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Politique Publié le lundi 17 juin 2019 | Partis Politiques

Libre opinion : le président des enseignants du RHDP répond au président du PDCI-RDA

© Partis Politiques Par DR
Libre opinion : le président des enseignants du RHDP répond au président du PDCI-RDA
Les échéances électorales de 2020 approchent et les pontes de la division en Eburnie ont ré-embouché leur trompette de la haine et de la stigmatisation. A la baguette, les plus grands théoriciens du tribalisme et de l’ultranationalisme ont sorti leurs équerres, ou du moins, les bûcherons de l’exclusion ont déballé leurs tronçonneuses. Ils vont au charbon mettant la main à la pâte à coup de déclarations tapageuses et iconoclastes. Mais qu’importe, ils doivent exister et se faire valoir, surtout en ces temps de vaches maigres pour cette opposition désœuvrée car à court d’arguments pour alimenter sainement le débat politique. Et on agite les vieux épouvantails. On réactive la bombe identitaire avec le sinistre espoir de conduire encore une fois la nation dans le bourbier ivoiritaire. Et, pour donner le ton, le maître de chœur de la chorale xénophobe a montré la voix, en la personne du Président du PDCI de Daoukro, « N’zueba » himself.

Les récentes déclarations du sphinx (qui parle désormais un peu trop) pourraient peut-être surprendre les nouveaux observateurs du marigot politique ivoirien, mais pour peu qu’on connaisse l’homme et son tristement célèbre passif en la matière, on ne saurait s’en offusquer outre mesure. Nul n’est besoin de souligner la gravité des propos tenus par le sieur Henri Konan BEDIE surtout quand ils viennent d’une personnalité ayant assuré la magistrature suprême du pays. Le plus grave est que, sauf amnésie de sa part, il devrait avoir encore présent à l’esprit les circonstances qui ont précipité son départ de la Présidence de la République à la fin de l’année 1999 puisqu’il a dû vivre à cette occasion l’angoisse la plus terrible de sa vie.

On se souvient que le Président déchu avait abandonné famille, affaires et charges régaliennes pour se terrer illico dans une base militaire étrangère. Il avait lié amitié, avec un passeport diplomatique Togolais pour regagner la France. Un xénophobe qui s’appuie sur l’étranger pour sauver sa tête. Vingt ans après, beaucoup d’eau a coulé sous le pont mais comme un sort tenace qui lui aurait été lancé, l’homme de Prépressou n’a visiblement pas encore exorcisé ses vieux démons. Le successeur du père de la nation, pourfendeur et négateur de son héritage devant l’Eternel, a décidé de prendre le contre-pied de la politique d’intégration sous régionale qui était l’épine dorsale de la politique du premier Président de la Côte d’Ivoire.

« Henri Konan BEDIE est aux antipodes de celle du Bélier de Yamoussoukro »

Pire, il excelle dans l’œuvre cynique de narguer la mémoire de celui dont il se réclame l’héritier politique. Et sa dernière déclaration n’a pas manqué d’artifice en la matière quand il affirme avec l’ironie noire qui le caractérise que « on a fait venir ici des expatriés pour travailler dans les plantations de café et de cacao… ».

Ce morceau choisi, en lui seul, concentre le mépris royal que le deuxième Président de la Côte d’Ivoire voue à l’héritage socio-économique dont il a pourtant été le principal bénéficiaire. En s’attaquant d’une part au binôme Café-Cacao, cheville-ouvrière du « miracle ivoirien », il montre à quel point un homme peut manquer de reconnaissance vis-à-vis du travail de paysans qui, loin de toute considération de nationalités, ont donné ses lettres de noblesse à un pays qu’ils ont profondément aimé et loyalement servi, qu’ils soient des nationaux ou des expatriés. D’autre part, il apparaît clairement dans l’énoncé de cette phrase une sorte de désaccord que le Président du PDCI-RDA, aile Daoukro, affiche vis-à-vis du Président Houphouët-Boigny et de ce qui a été le fer de lance de la Politique Economique du pays pendant les premières années de son indépendance. Quand on a été Ministre de l’Economie et des Finances, on devrait manifester un minimum de loyauté, moins d’ingratitude et beaucoup de pondération dans ses propos, surtout lorsqu’on s’égosille à faire croire qu’on est le véritable dépositaire de la conception houphouétienne de la Côte d’Ivoire.

En clair, cette sortie hasardeuse vient démontrer à ceux qui en doutaient encore que la vision de la Côte d’Ivoire d’Henri Konan BEDIE est aux antipodes de celle du Bélier de Yamoussoukro. L’actuel Président du PDCI (ou de ce qu’il en reste) n’a jamais partagé la vision inclusive de celui à qui il a succédé. Au contraire, il rongeait fiévreusement ses freins dans l’antichambre du pouvoir en attendant de venir dilapider les acquis du pays à travers les dérives identitaires dont il est désormais familier. L’intégration économique et sociale des communautés étrangères dans notre pays est, sans doute, une problématique sur laquelle il convient de réfléchir sans passion, afin que cet enjeu ne soit abordé selon le prisme du délit ou du conflit.

Cependant, il faut éviter l’extrapolation qui la ferait basculer dans des considérations identitaire et xénophobe pour ne pas apporter de l’eau au moulin des champions de la haine et du manichéisme ambiant. Comme un molosse qui a du mal à varier sa déhonté manière de s’asseoir, le vieillard de Daoukro croit avoir trouvé dans cette question, l’aubaine pour se remettre en selle politiquement. Oh que non ! Les ivoiriens, qui reviennent de loin, ne le suivront jamais dans cette énième aventure périlleuse car ils ont encore, eux, un avenir devant eux. C’est à croire que Monsieur Bedié est rattrapé par la malédiction de la vie qui fait qu’à un âge avancé, le sujet tombe dans l’enfance avec ses corollaires d’imprudence et d’impudence. Or, l’homme est fidèle en réalité à son histoire personnelle. Il n’a jamais été homme de consensus. Toujours, il a eu un couteau entre les dents et une bombe dans la tête.

Lui dont le parcours se résume à une succession de privilèges immérités, depuis le temps où jeune cadre, il fêtait pompeusement les milliards soustraits des deniers publics. En fait, quand on surfacturé sans scrupules les couts des complexes sucriers et des SODE… pour fêter ses 7 milliards dans un pays sous développe, on devrait faire profil bas. Quand son Parcours a été prolongé à l’Assemblée Nationale et stoppée par le coup d’Etat de 1999, on devrait réfléchir par 7 fois avant d’ouvrir la bouche. Voilà un homme saisi d’un malaise insurmontable, en conflit avec lui-même, et profondément irascible quand les autres réussissent là où il a échoué. Dans ce pays dirigé par le Président Alassane Ouattara auquel il reconnaissait il y a peu tout le mérite du monde à juste titre pour une fois, Bedié a perdu son latin. N’ayant pas à redire sur les vraies questions, l’homme se réfugie dans la propagande, question de récolter des lauriers inespérés chez une frange de nos concitoyens manipulables et corvéables à souhait. Pourtant, le RHDP n’attend que le débat sur les bilans. Sans doute n’aura-t-il jamais lieu, ce débat, parce que l’écart entre les réalisations concrètes du Président Alassane OUATTARA et les mirages du projet de l’éléphant d’Afrique est trop grand.

Bedié veut faire jouer le RHDP à l’étranger, comme le diraient les sportifs, question de ne pas se faire laminé. En d’autres termes, il veut taxer tout autre candidat d’étranger pour gagner facilement les élections. Bilan contre bilan, y a pas match ! Mais là encore, il a « tapé poteau » parce que les Ivoiriens voient plus loin que ses considérations de bas étage. Ils veulent un grand pays et un héritage de paix pour leurs enfants. N’en déplaise aux faucons et autres négateurs, le pays avance résolument vers sa glorieuse destinée, laissant à M. Bedié et son cercle RABOUGRI chaque jour plus émietté de partisans le choix d’entrer dans l’histoire à reculons. En effet, Henri Konan BEDIE, sans doute n’a pas le choix. Dans le livre du Professeur Samba DIARRA, les Faux complots..., l’auteur rapportait une confidence en ces termes : « Si vous donnez à gouverner ce pays à Henri Konan BEDIE, il a 7 jours, 7 semaines, 7 mois ou 7 années pour se faire emporter par un Coup d’Etat ». Cette prédiction s’est avérée juste car, de 1993, année de son auto proclamation, à 1999, il y a exactement 6 ans, c’est-à-dire une année avant l’échéance indiquée, donc dans la fourchette prémonitoire.

Comme HKB a lamentablement échoué de 1993 à 1999, comme son économie était en lambeau par manque de vision futuriste, comme la cohésion sociale était en déliquescence car elle tournait autour de la xénophobie, comme sa vision politique était naine et rabougrie parce bornée, comme les perspectives pour une Côte d’Ivoire nouvelles était myope, le seul et unique axe de communication pour tenter de se repositionner reste le débat identitaire. Sinon, quand on géré un pays à ce niveau, quand ce pays a connu ce que tout le monde sait de 2002 à 2010 par son fait et sa faute, on devrait tenir un discours responsable et rassembleur. Mais HKB n’en a cure. Que la Côte d’Ivoire brûle, cela n’est pas son affaire, pourvu que lui, HKB, revienne au pouvoir et y mourir. Il vivra ainsi, dans l’au-delà, en roi ! On comprend alors pourquoi, comme le molosse, il se départit difficilement de sa déhonté façon de faire revenir le discours identitaire.

Kouyaté Abdoulaye

Président des enseignants du RHDP(REHDP)
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