamed Bakayoko : Ma mission est précisée dans l’énoncé de mes charges. Je dois mobiliser les jeunes en faveur du président Alassane Ouattara. Ensuite, je dois gérer toutes les questions de production de tee-shirt, des affiches, de support du programme de gouvernement, de support papier, audio-visuel, tout ce qui attrait avec les éléments de communication de la campagne, qui vont mettre en exergue le message du candidat. Enfin, je m’occupe du monde artistique. C’est-à-dire que je suis en relation avec tous les artistes qui font de la musique, du théâtre, etc. En dehors de cela, je supervise les régions du Worodougou, du Bafing, du Denguélé et du centre-ouest, c’est-à-dire Gagnoa, Daloa, Issia, Lakota, Divo et Oumé. Les missions de supervision, sont des missions de coordination des activités des responsables locaux. C’est une mission d’accompagnement. Ce n’est pas un rôle d’acteur sur le terrain, directement.

Q : Vous avez parlé du monde artistique. Le président du Rdr était aujourd’hui (avant-hier, Ndlr) à Yopougon. On a aperçu le chanteur Billy Billy à ses côtés, qui présentait la misère des populations. Doit-on comprendre que c’est l’œuvre d’Hamed Bakayoko?

HB : Il ne faut pas ramener cela à une personne. C’est toute une équipe qui travaille. Et puis, les choses se font naturellement. Je pense qu’aujourd’hui, il y a un mouvement. La campagne du président Ouattara dépasse les considérations de campagne traditionnelle. On sent qu’il y a un vent de changement qui caractérise sa campagne. Chacun a envie d’y apporter du sien, de donner le meilleur de lui-même dans son compartiment.

Q : Vous évoquiez tantôt un certain nombre d’éléments matériels qui entrent dans la campagne de votre candidat. Ces éléments sont-ils réunis pour la fluidité et le succès de la campagne d’Ado ?

HB : Bien sûr ! Nous sommes optimistes. Nous avons, je pense, la campagne la plus dynamique. Tout le monde le constate. C’est une campagne qui est méthodique, structurée et qui est soutenue par une grosse machine organisationnelle. On sent une écriture de la campagne. Nous avons anticipé sur tout. On est prêt à faire face à toutes les demandes dans tous les compartiments dans cette période de précampagne. Je n’en dirai pas plus parce que jusqu’à présent, les autres ne font que nous copier. Les Ivoiriens auront, au moment opportun, l’occasion de découvrir notre batterie.

Q : Vous gérez la jeunesse au niveau de la campagne d’Ado. Selon-vous, quelles sont aujourd’hui les attentes de cette jeunesse, par rapport aux candidats à la présidentielle ?

HB : La première attente de la jeunesse, c’est l’emploi. Le premier problème des jeunes, c’est le chômage. Quand les jeunes ne travaillent pas, cela veut dire qu’ils n’ont pas de ressources pour faire face à des charges minimales. Ils doivent payer leur loyer à la fin du mois, ils ont des enfants, ils doivent nourrir une famille, soutenir leurs parents qui sont souvent à la retraite. La relation entre le candidat et la jeunesse, est donc basée aujourd’hui, sur la question de l’emploi. Il y a aussi la formation et la santé. Nous savons dans quelles conditions, ces jeunes vont à l’école aujourd’hui. Ces conditions n’ont rien à avoir avec celles déjà difficiles que nous autres avons connues. Les soins de santé primaire, sont devenus une angoisse comme la fin du mois, est une angoisse. Il faut donc arriver à inverser la tendance et faire en sorte que les gens appréhendent la fin du mois avec sourire. Pour que cela soit, cela suppose qu’on a un salaire pour régler les charges. Mais encore, faut-il que ce salaire soit suffisant face aux charges qui sont exponentielles.

Q ; Que propose concrètement votre candidat, Alassane Ouattara ?

HB : Le président Ouattara l’a démontré. Il y a un investissement important de plus de 600 milliards de Fcfa pour créer des emplois pour la jeunesse. Mais au-delà, pour que l’emploi reparte, notre pays a besoin qu’il y ait des investissements. Personne n’investit dans un pays quand il n’a pas confiance en la sécurité dans le pays et aux dirigeants de ce pays. Mr Ouattara est doté d’une crédibilité nationale et internationale, spécifiquement pour les questions de bonne gouvernance.

Ce que je vais dire est très sérieux : Dès qu’on dira sur les chaînes de radio, dans les agences de communication dans le monde, que le président de la Côte d’Ivoire s’appelle Alassane Dramane Ouattara, et que c’est l’ancien Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), l’ex-Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi), la notation économique et financière de la Côte d’Ivoire, va basculer. Aujourd’hui, l’argent ne s’obtient pas par le bon vouloir de quelqu’un ou parce qu’on veut lui faire plaisir. Il a des agences de notation qui évaluent les pays. Lorsque quelqu’un a 1ou 10 milliards à Singapour, en Inde ou à Paris, et qu’il veut investir en Afrique, il tient compte des notations. Et quand votre pays est mal noté parce qu’on dit qu’il y a des problèmes de sécurité, de démocratie ou de mal gouvernance, il s’abstient de venir dans ce pays. Ce sont donc des opportunités d’investissement que vous perdez. Quand on va apprendre que ce monsieur (Ado ; Ndlr) qui a cette crédibilité, est à la tête du pays, cela va susciter un intérêt certain chez les investisseurs. L’investisseur quand il vient, il crée une usine, il emploie 50, 100 personnes en fonction de sa taille. Ces 100 personnes ont un pouvoir d’achat qu’elles peuvent investir dans leur région. Donc, elles font tourner l’économie. C’est de cette façon qu’on peut booster l’emploi. Ensuite, le président Ouattara va optimiser la bonne gouvernance dans le pays. Cela va permettre de mieux diriger l’argent, la richesse du pays vers des secteurs productifs, et donc de fournir des emplois aux jeunes. Avec le scandale de la filière café-cacao, certains parlent de 200 milliards et d’autres, de 600 milliards de Fcfa de perte. Les gens ne réalisent pas ce que cela représente comme manque à gagner pour le pays, pour l’emploi, pour la croissance. Alors qu’avec la bonne gouvernance, on aurait pu exploiter au mieux ces fonds, en construisant des écoles, des hôpitaux qui allaient fournir des marchés aux entreprises locales ivoiriennes qui elles-mêmes, allaient embaucher des jeunes.

Q : Les adversaires de votre candidat soutiennent qu’Ado fait de grosses promesses irréalistes et irréalisables ? Que leur répondez-vous ?

HB : C’est comme cela que le monde est fait. Si vous demandez à un dentiste comment il fait pour soigner une dent alors que vous n’y comprenez rien, c’est un casse-tête chinois. Ouattara, c’est son métier, c’est son travail. C’est ce qu’il a appris à l’école, qu’il a expérimenté pendant toute sa vie. C'est-à-dire, redresser les pays en difficulté, redresser les économies qui souffrent.

Souvent, c’est tellement évident pour lui, qu’on a l’impression qu’il y a un écart entre sa vision et le niveau du commun des mortels. Je vous donne un exemple simple. Vous prenez quelqu’un qui a été pendant 20 ans, directeur de service crédit dans une banque commerciale.

Tous les matins, il a apprécié, analysé les dossiers de crédit qu’il a validés ou rejetés. 20 ans après, lui-même est à la tête d’une entreprise et doit demander un crédit. Il est clair qu’il sait comment préparer le dossier, à qui l’adresser et quand. Il sait tout le lobbying qu’il faut faire pour que le dossier passe. Ouattara sait, dans les différents compartiments de la vie économique d’un Etat, qu’est-ce qu’il peut optimiser avec la Fao, le Pnud, qu’est-ce qu’il peut obtenir dans les relations bilatérales, dans les Institutions telles que le Fonds monétaire international (Fmi) et la Banque mondiale. Ouattara va mettre ce pays en chantier, au travail, faire des évaluations avec des gens qui vont regarder point par point où on en est.

Aujourd’hui, tout le monde sait que la Côte d’Ivoire a un faible taux de captation non seulement de l’aide mais de niveau de financement des agences de développement multilatérales. C’est une réalité, Ouattara c’est son métier. Il l’a toujours fait, il l’a fait pour la Côte d’Ivoire, il l’a fait pour d’autres pays. Il a été le concepteur de grandes théories qui gouvernent aujourd’hui notre relation avec les grandes Institutions comme le Ppte (Pays pauvres très endettés). Les gens ne réalisent pas que quand Ouattara parle, il sait de quoi il parle. Ce qu’il nous faut, c’est de bien gérer. Si on gère bien, on a des crédits. Si on a la crédibilité, on va déclencher un système de financement à l’intérieur. Aujourd’hui, tenez-vous bien, il y a des Ivoiriens qui préfèrent garder leur argent en France ou aux Etats-Unis parce qu’ils n’ont pas confiance au système. Il faut donc recréer la confiance par la bonne gouvernance dans tous les sens. Quand vous avez un budget de 2.000 milliards, vous avez une capacité de mobilisation financière qui est d’un certain ratio qu’il connaît.

Il faut que les Ivoiriens soient sereins, il faut qu’ils croient en la capacité d’Alassane Ouattara.

Tout ce qu’il dit, ce ne sont pas des paroles en l’air. Une anecdote : Nous étions en tournée, dans une localité de Mankono. En aparté, les populations ont demandé à Ado d’annoncer le bitumage d’un tronçon. Il a dit qu’il ne pouvait pas. Parce que ce n’était pas contenu dans la première tranche de son programme. Il aurait pu faire plaisir aux gens en annonçant le bitumage. Mais il a refusé pour ne pas donner de l’illusion aux populations, et ne pas être crédible. M. Ouattara a bâti toute sa vie sur sa crédibilité. Je pense que c’est très important. Le monde attend la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. A la porte de son élection, il y a des milliards. Aujourd’hui, l’argent va au Sénégal, au Ghana, au Burkina, au Mali parce que ces pays ont normalisé leur système de fonctionnement, créé des relations de confiance avec les bailleurs de fonds. Ces pays ont des appuis au budget. Nous, quand on nous donne de l’argent, parce qu’on n’a pas confiance en nous, on nous surveille, on crée des commissions paritaires pour voir ce qu’on en fait sur la base des projets. Soyons réaliste. La Côte d’Ivoire est malade de par son économie. Les gens ont faim, les gens souffrent et ils veulent que ça change. Dieu merci, Ouattara est là, il est candidat.

Q : Pour que M. Ouattara mette tout cela en œuvre, il doit remporter la présidentielle qui est fixée au 31 octobre 2010. Croyez-vous en la tenue de ce scrutin.

HB : Je crois en cette élection, je prie pour cette élection. Je supplie le camp présidentiel, de ne pas perturber les élections du 31 octobre, de ne pas faire un coup aux Ivoiriens. Je leur demande pardon. Notre responsabilité collective est engagée. Les Ivoiriens sont fatigués, le monde entier est fatigué de nos tergiversations. Il faut qu’on aille à ces élections. Il faut relever le défi des élections apaisées, normales. Il faut faire comme dans tous les pays. Les élections ont lieu un dimanche, on commence à 8h, les bureaux sont fermés à 18h, 4 heures après, les premières tendances sont connues, et le lendemain plus tard, on connaît le président qui est élu. Celui qui a perdu félicite celui qui a gagné. Donnons à la face du monde, une Côte d’Ivoire qui peut être grande. Nous en sommes capables. S’il n’y a pas d’élection, le péril est trop grand. Notre crédibilité va être grandement entachée.

Nous allons ouvrir la porte à l’aventure, et il ne le faut pas. Toute la classe politique a sa part de responsabilité. Tous les pays ont fait et refont des élections devant nous. On a aujourd’hui une liste définitive. Qu’est-ce qui peut nous empêcher d’aller aux élections si ce n’est pas de la manipulation de mauvaise foi ? Quand on dit ‘’garçon’’, c’est là qu’on le voit. Il ne faut pas fuir les élections. Il ne faut pas dire dans la bouche, ‘’je veux les élections’’, et puis par derrière, faire du dilatoire, des petits coups tordus, créer des contraintes. Il faut libérer le pays par des élections. Le péril est trop grand s’il n’y a pas d’élection. Le pays sera sous sanction. Beaucoup de leaders politiques, comme récemment Affi N’guessan, seront interdits d’accès dans certains pays. Et on va perdre notre respect. La Côte d’Ivoire est un grand pays. Je demande à nos amis les Refondateurs de ne pas réclamer les élections que par la bouche.

Q : Vous souhaitez des élections apaisées. Mais n’avez-vous pas peur que le discours souvent musclé, des hommes politiques, n’entache le scrutin à venir ? Par ailleurs, le fait que les candidats significatifs proclament chacun, qu’ils vont gagner au premier tour, ne peut-il pas engendrer des dérives à l’issue des élections?

HB : Je pense que c’est normal que chacun ambitionne de gagner au premier tour. La vraie attente, c’est que chacun accepte les résultats. Il ne faut pas le dire dans la bouche et en rester là. Il faut qu’on respecte le vainqueur et que celui-ci respecte à son tour, les vaincus, comme on le voit partout, comme on a vu au Sénégal, le président Diouf qui a téléphoné pour féliciter Wade qui l’a battu, alors que ses partisans s’attendaient à des coups tordus pour confisquer le pouvoir. C’est cela que j’attends du président Gbagbo.

Q : A contrario, si le Rdr venait à perdre les élections, son candidat accepterait-il le verdict des urnes?

HB : Quand vous parlez de perdre les élections, vous voulez dire que les Ivoiriens n’ont pas envie de changer, que les Ivoiriens dans leur état actuel peuvent accepter le statut quo. Est-ce possible que les Ivoiriens acceptent de rester dans ‘’ça’’ ? Je n’imagine même pas comment les Ivoiriens dans leur majorité, peuvent accepter de rester dans cette situation. Ils veulent que les choses changent. Evidemment, si nous sommes battus à la loyale, nous allons respecter le verdict des urnes. Ce n’est pas une fatalité. Mais je puis vous dire, pour que les choses ne changent pas, cela voudrait dire que la majorité des Ivoiriens, est à l’aise, qu’elle contente de la situation. Il faut être en dehors de la Côte d’Ivoire dans les laboratoires de Sofres pour y penser.

Q : Vous avez été reçu, on s’en souvient, par le chef de l’Etat à la veille de la marche avortée des jeunes de l’opposition du 15 mai 2010. Des supputations ont relevé que le chef de l’Etat vous a enjoint de faire annuler la marche au risque de mettre sur la place publique, des casseroles que vous traîneriez. Quelle est votre part de vérité ?

HB : Heureusement que vous parlez de supputations. L’avantage que j’ai, c’est que je fais la politique en Côte d’Ivoire depuis bientôt une vingtaine d’année. Les Ivoiriens me connaissent. Je pense qu’il faut qu’ils apprennent à dépasser certains clichés. Etre adversaire politique, ne signifie pas qu’on est ennemi. Moi, je vois le président Gbagbo souvent. Nous avons des discussions constructives. Elles ont permis souvent de faire avancer les choses. Ça, c’est quelque chose que je veux préserver. Quels que soient les niveaux de contradiction, je pense que nous sommes tous des Ivoiriens. Vous savez, je ne suis pas homme qu’on menace. Ce n’est pas mon style. Les Ivoiriens le savent. Et puis, je ne crois pas qu’un chef d’Etat puisse recevoir un citoyen pour le menacer. Ce que je peux dire, c’est que je suis allé et nous avons parlé effectivement de la marche. Le président m’a fait un plaidoyer pour la non tenue de la marche, le même qu’il a tenu aux président Bédié et Ouattara, en rapport avec les enjeux de la Banque africaine de développement (Bad). Je me souviens de lui avoir dit qu’il est bon qu’il donne des gages sur les élections, sur l’avancée du processus électoral, sur la date des élections, sur la liste électorale. Aujourd’hui, on a la liste, on a la date. A un moment donné, ceux qui ont conseillé de ne pas faire cette marche pour avancer, ont eu raison. C’est vrai qu’à un moment donné, face à ce que nous avons demandé d’obtenir, nous avons bien fait de lever le pied. Nous, nous nous battons pour faire avancer les choses. Beaucoup critiquent dans leur salon. Je suis heureux d’avoir eu cette rencontre. Je suis fier que le dialogue ait été amorcé. Je ne veux pas m’arroger la paternité de ce dialogue.

Mais je peux vous dire qu’à ce rendez-vous, j’ai recommandé au président de rencontrer les présidents Bédié et Ouattara et de donner du sens au dialogue interne, sur des objectifs précis pour arriver aux élections. On a prouvé qu’on n’est pas obligé d’aller forcement à Paris ou à Ouaga pour régler les problèmes. Aujourd’hui, je suis bien content qu’ils (Les membres du Cpc, Ndlr) aillent à Ouaga pour juste dire merci au Facilitateur qui a impulsé ce dialogue. Mais les grandes questions ont été débattues à huis clos entre eux, c’est important.

Q : Vous êtes conseiller du Premier ministre. Quel rôle jouez-vous à ses côtés ?

HB : Le Premier ministre a souhaité après mon départ du Gouvernement, que je puisse l’assister. Je travaille sur les dossiers qu’il me confie. Le dernier dossier que nous avons traité, c’était celui de la liste électorale. J’étais à ses côtés pendant toutes les réunions de préparation de ce grand rendez-vous, pour qu’il fasse avancer les choses. Je pense que le Premier ministre a fait un travail extraordinaire.

Beaucoup de gens se sont mépris sur sa personnalité, sur son ambition. Beaucoup ont pensé qu’il fait tout pour retarder les élections. Aujourd’hui, on voit que ce Premier ministre, à cet âge, est en train de mettre tout le monde d’accord. Il est en train de nous amener vers des élections apaisées. Il faut lui rendre hommage. Les Ivoiriens ne sont pas dupes. Ils voient, ils entendent et ils sauront lui témoigner leur reconnaissance quand il arrivera définitivement à faire des élections apaisées.

Q : Quelles relations vous lient au commandant Wattao des Forces nouvelles ? On vous a aperçu sur une bande vidéo en sa compagnie dans une boîte de nuit. Des Ivoiriens ont déploré le fait que vous ayez gaspillé un pactole sans gêne.

HB : C’était juste à son anniversaire. Mais quand j’ai vu les réactions, je me suis dit, ‘’diantre Wattao n’a-t-il pas droit de fêter un anniversaire ? Mais qui est-il ? N’est-il pas un homme comme nous pour avoir lui aussi droit de célébrer un jour de plus ?’’.

C’est un jeune frère avec qui j’ai des relations, et que je connais bien. Il m’a invité, j’y suis allé avec plaisir et bonheur. S’il m’invite encore demain, j’irai avec bonheur. Il faut arrêter de stigmatiser les gens, de penser qu’il y a une catégorie d’Ivoiriens qui n’ont pas droit à ceci ou cela. Ce monsieur fait son anniversaire dans une petite enceinte à l’hôtel du Golf, il invite des amis avec qui il partage un gâteau, et on en fait toute une histoire. Je pense que Wattao, dans le processus de sortie de crise, a été un acteur important au niveau des questions d’encasernement, de démobilisation et de sensibilisation des militaires à aller à la paix. Il faut le saluer.

Les gens ont fait des extrapolations de ce qu’ils ont vu sur les images. Chacun a son tour. Les Wattao ont passé des moments où ils étaient dans le trou, ils souffraient quand d’autres se célébraient. Moi, j’ai connu des périodes de galère où d’autres se célébraient. Il ne faut pas développer en l’Ivoirien le complexe de l’aisance de l’autre. Je n’ai aucune honte aujourd’hui à rouler dans une grosse cylindrée. Parce que j’ai emprunté le bus ici à Abidjan. Mais quand je le faisais, je voyais des gens dans de grosses voitures. Je n’étais pas jaloux. J’avais envie de me battre pour devenir comme eux. Je prenais le bus N°13, tout le temps bourré, de Koumassi à Adjamé.

Des cylindrées nous dépassaient dans les embouteillages. Donc, si les choses se sont inversées, il ne faut pas que les gens soient méchants. Le corollaire du travail, c’est la réussite qui se matérialise souvent par des signes d’aisance.

Q : Charles Blé Goudé, le Directeur national de campagne adjoint du candidat Laurent Gbagbo, vous a invité récemment, de façon publique, à un débat public à la télévision nationale. Seriez-vous disposé à y répondre ?

HB : Je n’ai pas eu à échanger avec mon jeune frère Blé Goudé sur cette question. Il ne m’a pas appelé pour cela. J’ai lu dans la presse. Blé fait un travail dans son camp, il s’affirme comme quelqu’un qui est représentatif de la jeunesse de son groupement politique. Je note que le débat, c’est un élément positif à la démocratie. Je note donc son souci d’ouverture. Je crois que, d’après ce qu’on nous dit, c’est lui qui la contrôle cette télévision, puisqu’on l’y voit tous les jours. Déjà qu’il s’investisse à ce que la télévision s’ouvre à tous les courants de pensée. Ce sera un élément démocratique. Je suis pour les débats. Mais pour parler bilan à bilan, compartiment à compartiment, un bon interlocuteur à bon interlocuteur. Chez nous, il a des interlocuteurs. C’est vrai que moi je supervise la jeunesse mais ma responsabilité est beaucoup plus large que la seule question de la jeunesse. Chez nous, il y a des personnalités qu’il connaît bien. Il y a le président du Rjr, KaramokoYayoro et le président de la Coalition pour le changement (Cpc), Touré Mamadou qu’il rencontre souvent dans les agoras et autres. Moi je suis disposé. S’il crée les conditions d’une émission télévisée – parce que c’est lui qui est à la tête de la télévision –, à inscrire un de ces jeunes aussi talentueux, pour lui apporter la réplique sur la question spécifique de la jeunesse. Ce n’est pas du mépris à l’endroit de Blé Goudé. Quand il a pris l’initiative de la paix, il ne m’a pas invité. Il a invité Kkb et Yayoro au café de Versailles d’Alpha Blondy. De groupement politique à groupement politique, ce sont les jeunes que j’ai cités qui peuvent faire le débat qu’il souhaite.

Q : Des souvenirs, après sept ans de gouvernement ?

HB : Beaucoup de travail pour inculquer à nos citoyens, ce nouveau concept des Ntic qui paraissaient comme quelque chose d’étrange. Je suis content de mon bilan. On a fait ce qu’on pouvait. Le coût des appels téléphoniques a baissé énormément, les opérateurs se sont investis.

On a misé sur l’organisation de ce ministère. Il y a encore beaucoup à faire et j’espère que ceux qui viennent après nous, pourront relever ce défi.

Q : Pourquoi ce grand amour pour le monde culturel ?

HB : Parce que moi-même j’aime danser. Comme d’autres aiment la musique classique, la lecture, moi j’aime danser. Je considère qu’on ne respecte pas assez les artistes dans notre pays. Dans les pays développés, quand on rencontre un artiste qui est connu, il est riche et bien. Mais chez nous, quand on parle d’artiste connu, il est pauvre et il meurt dans le dénuement. C’est un contraste que je ne comprends pas. Il faut inverser la tendance. Mais c’est la politique dans le pays qui peut impulser ces choses là. Il faut leur donner l’opportunité de vivre de leur art.

L’Etat doit avoir une politique d’accompagnement.
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