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Société Publié le vendredi 1 avril 2016 | Notre Voie

Vive tension sur l’axe Bédiala-Daloa: un jeune homme fusillé à bout portant

On a frôlé le pire, le dimanche 27 mars, dans le village de Caillou, sous-préfecture de Bédiala, où un transporteur a fusillé à bout portant le jeune Adolphe Thauzan Goué Bi Charles. Ce dernier, avec ses compagnons, selon des sources concordantes, cherchaient à secourir des personnes prises en otage par des transporteurs à un barrage dressé dans le village de Caillou, en réaction à une décision des populations de la localité de ne plus utiliser les véhicules de transport faisant la ligne Bédiala-Daloa.

Pour tout dire, le feu couvait déjà sous la cendre depuis près de deux semaines. Les transporteurs et les habitants des cantons Gnamanou et Ton étaient à couteaux tirés. Au centre de leur litige, le prix du ticket de transport de la ligne Daloa-Bédiala. Selon nos sources sur place, les populations trouvaient le tarif de 1.500 FCfa excessif pour une distance de 25 kilomètres. Elles ont donc demandé aux chauffeurs de le revoir à la baisse jusqu’à 1.000 FCfa. Les transporteurs accèdent à la demande des populations, indiquent nos sources, mais ils ne baissent le prix du ticket que de 200 FCfa. Ce qui n’est pas du goût des populations. En réaction, elles refusent de prendre les véhicules réguliers de transport en commun, connus sous l’appellation de «22 places» qui assurent la liaison Daloa-Bédiala. Cette attitude inattendue des populations, à en croire nos informateurs, poussent les transporteurs à dresser un barrage dans le village Caillou (le gros rocher de granite en relief sur les lieux, Ndlr), à 18 kilomètres de Daloa, pour empêcher les véhicules non autorisés (les camionnettes, les motos-taxis et les motocyclistes) de transporter des passagers de Bédiala à Daloa et vice-versa. Ces barrages sont suivis de prise d’otages des passagers et des conducteurs de camionnettes. De quoi irriter les jeunes des villages des cantons Gnamanou et Ton. Ils décident donc de voler au secours des infortunés. Malheureusement, l’un d’entre eux, Adolphe Thauzan Goué Bi Charles, est fauché par une décharge de chevrotine, tirée à bout portant par un transporteur au barrage dressé à Caillou.

Comme une traînée de poudre, la nouvelle du drame se répand dans la contrée. Et très vite, dans tous les villages de la ligne Daloa-Bédiala, notamment à Nanoufla, Zéréfla et Caillou, des barrages sont dressés pour faire la chasse aux transporteurs. Mais ces derniers profitent de la confusion pour prendre la clé des champs, racontent nos sources. On a donc frôlé le pire même si dans les villages, la tension reste toujours vive.
Au total, 25 jeunes gens dans des deux camps ont été interpellés par la gendarmerie nationale. Hier, à notre passage à la brigade de gendarmerie de Daloa, ils étaient encore auditionnés, selon une source sécuritaire. Cette dernière n’a pas voulu en dire davantage sur l’affaire ni donner le nom de celui qui a tiré sur le jeune Adolphe Thauzan Goué Bi Charles. Toutefois sur place, un parent du jeune homme qui a aussi refusé de décliner son identité a confié : «Les transporteurs ont fait descendre nos parents d’une camionnette Kia dans le village de Caillou. Ils ont frappé le chauffeur avant de prendre possession du véhicule qu’ils ont envoyé à Daloa. Lorsque nos frères sont venus sur les lieux avec M. Bayo, le propriétaire des camionnettes dans notre localité, les transporteurs les ont attrapés puis ligotés. Ils les ont fait coucher dans une Kia sous le soleil. C’est quand Adolphe Thauzan Goué Bi Charles a voulu les détacher qu’il a été fusillé au niveau du bas ventre par un transporteur très excité. Il est actuellement au Chr de Daloa pour des soins».

Toutes nos démarches pour entendre la version des transporteurs ont été vaines.

Eustache GORé BI
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