La junte burkinabè a affirmé mardi soir avoir déjoué pour la "énième fois" une "tentative de déstabilisation" visant à éliminer son chef, le capitaine Ibrahim Traoré, accusant l'ancien lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba d'en être le cerveau.
Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir en septembre 2022 après un coup d'Etat contre Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même auteur d'un putsch quelques mois plus tôt ayant renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré.
"Le Burkina Faso a déjoué pour la énième fois une tentative de déstabilisation", a déclaré à la télévision nationale le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana.
"Le 3 janvier 2026, à 23H (locales et GMT), il était prévu une action de déstabilisation du pays (...) par une série d'assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré (...) soit à bout portant soit par une action pour miner son domicile", a-t-il détaillé.
"Après cela, devrait suivre une action de mise hors service de la base de drones et une intervention militaire terrestre des forces extérieures", a poursuivi le ministre Sana qui s'est abstenu de donner plus de précisions "pour éviter de compromettre l'efficacité des enquêtes."
"L'acteur principal" de ce complot est "l'ex lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba", en exil au Togo depuis sa chute, a-t-il affirmé.
Il "a eu pour mission clé de concevoir et planifier les actions, de rechercher et mobiliser les fonds, de recruter les populations civiles et militaires", a ajouté le ministre.
"Une bonne partie des sources de financement de ce projet de déstabilisation provient de la Côte d'ivoire et dont la dernière opération s'élève à 70 millions de FCFA" (environ 106.000 euros), a dit M. Sana, annonçant que des "interpellations ont été faites et se poursuivent."
La télévision nationale a diffusé un "aveux" d'un homme présenté comme un "commerçant" et un "acteur clé" qui a déclaré s'être rendu en Côte d'ivoire pour récupérer ces fonds sur instruction du lieutenant-colonel Damiba.
Depuis sa prise du pouvoir, la junte a affirmé plusieurs fois avoir déjoué des complots visant à la renverser, le plus récent datant d'avril 2025 et dont les cerveaux seraient localisés en Côte d'Ivoire. Une dizaine d'officiers et de sous-officiers avaient été arrêtés, selon elle.
Les relations entre le Burkina et la Côte d'Ivoire sont tendues depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, qui accuse régulièrement la Côte d'Ivoire d'héberger "un centre d'opérations pour déstabiliser" son pays. Abidjan a toujours démenti.
"Nous attendons jusqu'à ce jour les preuves de ses accusations", avait déclaré en octobre Amadou Coulibaly, le porte-parole du gouvernement ivoirien.
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