x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Société Publié le samedi 12 novembre 2016 | L’intelligent d’Abidjan

Les Samedis de Biton: La nouvelle génération sera-t-elle au pouvoir en 2020 ?

Depuis cette annonce par le Président de République, une grande effervescence s’est emparée de nombreux jeunes qui pensent que leur heure est arrivée de se mettre sur la rampe de lancement à partir de cette année, surtout en prenant les législative comme le vrai tremplin. Mais, il est bon qu’on s’attende sur les mots. C’est quoi ? C’est qui la nouvelle génération ? Une génération part de dix à dix ans, si ce n’est de douze à douze ans. Moi, dans mon fan club, une génération part de quatre à quatre ans. Et comme le PR n’a pas précisé cela, tout le monde se prend pour la nouvelle génération. Dans notre pays, ce sont les trentenaires et les quarantenaires qui se prennent pour la nouvelle génération. Et c’est une vraie erreur, sauf à quelques exceptions près pour ceux qui ont commencé à militer ou à faire partie des partis politiques à partir de vingt ans. A cet âge, on sait ce qui préoccupe les jeunes. Principalement la conquête des cœurs, même si faire la cour à une femme obéit au même principe que « pêcher » les voix du peuple. A savoir séduire et promettre. Ce que beaucoup de jeunes et ces quarantenaires ne savent pas, c’est qu’il existe un seul domaine où la retraite n’existe pas. Et c’est bien la politique. Une vraie carrière politique ne commence qu’à l’âge de cinquante ans tout comme une carrière d’écrivain. Mais encore je tiens à signaler qu’il existe des cas exceptionnels. A vingt-cinq ans, j’avais écrit, avec succès, mon premier livre et beaucoup d’autres avant mes cinquante ans. Je vois maintenant la différence entre les deux périodes de ma carrière. La nouvelle génération va apprendre rapidement qu’on ne vient pas s’installer aussi facilement à la place des « croulants » et qu’en politique, plus l’âge monte, plus on s’agrippe à son fauteuil. Tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir se croient investis par Dieu et l’abandonner avant sa mort, c’est désobéir à Dieu, le vrai détenteur du pouvoir. Si dans la fonction publique et dans le privé on prend obligatoirement une retraite après quelques années de bons et loyaux services ce n’est pas du tout le cas en politique. Le départ à la retraite, dans l’administration ou le privé, correspond au démarrage en politique. Je me souviens, comme si c’était hier, des propos de Félix Houphouët-Boigny qui m’ont été rapportés par un des intimes. L’un de ses collègues venait de démissionner du pouvoir. Le sage s’est moqué de lui : « Il a fui le pouvoir effrayé par les difficultés. » Un vieux ne fuit jamais comme un jeune. Ainsi, à 70 ans bien comptés, le Président américain commence une vraie carrière de politicien. Notre nouvelle génération va savoir dans quelques semaines si elle est prête pour le départ de 2020. Elle aura à se présenter aux législatives pour devenir député. Presque qu’aucun parti ne choisira un quarantenaire ou même un cinquantenaire pour ne pas parler de trentenaire. Et si jamais cette nouvelle génération se lance à la course à l’hémicycle ou se présente en candidat libre comme je le dis des indépendants, ils apprendront rapidement sur le terrain qu’une base électorale se construit sans un minimum de trente ans sur le terrain. Et encore si vous êtes du terroir. Car ni un plan de développement ou encore moins de l’argent ne poussera les populations à vous accorder leur voix si vous êtes de la « diaspora », ceux qui ne sont pas les autochtones. Notre démocratie est encore loin de congratuler ceux qui sont nés de parents venus d’une autre région même si eux-mêmes sont nés près du bois sacré du village ou de la ville. Quand cela arrivera, en grand nombre, on sera devenu un pays véritablement démocratique. Pour obtenir un poste en politique, il faut pendant des années, de longues années, joué au mandarinat. Les jeunes doivent savoir et apprendre qu’en politique il n’existe pas de génération spontanée. On monte qu’après un long apprentissage en suivant celui qui est perché sur un arbre qui doit se casser de vieillesse et ainsi vous auriez eu le temps de voir grandir votre propre arbre poussé depuis des générations. Certes, on a vu des jeunes monter plus haut que les vieux, à travers un coup d’Etat. On a tous vu comment ces jeunes générations se sont vite effondrées sous le coup de boutoir des vieux qui ont de l’expérience, de la sagesse et surtout des relations. Or, une relation solide se construit au moins sur vingt ans. Les jeunes, la nouvelle génération, sont surtout à l’écoute du peuple. Il est comme la femme, ce peuple, c’est-à-dire qu’il vit d’émotion. Or, l’émotion ne gouverne pas. C’est avec une grande clairvoyance que Léopold Sédar Senghor a dit que l’émotion est nègre et la raison est Hélène. Wole Soyinka a dit qu’on ne se proclame pas nègre mais on bondit sur la proie. On voit chaque jour, un peu plus, comment l’émotion détruit tout effort de développement de l’Afrique par la négativité. Comme le disait le Président John F Kennedy : « Ceux qui ont voulu monter sur un tigre ont fini par être mangé par le fauve. » Tout le monde ne peut pas être David contre Goliath. Il faut d’abord faire le chemin retour de chez Kaidara, le Dieu d’or et du savoir. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine !

Réagir à cet article

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Société

Toutes les vidéos Société à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ