Le Ministre Mamadou Touré, Président du Conseil Régional du Haut-Sassandra, a officiellement lancé le 4 Avril les festivités de « Paquinou Ayoka » au Centre Culturel de Daloa. Au-delà de la célébration culturelle, le lancement de cette édition de Paquinou Ayoka a servi de tribune pour retracer l’histoire des migrations du peuple Baoulé dans le Haut-Sassandra.
Ce rappel historique fait au cours d’un panel a permis aux chefs traditionnels et chefs de communautés baoulés de souligner les liens séculaires de fraternité et de cohabitation pacifique qui font la richesse de la région.
Avant eux, le professeur Daniel Kouassi, enseignant chercheur, vice doyen de l’UFR de sociologie à l’Université Lorougnon Guédé de Daloa a expliqué les fondements de la célébration de la Pâques (Paquinou) en terre ivoirienne. Il a précisé que la Paquinou signifie la pâque chez nous en langue baoulé. Cette fête en pays baoulé a une origine liée à la culture du Cacao, à l’en croire. « L’expansion de la culture du cacao en Côte d’Ivoire a vu le déplacement de valeureux paysans baoulés vers les zones forestières. Après avoir fait fortune, les paysans retournaient sur leurs terres pour y bâtir leurs maisons et faire des réalisations », a-t-il expliqué ajoutant qu’entre temps, ils décident de contribuer aux évènements pendants lesquels, ils étaient absents. « C’est donc à la recherche de période propice pour régler certains problèmes ou difficultés communautaires que le weekend pascal a été choisi », a précisé l’enseignant terminant par « Paquinou est un moment de rencontres d’échanges, de partage et de décisions pour l’amélioration de la vie des communautés baoulés. C’est aussi une organisation de chaque village. Ce n’est donc pas une affaire de se retrouver pour la boisson ou de venir chercher les femmes ».
Cette rencontre a été aussi l’occasion d’un exercice de redevabilité sans précédent, révélant un investissement massif de plus de 1,2 milliard de FCFA réalisé par le conseil régional en seulement deux ans de gestion en faveur des communautés baoulé de la région du Haut-Sassandra.
Le Premier Vice-président du Conseil Régional, M. Suy Guillaume, a présenté le bilan des réalisations effectuées spécifiquement en faveur des campements baoulés.
Pour un montant total de 1 267 382 772 FCFA, les interventions ont touché tous les secteurs.
417 millions FCFA ont été investis pour la construction et réhabilitation d'écoles, assorties de la distribution de 900 tables-bancs pour améliorer les conditions d'apprentissage.
S’agissant du secteur de l’Hydraulique, ce sont 197 millions FCFA mobilisés pour la réalisation de 17 projets incluant 12 pompes à motricité humaine, des forages et des systèmes d’Hydraulique Villageoise Améliorée (HVA).
Pour ce qui est du secteur de la santé, Guillaume Suy a souligné que 159 millions FCFA ont permis la construction et équipement de centres de santé modernes, comprenant des logements pour le personnel médical afin de garantir une permanence des soins.
Pour les domaines, de l’électricité et la voirie, c’est respectivement 177 938 801 F et 315 558 976 F qui ont permis l’électrification de plusieurs localités (dont Adjamé et M’Bahiakoffikro) et les travaux de reprofilage lourd de plusieurs axes routiers avec construction de dalots pour désenclaver les zones de production.
L'ambition du Conseil Régional ne s'arrête pas là. M. Suy Guillaume a annoncé une enveloppe prévisionnelle de 1 211 450 000 F pour les deux prochaines années, destinée à renforcer les infrastructures de base et l'épanouissement des populations rurales.
Salué par les populations présentes qui ont exprimé leurs doléances dans une ambiance de ferveur, le Président Mamadou Touré a réaffirmé son engagement à poursuivre cette dynamique
« C’est la première fois qu’un tel niveau d’investissement est consenti spécifiquement en faveur des campements baoulés. Nous ne comptons pas nous arrêter là. Continuez de faire confiance à vos enfants ; nous sommes là pour transformer vos conditions de vie et nous ne vous décevrons pas. »
La cérémonie s'est achevée dans une atmosphère de fête, marquant le début d'une célébration de Pâques placée sous le sceau du développement et de la reconnaissance.
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