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Économie Publié le lundi 13 juillet 2015 | Abidjan.net

M. Konaré Ibrahima, Architecte: “L’architecture du siège d’Ecobank Abidjan tire son essence du patrimoine culturel national”

© Abidjan.net Par Robert KRA
M. Konaré Ibrahima, Architecte
M. Konaré Ibrahima, patron de la société ARCHI 2000 qui a réalisé le projet du siège d’Ecobank à Abidjan s’est confié à Abidjan.net pour en donner les carastériques. Il évoque aussi de façon générale la questions de logements sociaux en Côte d’Ivoire et son engagement pour le métier d’Architecte.

Ecobank a un nouveau siège à Abidjan. Archi 2000 votre entreprise est à la base de cet ouvrage. Quelles en sont les caractéristiques?
C’est vrai que nous sommes architecte de ce projet. Nous avons réalisé pour ce groupe beaucoup de projet, c’est-à-dire le siège principal du groupe à Lomé, plusieurs filiales notamment celles du Bénin, du Mali et d’autres encore. Je pense que le Groupe Ecobank a souhaité se donner une image. Si vous voyez ces projets vous voyez qu’il y a une visibilité sur une partie architecturale qui a été exprimée et qui donne un visuel à la banque, c’est ce qui a été recherché. Mais pour le projet spécifique de la Côte d’Ivoire, comme nous l’avons fait par ailleurs, nous l’avons distingué par une symbolique particulière qui tire son essence du patrimoine culturel national. Nous avons utilisé des éléments forts du tabouret Akan qui marque la terre Akan qui accueille ce projet à Abidjan. Et la référence de l’emblême national qui est l’éléphant. Et vous allez voir que nous avons esquissé la forme de la trompe de l’éléphant sur le bâtiment. Comme le bâtiment fait face à un espace prestigieux qui est la place de la République, tout ceci ensemble permet de dire nous avons quand même réussi à donner une oeuvre d’un caractère quand même distinctif qui magnifie cette place de la République.




Le bâtiment comporte combien d’étages et de bureaux?
Le siège d’Ecobank Côte d’Ivoire fait 11 mille mètres carrés à peu près de bureaux. C’est un R+8 avec une mezzanine et deux sous-sols qui totalisent à peu près 100 places de parking.





M. Konaré aujourd’hui vous êtes un architecte de renommée internationale qui a réalisé effectivement de gros oeuvres que nous constatons à travers le continent. Qu’est-ce qui vous a amené à ce métier?


Je vous remercie. Architecte de renommée internationale, je crois que c’est un peu trop prétentieux d’aller dans cette direction. Nous sommes tout juste architecte et nous essayons de faire du mieux notamment, notre génération qui veut participer au développement du continent et surtout de celui de la Côte d’Ivoire en particulier. Pour revenir à la question pourquoi est-ce que je suis devenu architecte? Je vous dirais simplement, si vous vous souvenez, dans les années 1975, 1980, on a parlé du miracle ivoirien. c’était une période de très grands travaux et j’ai eu la chance, l’avantage d’être à Yamousssoukro à cette période pour mes études secondaires. Déja de 1976 à 1980, j’ai vu en tant qu’élève au lycée scientifique de Yamoussoukro, les grands projets initiés à l’époque par le père fondateur de la Côte d’Ivoire modern (ndr: Félix Houphouet Boigny). Le lycée scientifique en lui-même était déjà un joyaux que nous avons vu achever en tant que jeune arrivé pratiquement à l’âge de 14, 15 ans. Ensuite dans la même période, il y avait l’ENSTP (ndr: aujourd’hui INPHB) qui était aussi en construction voir presqu’achevée. On a vu l’INSET, l’école d’agronomie, etc. On a vu poindre après, l’hôtel Président. C’était vraiment des ouvrages très, très distinctifs. Avec le recul 40 ans après, je vous dis que ces ouvrages sont d’actualité. Donc imaginez un jeune comme moi qui arrivait pour ses études secondaires dans un contexte pareil, obligatoirement, cela a émerger en moi l’envie d’en faire autant; d’où la passion l’architecture. Cela a été vraiment un coup de foudre je dirai vis-à-vis de ces très grands projets. Et par la suite il y a eu la fondation Félix Houphouet-Boigny qui a suivi. Nous avons eu la chance à travers justement ces œuvres qui ont été réalisées, ce qu’on appelle le miracle ivoirien, il y a de cela 40 ans. Donc tous les week-end, je me souviens avoir parcouru ces chantiers pratiquement toute la journée pour savoir comment les gens l’ont initiés. Donc l’architecture devenait tout de suite évidente pour moi. C’est pour cela que j’ai embrassé la profession et que je me bats depuis plusieurs années pour qu’on puisse aller dans cette direction. J’ai eu un Bac scientifique, c’est-a-dire un Bac série C au lycée scientique et j’ai passe le concours d’architecture de Lomé ou j’ai été immédiatement admis. J’ai fais une partie de ma formation là-bas avant d’aller à l’École d’architecture de Marseille où j’ai achevé la formation d’architecte. A partir de laà je suis rentré aux Grands travaux de l’époque (ndr: le BNETD) et je suis tombé en plein dans la période ou la basilique était en cours de construction. Donc toujours la référence c’est Yamoussoukro.


40 ans années après est-ce que vous nourrissez toujours l’envie de ‘’construire’’ une Côte d’Ivoire comme vous l’avez connue lors de vos années secondaires?
C’est vrai que les années 90 ont été pratiquement difficiles pour le pays. Il y a eu la phase d’ajustement structurelle, où les investissements publics comme privés ont été considérablement réduits. Et les choses ont continué avec d’autres crises comme celle que nous avons connue dernièrement pratiquement je dirai jusqu’en 2010. Malheureusement la Côte d’Ivoire n’a pas beaucoup investi dans le bâtiment pendant 30 ans.


Aujourd’hui on parle de logements sociaux, quel est votre avis sur cette politique qui tranche certainement avec l’architecture que vous avez connue, qui vous a fait rêver àl’époque?

Les logements sociaux ramènent à ce qu’on appelle le cadre de vie. je pense que les autorités font le maximum pour améliorer le cadre de vie des Ivoiriens. Mais à ce niveau je dirai peut-être deux choses, c’est que la notion de logement social en tant que tel, n’est pas un logement sous-évalué, dévalorisé ou sous-équipé. Le logement social est un logement subventionnée. A mon avis si ceci est pris en compte, cela pouvait pouvoir améliorer de façon homogène le cadre de vie des Ivoiriens. Je pense que beaucoup de choses se font dans cette direction. Compte tenu du fait que je ne suis pas forcement présent dans le pays depuis ces 2 ou 3 dernières années, mais je pense quand même que le gouvernement travaille beaucoup dans ce sens pour améliorer le cadre de vie des Ivoiriens.


Mais très souvent l’architecture de ces maisons ne fait pas rêver. Les gens se plaignent de ce que c’est trop serré…


C’est pour cela que je dis qu’un logement social doit être subventionné. Maintenant par qui? C’est à l’Etat de définir la politique de subvention. Ça c’est l’Etat qui peut déterminer les voies, etc. Mais il faudrait que tout le monde c’est-à-dire l’opinion, la population, et même les autorités sachent que le logement social est financé autrement que par les ressources des utilisateurs de ces logements. La deuxième chose que je veux ajouter, c’est qu’aussi on fasse la différence entre bien se loger et accéder à la propriété. Je crois qu’on a malheureusement fait la confusion sur le fait que chacun doit avoir sa maison. Non! L’Ivoirien doit habiter dans un cadre de vie adéquat et acceptable pour son bien être. Mais ce n’est pas pour autant qu’au démarrage de sa carrière, on devienne forcement acquéreur d’une maison. Il faut que les promoteurs et l’Etat voient la possibilité de créer des programmes de location simple voir de location-vente sur long terme. Cette politique pourrait nous permettre de résorber le déficit que nous avons dans le domaine du logement.


Réalisée par Robert KRA

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