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Art et Culture Publié le samedi 30 octobre 2021 | AIP

Engouement autour de la restitution des œuvres d’arts africains pillés par les colonisateurs (Analyse)

Abidjan- La restitution des œuvres d’arts africains pillées pendant la colonisation occidentale connait une accélération et un engouement subit depuis l’annonce par le président français, Emmanuel Macron, de leur restitution.


Le première œuvre restituée à un pays africain est le sabre d’El Hadj Oumar Tall, fondateur de l'empire Toucouleur, symboliquement remis au président sénégalais, Macky Sall, le 17 novembre 2019 à Dakar, par le Premier ministre français, Edouard Philippe.


Le jeudi 27 octobre 2021, l’université de Cambridge a remis officiellement une sculpture en bronze, connue sous le nom de « Okukor », volée à la fin du 19ème siècle durant la colonisation britannique.


Ce coq en bronze, offert en 1905 par un soldat britannique, père d'un étudiant à Cambridge, fait partie de centaines de sculptures, gravures et bronzes pillés en 1897 dans l’ancien royaume du Bénin qui correspond aujourd'hui au sud-ouest du Nigeria.


C'est la première institution britannique à restituer un objet volé durant la colonisation. « Nous sommes ravis qu'il soit désormais entre les mains de son propriétaire légitime », a déclaré la directrice du Jesus College de l'université de Cambridge, Sonita Alleyne, en présence d’une délégation nigériane, saluant une « occasion vraiment historique ».


Dans la foulée, la Belgique a remis, vendredi 29 octobre 2021, au Rwanda plus de 4 000 enregistrements de chansons de l'époque coloniale réalisés principalement par d'anciens fonctionnaires belges, conservés au Musée royal de l'Afrique centrale à Bruxelles.


L'ambassadeur de Belgique au Rwanda a remis une copie numérique de chansons, de musiques et d'histoires traditionnelles enregistrées pendant le régime colonial aux autorités de Kigali.


« C'est la première étape, nous attendons plus de matériaux et d'objets de notre patrimoine de la Belgique », a déclaré un responsable de l'Académie du patrimoine culturel du Rwanda, Great Lakes.


Les forces belges ont occupé le Rwanda qui faisait partie de l'Afrique orientale allemande, pendant la Première guerre mondiale. Les enregistrements rapatriés seront placés dans un musée où le public pourra y accéder.


Ces matériels aideront à « éduquer et inspirer la jeunesse rwandaise dans notre musique et nos arts traditionnels », a déclaré le responsable de l’académie.


Le mardi 26 octobre, le musée du Quai Branly à Paris a ouvert, jusqu’au 31 octobre, une exposition des 26 premières œuvres de l’ancien royaume du Dahomey que la France s’apprête à restituer au Bénin. L’acte de transfert sera signé le 9 novembre prochain à l’Élysée, en présence des présidents français et béninois.


Ces pièces rejoindront le Bénin dans la foulée de cette exposition au musée du Quai Branly, « au plus tard le 15 novembre », selon le ministre béninois de la Culture, Jean-Michel Abimbola, près de 130 ans après avoir été pillées par le colonel Dodds lors du sac du palais d’Abomey.


En Belgique, un rapport de 689 pages élaboré par des historiens dresse un tableau sombre de la présence des Belges en Afrique centrale et recommande spécifiquement des réparations que la Belgique devrait mettre en place, par exemple présenter des excuses officielles qui aillent plus loin que les regrets formellement exprimés par le roi Philippe en son nom personnel, ou encore restituer des milliers d’objets africains présents dans les musées belges.


Une loi est d’ailleurs prévue pour le début de l’année 2022 sur ce point. Les parlementaires de la commission spéciale devront en outre, selon les auteurs du rapport, examiner la question de réparations financières.


Toujours en Belgique, l’Africa Museum (ex-Musée royal d’Afrique centrale) de Tervuren, dans la banlieue de Bruxelles, dispose de 125 000 pièces de collection, dont plusieurs milliers ont été acquises par le pillage ou la violence, même si l’origine d’un bon nombre d’autres reste très incertaine.


Quelque 90 % des biens culturels belges qui pourraient éventuellement être rétrocédés se trouvent à Tervuren.


Prônant « une approche concertée et un dialogue » avec la République démocratique du Congo, Thomas Dermine fixe le principe de la nécessaire restitution des objets si des études de provenance, menées en concertation avec Kinshasa, démontrent que leur acquisition a été illégitime.


La propriété juridique des œuvres serait dès lors transférée de l’Etat belge aux autorités congolaises. A celles-ci, ensuite, de décider si elles réclament la restitution. Jusqu’ici, note-t-on, aucune demande de ce type n’a été formulée, fait remarquer l’Africa Museum.


La Côte d’Ivoire, quant à elle, attend la restitution par la France, à une date non encore arrêtée, du « Djidji Ayokwe », le tambour parleur des Ébrié, un instrument utilisé comme un outil de communication entre différentes localités. Il avait été confisqué par les colons français en 1916 et est conservé au musée du Quai Branly de Paris.


Outre les législations européennes qui opposent l’inaliénabilité des œuvres culturelles, pourtant spoliées, l’une principales difficultés à leur restitution, concerne les infrastructures muséales susceptibles de les accueillir, conserver et préserver dans les conditions optimales.


Tout aussi se pose la question de leur universalité en tant que patrimoine de l’humanité pour qu’elles continuent d’enrichir la culture des générations présentes et futures du monde entier.



aaa/kp

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