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Afrique Publié le lundi 30 septembre 2013 | L’intelligent d’Abidjan

Après son vote, Alpha Condé rassure les Guinéens à propos du coup d’Etat imminent annoncé: ‘’Vous n’avez pas à craindre ces menaces de déstabilisation, l’Etat prendra ses responsabilités’’

© L’intelligent d’Abidjan Par DR
Alpha Condé, président de la République de Guinée
Les élections législatives en Guinée Conakry se sont déroulées le samedi 28 septembre 2013 dans le calme, en dépit de quelques irrégularités constatées lors du déroulement du scrutin. Une élection qui vient mettre un terme à la situation de transition que vit le pays.

Parti de sa résidence à 11h15 mn le samedi 28 septembre 2013, le Président de la République de Guinée, Pr Alpha Condé est arrivé 6 mn plus tard au centre de vote du collège 1 de Boulbinet, à quelques pas du palais présidentiel. Il a accompli son devoir civique dans le bureau de vote (BV2) où il y avait 737 inscrits. Après son vote, le chef d’Etat guinéen, encadré par de nombreux militaires en armes, tous de sa garde rapprochée, a pris un bain de foule avant de s’adresser à ses compatriotes. Il a rassuré les Guinéens qui redoutent un coup d’Etat, depuis les révélations faites par la presse française le 25 septembre 2013 : «Je demande aux Guinéens de ne rien craindre, tout se passera bien, car la Guinée va aller de l’avant. Ils n’ont pas à craindre toutes ces menaces de déstabilisation. A partir de maintenant, l’Etat exercera ses responsabilités et le pays sera tranquille. Je souhaite que tout se passe bien et que l’expression du peuple guinéen soit respectée».

Un scrutin à la fois uninominal et proportionnel

Après le Président Condé, cap a été mis par notre équipe sur l’EPP Federico Mayor du quartier ‘’Manque pas’’ à Boulbinet dans la commune de Kaloum, où les électeurs avaient envahi les bureaux de vote. Almami Ousmane Camara, président du bureau de vote (BV1) de l’EEP Frederico Mayor a dressé l’état des lieux : « Nous avons ouvert les bureaux de vote à 7h30mn. Tout se passe très bien et les électeurs viennent en grand nombre librement. Il y a deux urnes par bureau de vote, tout simplement parce que nous avons deux scrutins. A savoir l’élection du député uninominal de la commune de Kaloum et l’élection des députés de la liste nationale qui se fait à la proportionnelle. Quand un électeur arrive dans un bureau de vote, il vote deux fois. Dans un premier temps, il choisit entre les candidats de la commune et ensuite il va voter pour le candidat de la liste nationale. Le dépouillement se fait de façon séparée. Après le dépouillement de l’urne de la liste uninominale, on attaque l’urne de la liste nationale qui est la proportionnelle. Les calculs proportionnels vont déterminer les représentants des partis politiques à l’hémicycle». Comme constat, en lieu et place de l’encre indélébile, la CENI a plutôt opté pour des marqueurs indélébiles. Dans cette commune stratégique, le candidat de la Mouvance présidentielle Djibril Gabriel Bangoura dit Lévia, qui fait ses premiers pas en politique et Baidy Aribot (ancien ministre) candidat de l’opposition, se disputent la liste uninominale.

Les militaires votent au même moment et dans les mêmes bureaux de vote que les civils
A la cité de la poste comme un partout en Guinée, militaires et civils se sont bousculés samedi pour aller voter ensemble dans les mêmes bureaux de vote. Il s’agit, selon une source militaire, d’éviter simplement les suspicions dans l’armée. «Cette disposition vise à mettre les militaires à leur aise, afin de ramener la cohésion dans la famille des forces de sécurité. Nous l’avons fait pour qu’on ne dise pas que tel ou tel camp militaire est favorable à tel leader politique», a expliqué un officier de l’armée guinéenne promu par l’actuel chef de l’Etat. Dans le bureau de vote (BV7) ouvert à 8h30mn et présidé par Touré Sitafa au quartier ‘’sans fil’’ à la cité de la poste, le ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques, Diaby Gassama a dit constater un calme dans le déroulement du scrutin. «Je constate un calme et une envie des Guinéens d’en finir avec cette transition. Au niveau des Droits de l’Homme, je souhaite que les choses se passent bien et que les Guinéens passent enfin à d’autres choses et à d’autres enjeux pour faire avancer ce pays-là vers la démocratie et la liberté», a-t-il souhaité.

Des bureaux de vote installés à ciel ouvert sur les trottoirs

Dans plusieurs communes de la ville de Conakry, des bureaux de vote ont été installés par les responsables de la CENI locale en plein air sur les trottoirs, dans des arrêts de bus, dans des garages de mécaniciens auto et dans des maisons inachevées. A Dixinn et à Ratoma, fiefs de l’opposition, le gouverneur de la ville de Conakry, le chef de bataillon Sekou Resco Camara avec son cortège a visité le bureau de vote (BV1), à ciel ouvert, présidé par Kourouma Mamadou. ‘’Depuis le matin, (ndlr : samedi 28 septembre 2013) nous faisons le tour de la ville de Conakry. Nous sommes venus voir si tout se passe bien pour nos citoyens et par la même occasion les rassurer quant à leur sécurité. Nous lançons un appel à tous les citoyens et à tous les bons Guinéens d’accepter d’aller voter parce que cela fait partie de leurs droits. Nous demandons à tous de voter dans le calme et dans la discipline’’, a lancé le gouverneur de Conakry. La CENI a convoyé des torches, des lampes à pétrole et des lampes tempêtes devant servir d’éclairage lors du dépouillement, la nuit venue. Toujours à Ratoma au quartier Koloman secteur Cocobougni, le bureau de vote (BV8) n’a pas été sécurisé. Le président du bureau et ses accesseurs étaient livrés à eux-mêmes et aux fauteurs de troubles. Manque de forces de sécurité et table-bancs. Le vent dictait ses ordres à l’isoloir en carton aux couleurs de la CENI, qui s’écroulait à chaque moment.

On a voté dans le calme samedi

Il y a eu plus de peur que de mal en Guinée, le samedi 28 septembre 2013. Le ciel n’est pas tombé sur la tête des Guinéens qui ont voté avant de se retrancher dans leurs maisons, comme s’ils avaient toujours peur d’une attaque contre les Institutions de la République, malgré les assurances du Président. Le scrutin des législatives s’est, dans l’ensemble, déroulé dans un climat apaisé à la grande satisfaction des responsables de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) qui pensent déjà à un taux de participation de près de 80%. Les résultats provisoires sont attendus demain mardi. Pour ce scrutin qui intervient dans un contexte très tendu, 11 ans après les dernières élections législatives de 2002, ce sont 5 094 644 électeurs qui étaient appelés aux urnes pour désigner 114 députés parmi 1.714 candidats issus des différents partis politiques en lice.

Dosso Villard (Envoyé spécial)
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