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Société Publié le dimanche 29 août 2021 | Le Nouveau Réveil

Construction de la voie du train urbain : Plusieurs familles dans la rue sans abri

© Le Nouveau Réveil Par DR
Enquête : pourquoi le métro d’Abidjan n’est toujours pas sur les rails

Le projet de métro d'Abidjan est un projet de réseau ferroviaire de transport urbain, dont les travaux préparatoires ont débuté en 2018 et les travaux principaux devraient débuter en 2022 qui desservira l'agglomération d'Abidjan. Et pour ce faire, la ligne qui commence par Anyama est en début de construction. C’est pourquoi le vendredi 20 aout 2021, les Caterpillar ont procédé à la démolition de plusieurs habitations au quartier Derrière-rails d’Anyama. « C’est très tôt à 6 h du matin, ils ont commencé à tout casser. Nous avons eu juste le temps de sauver quelques biens utiles. J’avais une maison plus une mosquée que j’ai fait construire pour les musulmans du quartier fortement islamisé. Ces deux bâtisses ont été détruites sous mes yeux impuissants. Le conducteur de la machine était tout en larmes lorsqu’il démolissait le lieu de culte, la mosquée. Les gens ont pillé certaines choses », a affirmé Abdoulaye Doumbia un résident que nous avons trouvé sur les ruines du quartier assis seul en train de faire le deuil des maisons couchées, les dégâts. Pour les résidents impactés, cette opération ne leur a pas laissé le choix de se trouver un autre logis. Selon Traoré D, ils ont tous leurs biens sous des sachets plastiques noirs qu’ils protègent contre les intempéries. La journée, le quartier est désert. Mais à la tombée de la nuit, ce sont des pères de familles, enfants et femmes qui dorment à la belle étoile le temps qu’ils sachent où partir. Les plus chanceux ont été recueillis par des familles d’accueil, des amis ou des bienfaiteurs. Pour dire si l’on ne peut faire d’omelette sans casser les œufs, il se pose la question de l’indemnisation.   


Le dédommagement des impactés


Toujours, d’après Abdoulaye Doumbia, c’est en 2018 qu’ils ont été enrôlés dans le but de les dédommager lorsque cette activité allait démarrer. « Nous avons multiplié les réunions dans ce sens-là. A notre grande surprise, ils ont commencé à mettre des croix rouges sur nos maisons. Récemment, nous sommes allés au Plateau où ils nous ont remis des macarons mentionnant le montant de nos primes de dédommagement. C’est au vu de ces macarons que se fera l’indemnisation pour ceux qui en possèdent. Le mardi 24 août, nous avons encore été au Plateau pour protester. Les montants nous sont imposés en fonction de la valeur de ta maison. L’on vous fait entrer dans une pièce et un appareil vous flash et votre maison apparait », a expliqué A Doumbia. Il soutient que pour l’heure, personne n’a reçu un seul centime. Une chose est sûre, c’est que le processus d’indemnisation a déjà débuté. Les personnes concernées par le projet devront rentrer en contact direct sans intermédiaire avec la Société de construction du métro urbain. « …La rencontre avait pour objectif de vulgariser les étapes du processus d’indemnisation et faire connaitre aux personnes affectées par le projet leurs droits dans la mise en œuvre du Plan d’action de réinstallation… », comme l’indiquait un communiqué de l’entreprise en charge de la construction du train urbain qui concerne 7 communes traversées. Il s’agit d’Anyama, Abobo, Adjamé, Plateau, Treichville, Marcory et Port-Bouët.


FOUMSEKE COULIBALY

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