L’écrivain et journaliste Julien Anaki a procédé à la dédicace de son nouvel ouvrage intitulé « Le sang du cacao », le vendredi 30 janvier 2026 lors d’une cérémonie tenue dans la commune de Cocody.
À travers ce roman engagé, l’auteur interpelle l’opinion nationale et internationale sur les souffrances souvent invisibles qui se cachent derrière la consommation du chocolat.
Selon l’auteur, l’idée du livre est née d’un fait réel vécu par un proche, producteur de cacao, victime d’une tentative de braquage alors qu’il revenait de San Pedro pour percevoir le fruit de son travail. « Il a failli perdre la vie. Quand il m’a raconté ce qu’il avait vécu, j’ai compris qu’il y avait une histoire à raconter », confie-t-il.
De cette expérience est né "Le sang du cacao", un roman de fiction construit sur des réalités profondément ancrées dans l’écosystème cacaoyer. L’ouvrage met en scène un producteur engagé dans une lutte pour l’amélioration des conditions de vie des planteurs, tout en dénonçant les déséquilibres économiques entre les producteurs africains, l’État et les grands chocolatiers internationaux.
« Le sang du cacao, c’est la lutte. Il y a ceux qui souffrent et ceux qui rient », explique Julien Anaki. Le livre décrit avec force les injustices auxquelles sont confrontés les acteurs de la filière notamment les vols de cargaisons, les rackets sur les routes, l'insécurité, les faibles prix d’achat du cacao, mais aussi la précarité persistante dans les zones de production.
L’auteur tient toutefois à préciser que son œuvre ne vise aucun régime politique en particulier. « Ce n’est pas un gouvernement que je stigmatise. Le cacao existe depuis la création de la Côte d’Ivoire. Ce que je décris, c’est l’écosystème du cacao lui-même », souligne-t-il.
Pour nourrir son récit, Julien Anaki s’est imprégné de réalités observées lors de ses déplacements professionnels en Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana et au Cameroun. Il évoque notamment certaines régions fortement productrices, comme Tabou, Grabo ou Lodiô, qui demeurent insuffisamment développées malgré une production quasi permanente. « Il y a des zones qui produisent le cacao 11 mois sur 12, mais sans routes, sans infrastructures. Il faut attirer l’attention sur ces réalités », plaide-t-il.
À travers cette œuvre, l’écrivain revendique une contribution citoyenne au développement national. Le sang du cacao se veut un cri d’alerte, mais aussi un appel à la responsabilité collective.
Son message s’adresse particulièrement aux grands chocolatiers du monde. « Derrière une tablette de chocolat, il y a du sang qui coule, de la sueur, parfois des morts. Il y a aussi le travail des enfants et des systèmes mafieux que l’État combat, mais qui persistent », dénonce-t-il.
Pour Julien Anaki, consommer du chocolat ne doit plus être un acte innocent. Il appelle à une meilleure rémunération des producteurs et à un assainissement profond de la filière cacaoyère mondiale.
De son vrai nom Konan Anaki Julien est un journaliste, spécialiste en communication des organisations et écrivain. Une triple casquette qui nourrit son écriture et renforce la portée sociale de son œuvre.
R-SEKONGO

