Face aux inquiétudes grandissantes dans le monde paysan et aux rumeurs persistantes de blocage de la commercialisation du cacao, le Conseil du Café-cacao (CCC) est monté au créneau.
À l’occasion d’une conférence de presse animée le mercredi 14 janvier 2026, son Directeur général, Koné Brahima Yves, a tenu à rassurer sans ambiguïté les producteurs ivoiriens : « Toute la production de la Côte d’Ivoire qui sort de nos plantations sera achetée ». Dans un contexte marqué par une campagne de désinformation selon lui, le patron de l’organe de régulation de la filière cacao a voulu lever toute équivoque. «
Je voudrais rassurer nos producteurs. Chaque année, il y a des difficultés à un moment donné, mais elles sont toujours réglées.
Toute la production qui sort de nos plantations sera bel et bien achetée », a-t-il insisté, appelant à relayer la bonne information auprès du monde paysan.
Le Directeur général est revenu sur l’ouverture officielle de la campagne café-cacao 2025- 2026, intervenue le 1er octobre dernier, avec la fixation d’un prix historique de 2 800 FCFA le kilogramme de cacao, jamais atteint auparavant en Côte d’Ivoire. « Le monde paysan a apprécié, nous avons tous apprécié l’effort consenti par le gouvernement », a-t-il souligné, rappelant que cette décision traduit la volonté des autorités de placer le producteur au cœur de la filière.
Un prix historique de 2 800 FCFA salué par les producteurs
Cependant, selon Koné Brahima Yves, environ un mois et demi après le démarrage de la campagne, une « campagne insidieuse » a commencé à se développer à travers le pays. Celle-ci a notamment été alimentée par des déclarations de deux syndicats, l’Anaproxie et le Synapsi, affirmant qu’environ 700 000 tonnes de cacao seraient bloquées et entreposées dans les zones de production, soit près de la moitié de la production nationale.
Pour le DG du CCC, le producteur ivoirien est la priorité du gouvernement (Ph : DR)
Des accusations de blocage que le Conseil réfute fermement des allégations que le Conseil du Café-cacao juge fausses et dangereuses. « Depuis quelque temps, on parle d’un prétendu blocage de la commercialisation. Je vous invite à vous rendre dans les ports de San-Pédro et d’Abidjan. Le cacao s’y décharge normalement », a déclaré le DG, précisant que près de 300 camions ont été déchargés la veille, et que l’activité se poursuivait normalement le jour de la conférence.
Les ports de San-Pedro et d’Abidjan fonctionnent normalement
Concernant les informations faisant état de centaines, voire de milliers de camions bloqués aux abords des ports, Koné Brahima Yves apporte une clarification ferme. « Ces camions seraient aux environs du port, mais ils n’ont ni connaissements ni documents. Ils sont dans l’illégalité », a-t il affirmé, rappelant une décision prise depuis 2018 : « Aucune cargaison de cacao ne quitte la zone de production sans connaissement validé par l’opérateur et l’exportateur ».
Pour le Conseil, ces cargaisons sans documents constituent tout simplement des cas de fraude. « Ces camions ne pourront jamais être déchargés dans les usines relevant du système de commercialisation du Conseil du Café-cacao », a martelé le DG, précisant qu’il est impossible de rembourser le transport d’une cargaison dont l’origine n’est pas clairement identifiée.
Une campagne de désinformation aux lourdes conséquences Très critique à l’égard de certains acteurs de la filière, Koné Brahima Yves estime que cette campagne de désinformation a eu des conséquences néfastes sur le marché international. « À cause de ces déclarations, le prix est passé de 4000 à 3200 FCFA, car certains ont cru que la Côte d’Ivoire avait une production
invendable, ce qui est totalement faux », a-t-il regretté, dénonçant une attitude « irresponsable » qui nuit aux intérêts du pays et surtout à ceux des producteurs.
Le Directeur général du Conseil du Café-cacao a réaffirmé l’engagement des autorités ivoiriennes en faveur du monde paysan.
« L’acteur premier de la filière pour le gouvernement, c’est le producteur. C’est pour lui que nous travaillons », a-t-il rappelé, appelant les médias et les acteurs du secteur à diffuser une information juste et responsable.

