Dans une dynamique de concertation renforcée, l’Union européenne (UE) a réuni, ce jeudi 2 avril 2026 à Abidjan, au Novotel Plateau, près de 70 acteurs de la société civile autour d’un dialogue structuré placé sous le thème : « Écouter, dialoguer, construire ensemble ». Une initiative qui traduit la volonté des partenaires européens de consolider leurs échanges avec les organisations de la société civile (OSC), désormais perçues comme des acteurs incontournables du développement.
Dès l’ouverture, l’Ambassadeur de l’Union européenne, Irchad Razaaly, a donné le ton en insistant sur la nécessité d’un dialogue franc et approfondi avec les acteurs de terrain. « Il est indispensable pour nous de collecter vos préoccupations, vos recommandations et votre retour du terrain », a-t-il affirmé, rappelant que la société civile constitue, aux côtés des autorités publiques et du secteur privé, un pilier essentiel de l’action européenne en Côte d’Ivoire.
Cette rencontre s’inscrit dans une logique de préparation du dialogue politique avec les autorités ivoiriennes, tout en permettant d’affiner la compréhension des réalités locales, notamment sur des questions clés telles que le changement climatique, la gouvernance, la citoyenneté ou encore la cohésion sociale.
Au cœur des échanges, le bilan de la feuille de route 2021-2025 a permis d’évaluer les avancées réalisées en matière d’environnement juridique des OSC, de dialogue avec l’État dans le cadre du Plan national de développement (PND) et de renforcement des capacités organisationnelles.
Dans la continuité, les discussions ont porté sur la future feuille de route 2026-2028, intégrant la stratégie européenne Global Gateway, présentée comme un levier majeur pour un développement inclusif. L’approche dite « 360° », mise en avant lors des travaux, vise à associer l’ensemble des composantes de la société afin d’éviter toute exclusion.
Pour Martina Aboroba, chef de section politique à la délégation de l’Union européenne, ce cadre d’échange est appelé à se pérenniser. « L’objectif est d’écouter la société civile, mais aussi de renforcer ses capacités et son implication dans les programmes de développement », a-t-elle indiqué.
Au-delà du dialogue institutionnel, l’Union européenne entend également renforcer les passerelles entre la société civile et le secteur privé, notamment dans des secteurs porteurs comme l’agriculture, afin de favoriser l’accès aux financements et aux opportunités économiques.
Les travaux en ateliers ont permis d’approfondir plusieurs thématiques prioritaires, notamment l’environnement de la société civile, son rôle dans les politiques publiques et les exigences de professionnalisation. Des sessions parallèles ont également porté sur des enjeux majeurs tels que la sécurité, le climat des affaires et la formation professionnelle.
La diversité des participants, acteurs locaux, ONG internationales et représentants d’institutions européennes, a été saluée comme un atout majeur de cette rencontre. Une diversité territoriale également, avec des participants venus de l’intérieur du pays, traduisant la volonté d’inclusion au-delà d’Abidjan.
Au terme de cette journée d’échanges, les contributions recueillies devraient nourrir les prochaines orientations stratégiques et renforcer l’implication des organisations de la société civile dans les politiques publiques.
JB

