La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a officiellement admis, mardi 10 mars 2026, à sa cote, trois emprunts obligataires émis par l’État du Burkina Faso. Ces titres, dénommés « TPBF 6,60 % 2025-2030 », « TPBF 6,80 % 2025-2032 » et « TPBF 7,00 % 2025-2035 », marquent une nouvelle étape dans la mobilisation de ressources sur le marché financier régional.
L’opération, réalisée par appel public à l’épargne, s’est déroulée du 22 septembre au 13 octobre 2025. Initialement fixée à 120 milliards de FCFA, elle a finalement permis de mobiliser 131,355 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 109,46 %, traduisant un fort engouement des investisseurs de l’espace Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Le Directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounve, a salué « le succès exceptionnel de cette opération », soulignant que la mobilisation de plus de 131 milliards de FCFA témoigne « de la solidité du Burkina Faso en tant qu’émetteur de référence et de la confiance renouvelée des investisseurs de l’UEMOA ». Selon lui, la diversité des souscripteurs, composés aussi bien d’institutions financières que d’investisseurs individuels, illustre la profondeur et la résilience du marché financier régional.
Au-delà de cette performance, le patron de la BRVM a réaffirmé la mission de l’institution : offrir un cadre de négociation transparent, sécurisé et rigoureux, capable de soutenir le développement économique des États par le financement local. En facilitant l’accès à l’information et en garantissant la liquidité des titres, la BRVM s’impose, selon lui, comme un levier stratégique de l’intégration économique régionale. Il a également rendu hommage aux autorités burkinabè et aux régulateurs du marché pour leur engagement en faveur du dynamisme de la place financière régionale.
Dans le détail, l’émission A « TPBF 6,60 % 2025-2030 », d’une maturité de cinq ans, visait 54 milliards de FCFA avec un taux d’intérêt de 6,6 %. L’émission B « TPBF 6,80 % 2025-2032 » portait sur 48 milliards de FCFA sur une durée de sept ans, tandis que l’émission C « TPBF 7,00 % 2025-2035 » concernait 18 milliards de FCFA pour une maturité de dix ans.
Pour la Directrice générale adjointe du Trésor et de la Comptabilité publique du Burkina Faso, Kadiatou Oulla Paré, cette performance « traduit la confiance renouvelée des investisseurs vis-à-vis de l’État burkinabè, mais aussi et surtout la bonne qualité de la signature souveraine de notre pays ».
Elle a également salué la mobilisation des acteurs ayant accompagné l’opération. « Ces résultats sont à mettre à l’actif de l’ensemble des acteurs qui ont travaillé en étroite collaboration avec le Trésor public burkinabè, notamment les membres du consortium mené par la SGI SBIF, en partenariat avec Coris Bourse, SA2IF et IFI », a-t-elle indiqué.
Rappelant que le Trésor public burkinabè intervient sur le marché financier régional depuis 2002, Kadiatou Oulla Paré a assuré que l’État « s’est toujours acquitté de ses engagements dans les délais ». Les ressources mobilisées devraient contribuer à l’équilibre financier du budget 2025. « L’État burkinabè demeure pleinement engagé pour le respect de ses obligations dans le cadre de ses interventions sur le marché. Il ne dérogera pas à cette règle pour les titres objets de la présente cérémonie », a-t-elle insisté.
De son côté, Gisèle Colgo, directrice du marché des capitaux de la SBIF, chef de file de l’opération, a mis en avant l’efficacité du consortium regroupant les quatre Sociétés de gestion et d’intermédiation (SGI) du Burkina Faso à savoir SBIF, Coris Bourse, SA2IF et IFI.
Désormais admis à la cote de la BRVM, ces titres sont accessibles à la négociation sur le marché secondaire des titres de créances, au prix nominal de 10 000 FCFA, offrant ainsi de nouvelles opportunités de placement aux épargnants de l’espace UEMOA.
Cyprien K.

