Au troisième jour de la campagne 2026 de l’anacarde, le village de Ganaoni, petit village situé à une quarantaine de kilomètres de Boundiali a accueilli les équipes du Conseil coton, anacarde et du karité. Producteurs, acheteurs et encadreurs techniques ont été mobilisés autour d’un mot d’ordre clair : faire de la qualité le principal levier de compétitivité de la filière.
Au-delà de la production en volume, l’accent est désormais mis sur la valorisation de la chaîne de valeur. Les participants ont été sensibilisés aux opportunités de transformation locale, notamment à travers les produits dérivés de la pomme et de l’amande de cajou : jus, sirop, vinaigre, vin, liqueur, pâte à tartiner ou encore farine spécialisée. L’objectif est d’accroître les revenus des familles rurales et de renforcer le “Made in Côte d’Ivoire”.
Bamba Mimina, formatrice sur les produits dérivés de l'anacarde, a détaillé devant un public attentif les multiples produits dérivés issus de la pomme et de l’amande : jus, sirop, vinaigre, vin, liqueur, pâte à tartiner, lait végétal, farine spécialisée ou encore substituts de viande.
Sur le plan technique, les experts ont insisté sur l’exigence sanitaire et phytosanitaire. La qualité de la noix dépend notamment de la maîtrise des attaques parasitaires et du respect des normes en matière de résidus chimiques. Les bonnes pratiques recommandées restent essentielles : ramassage régulier tous les deux à trois jours, séchage sur claies, séparation soigneuse de la pomme et de la noix, tri rigoureux et stockage adapté. Dr Soro Sibirina, enseignant-chercheur à l’Université Jean Lorougnon Guédé et coordonnateur du programme national de recherche sur l’anacarde, a livré une intervention pédagogique.
Les acteurs de la filière ont également rappelé l’importance du KOR (Kernel Output Ratio), indicateur déterminant du rendement en amande et donc du prix sur le marché international. Le président des acheteurs à Boundiali et délégué régional de la FENACACI, Fofana Adama, a, lui aussi, insisté sur la responsabilité collective en insistant sur la bataille de la qualité.
Si la Côte d’Ivoire demeure premier producteur mondial en quantité, l’enjeu est désormais de consolider sa position par une qualité irréprochable. À Ganaoni, le message est sans équivoque : l’avenir de l’anacarde ivoirienne passe par la rigueur, la transformation locale et la montée en gamme.
JEAN PRISCA
