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Société Publié le mercredi 9 mai 2012 | Le Nouveau Réveil

Affaire "Projet terrains nus aux ex-Fds" : Comment les 27 milliards des ex-Fds ont été dilapidés

Après parution de notre article sur l’affaire du projet des terrains nus à octroyer aux ex-Fds qui oppose Sophia immobilier à la hiérarchie militaire, des proches du Pca de Sophia immobilier ont réagi, pour rapporter d’autres faits, dont voici la substance. L’histoire commence en 1998, M. Touré Ahmed Bouah entame des lotissements dans la zone d’Anyama de 231 propriétaires terriens à leur demande. En 2003, l’assiette foncière lotie est de 772 hectares. Sur ces 772 hectares, 232 ha (soit 30%) sont cédés à Touré Ahmed Bouah, en rémunération de ses actions de lotissement comme convenu dans les protocoles notariés qui le lient aux villageois. L’attribution des villageois est de 540 hectares. En plus de sa première mission de lotissement, les villageois donnent mandat à Touré Ahmed Bouah de vendre les 540 hectares qui leur revenaient. Touré Ahmed rencontre, en 2004, M. Djédjé Louis Durand, DG d’Azuréenne de Promotion et lui confie, par mandat notarié chez Me Nathalie Zouzoua, la vente des 540 hectares des villageois. Le mandat de Djédjé, nous dit-on, lui permet de transformer les attestations villageoises en lettres d’attribution, sans qu’il soit nécessaire d’en payer le prix. En 2005, Djédjé obtient le marché de fournitures de terrains nus aux ex-Fds.

Le marché est conclu pour 27,346 milliards FCFA (prix de vente pour les 540 hectares). Les ex-Fds sont donc prélevés à la source avec pour destination de l’argent récolté, un compte ouvert à cet effet à la Bfa. Ce, pendant 60 mois jusqu’en septembre 2011 et Djédjé en est l’unique signataire exclusif. Mais bien avant la vente, une clé de répartition notariée est établie entre les partenaires. Mais à l’issue de la vente, sur les 27,346 milliards Fcfa de recettes attendues par la vente des 540 ha confiés par mandat à Djédjé Louis Durand par Touré Ahmed Bouah , la Bfa atteste ne disposer que de 5.203.228.428 Fcfa à ce jour mais s’empresse d’indiquer que cette somme a été nantie par Djédjé Louis Durand à hauteur de 4.826.840.279 Fcfa, une façon de dire qu’il n’existe que 376.388.149 Fcfa, comme fonds restants. Touré Ahmed Bouah dont la part dans le projet est 8.700.500.000 FCFA a reçu 508,5 millions FCFA d’acompte de la part de Djédjé. Les villageois dont la part dans le projet est de 5,400 milliards attestent avoir reçu 900.millions Fcfa. Les autres 25.551.111.851 Fcfa sont-ils restés dans les seules mains de Djédjé Louis Durand ? En son temps, le ministre Amani N’Guessan, après un audit confirmant les malversations de Djédjé, pique une colère noire et décide de mettre aux arrêts Djédjé. Mais un ministre influent d’alors s’y est opposé.

Sur avis du président de la République en son temps, Djédjé est retiré du projet par décision ministérielle mais ne sera pas arrêté. Le colonel Djessou Mobio est chargé de finaliser l’aile du projet confié à Djédjé. Nous sommes en septembre 2010, à un mois de l’élection présidentielle. Pendant ce temps, Touré Ahmed Bouah reçoit le quitus des autorités militaires du volet qu’il conduit, et ses 232 ha qui avaient été introduits au projet pour couvrir les souscripteurs retardataires en 2007. Il est aussitôt coopté pour conduire le projet réunifié sous la direction du colonel Djessou Mobio, conseiller technique du ministre Amani N’guessan. Mais en réalité, avant le départ de Djédjé Louis Durand, on n’aura plus trace des 4.826.840.279 Fcfa des 5.203.228.428 FCFA réservés à la purge des propriétaires terriens. Rendant ainsi quasi impossible le paiement de la purge des villageois, à ce jour. Telle est la raison du blocage du projet des ex-fds qui ont pratiquement fini de payer le prix de leurs lots. Après le changement de régime, les nouvelles autorités requièrent à nouveau Touré Ahmed Bouah pour achever le projet. La Primature désigne le colonel major Mian Gaston, directeur de cabinet de Soro, pour accompagner Touré Ahmed Bouah.

Les efforts conjugués sous les auspices du Premier Ministre Soro trouvent un début de solutions avec une bonne porte de sortie permettant même de rentabiliser le projet à hauteur de 7 milliards Fcfa, après la purge des villageois. Il s’agissait de revendre le stock foncier invendu consécutif à la démission de plus de 5.237 souscripteurs évalué à 193 hectares sur les 540 ha. Mais, Touré Ahmed Bouah aurait refusé de partager avec qui de droit. les 7milliards Fcfa de bénéfices attendus… Candidat à la députation à Kolia, Touré Ahmed Bouah aurait aussi refusé de renoncer à sa candidature. Ce double refus aurait-il un rapport avec ses déboires judiciaires. A son retour, il perdra le projet au profit de Djédjé Louis Durand. Convoqué pour une réunion le 20 janvier dernier à l’état-major, il sera simplement mis aux arrêts et conduit à Agban où il demeurera pendant 33 jours avant d’être transféré à la Maca où il croupit pour les délits -officiellement- d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux et de détournement. Pendant ce temps, Djédjé est coopté pour gérer le projet.

Mais des questions demeurent : En quoi l’arrestation de Touré Ahmed Bouah, Pca de Sophia, va-t-elle apporter une solution à cette problématique ? L’Etat va-t-il mettre la main à la poche en fermant les yeux sur le détournement des 25.551.111.851 Fcfa pour payer les 5,400 milliards Fcfa des villageois et les 4,545 milliards FCFA des prestataires de service? En attendant de trouver une solution à cette équation, le projet reste miné et dominé par deux camps qui se regardent en ennemis jurés. Les propriétaires ne jurent que par Touré Ahmed Bouah. C’est d’ailleurs l’un des leurs, du nom d’Affa Dominique, haut fonctionnaire de son état au ministère de l’Intérieur, qui est le directeur Général de Sophia. L’un des signes évidents de cette tension est l’absence de la notabilité, de la chefferie et des propriétaires terriens de la zone du projet à la cérémonie du 5 avril dernier à l’état-major. Un autre signe est l’interdiction par les propriétaires terriens de l’accès du site aux Frci bien que ceux-ci disposent des titres de propriétés. Pourquoi ne pas aller au compromis avec tous les acteurs ?

Eddy PEHE

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