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Économie Publié le samedi 5 mai 2012 | L’intelligent d’Abidjan

Echanges commerciaux avec les Etats-Unis / Enjeux du programme MCC : Ce qui fait courir vraiment le gouvernement

© L’intelligent d’Abidjan Par Emma
Activités gouvernementales : Le Premier Ministre Ahoussou Jeannot et ses ministres en séminaire
Le jeudi 03 mai 2012.Abidjan au Palais de la République(Plateau). Les membres du gouvernement avec leur tȇte le Premier Ministre Ahoussou Jeannot se sont reunis en séminaire en vue d`évaluer les actions des différents ministères.
Le gouvernement ivoirien a tenu le jeudi 3 mai 2012 un séminaire, en vue de s’approprier les enjeux du PND (Plan national de développement) et du MCC (Millenium Challenge Corporation).

Spécialement, le Millenium Challenge Corporation (MCC) est un programme financé par le Congrès Américain depuis 2004 pour la promotion d’une croissance économique inclusive et durable, et la réduction de la pauvreté dans les pays bénéficiaires. Mais, pour tirer profit de ce programme américain, les pays-candidats doivent se conformer aux règles de la gouvernance, la libéralisation de l’économie, et investir dans les ressources humaines. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire qui sort d’une crise très aiguë, les enjeux de son éligibilité au programme MCC sont importants parce que ce mécanisme permettra d’engranger des ressources additionnelles pour le financement de projets structurants dont les infrastructures, le développement humain, la gouvernance, le renforcement des capacités (administration et secteur privé). Les pays-candidats au MCC sont soumis à deux types d’instruments d’intervention :

Si le pays-candidat respecte l’ensemble des critères d’éligibilité, il bénéficie du Programme «Compact» qui est un don pouvant aller jusqu’à 350 milliards de FCFA (suivant notamment le PIB du pays bénéficiaire) sur une période de cinq (5) ans.

Le programme « Threshold » est utilisé quand un pays candidat au programme « Compact» n’a pas réalisé l’ensemble des critères requis et qu’il est nécessaire d’améliorer ses performances par rapport à certains indicateurs clés pour y arriver. Le programme « Threshold » peut varier entre six (6) et onze (11) milliards de FCFA et s’étaler sur deux (2) ans. Les pays qui mettent en œuvre avec succès le programme «Threshold» ont toutes les chances d’aboutir au programme «Compact». En plus de ces avantages pécuniaires, la Côte d’Ivoire pourra plus tirer profit de son admission à l’AGOA. Mais pour en bénéficier, l’administration américaine doit s’assurer que la Côte d’Ivoire respecte les critères d’admissibilité. C’est en cela que se résume tout l’intérêt du gouvernement à s’approprier les enjeux. D’où le sens du séminaire gouvernemental qu’a organisé le Premier ministre Ahoussou Jeannot le jeudi dernier, au palais présidentiel. Les enjeux pour la Côte d’Ivoire à être éligible au programme MCC sont multiples.

Sur le plan économique et financier, ce programme permettra à la Côte d’Ivoire, outre le bénéfice de 350 milliards de FCFA de la part du Congrès américain sous la forme d’un don, de créer les conditions d’une croissance économique plus inclusive et durable en vue de la réduction de la pauvreté. Dans le processus d’intégration sous-régionale en cours, l’éligibilité de la Côte d’Ivoire au MCC permettra de conforter sa position de pôle de développement régional en Afrique de l’Ouest, et de rendre plus compétitive l’économie nationale et la destination Côte d’Ivoire plus attrayante.

Le sacrifice à faire pour tirer profit du programme

L’administration américaine est d’accord pour l’éligibilité de la Côte d’Ivoire au programme MCC. Un grand pas a été fait, avec l’éligibilité du pays à l’AGOA depuis le 25 octobre 2011 et son inscription sur la liste des pays-candidats au programme MCC en novembre 2011.

Cependant des efforts restent à faire. Le gouvernement ivoirien doit faire preuve de capacité à relever les défis dans les délais requis pour les indicateurs prioritaires (contrôle de la corruption, création de nouvelles entreprises, implication du genre dans l’économie, accès au crédit, et taux de vaccination). «Il faudra mener un lobbying renforcé au niveau de l’administration et des institutions (Présidence, Primature, ministères, Assemblée Nationale, Conseil Constitutionnel) pour faire passer les textes en urgence (ordonnances, lois, arrêtés et décrets)», indique un spécialiste en négociation dans le cadre du programme MCC. En plus de cela, l’unité «Compact» doit être opérationnelle d’ici juin 2012. Ce qui suppose que le gouvernement doit s’activer à mettre à disposition des ressources financières nécessaires en vue de la mise en œuvre des reformes et actions proposées dans les délais impartis. Le défi majeur pour la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus de l’éligibilité pour le MCC, c’est sa capacité à créer les conditions meilleures d’une croissance durable et inclusive afin de réduire la pauvreté. D’autres défis touchent à l’appropriation des principes du MCC, tels que la bonne gouvernance, la liberté économique et les investissements dans le développement humain, c`est-à-dire faire passer les indicateurs défavorables au vert. A ce jour, sur les vingt (20) indicateurs de performance, la Côte d’Ivoire en a réalisé que cinq (5). Ce qui impose des efforts supplémentaires. A ce jour, en Afrique de l’Ouest, le Ghana, le Benin, le Mali, le Cap Vert et le Sénégal sont les pays qui ont été directement éligibles au programme Compact. Seuls le Ghana et le Benin sont en négociation pour un second programme Compact. Le Burkina a d’abord bénéficié d’un «Threshold» avant d’être éligible au «Compact» ; le Liberia et le Niger ont obtenu des programmes Threshold et les déroulent actuellement. La Côte d’Ivoire est donc attendue pour tirer profit de sa coopération commerciale et économique avec les Etats-Unis. C’est la raison pour laquelle il a été mis en place, au plan national, un programme du comité national MCC (CN-MCC présidé par le Premier ministre Ahoussou Jeannot, avec comme membre des ministres y compris M. Guy M’bengue, représentant de la CGCI, négociateur en chef du MCC.

Honoré Kouassi

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