Le projet « Elsie-Police », une initiative visant à accroître la participation des policières ivoiriennes aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies a été lancé à l’École de police d'Abidjan dans la commune de Cocody, ce mardi 21 avril 2026.
Porté par ONU Femmes, en collaboration avec le gouvernement ivoirien et plusieurs partenaires techniques et financiers, ce projet marque une étape décisive dans la promotion de l’égalité des genres au sein des forces de sécurité.
Dans son allocution, la représentante résidente de ONU Femmes en Côte d’Ivoire, Adjaratou Ndiaye, a planté le décor en rappelant l’importance stratégique des missions onusiennes.
« Les opérations de maintien de la paix constituent un pilier vital de l’architecture internationale de la paix et de la sécurité », a-t-elle affirmé, avant d’insister, « Il ne peut y avoir de paix durable sans la pleine participation des femmes. »
S’appuyant sur les résultats de l’évaluation MOWIP réalisée en 2022, elle a mis en lumière les défis persistants. « Les obstacles sont connus : accès limité à l’information, critères contraignants, faible intégration du genre et perceptions négatives. » Mais pour elle, l’heure est désormais à l’action car « La question n’est plus de savoir pourquoi agir, mais comment agir efficacement. »
Le projet ELSIE-Police entend justement apporter des réponses concrètes à ces contraintes, avec un objectif de former 500 personnes en deux ans, dont 70 % de femmes, et augmenter significativement le nombre de policières déployées dans les missions de paix.
« Investir dans les femmes en uniforme, c’est investir dans la crédibilité de nos institutions et dans la confiance des populations », a martelé Adjaratou Ndiaye, tout en soulignant que « la réussite de ce projet repose sur un engagement collectif ».
Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, par ailleurs, coordonnatrice de l’agenda Femme, Paix et Sécurité en Côte d'Ivoire, son directeur de cabinet, Moussa Diarrassouba a, pour sa part, mis l’accent sur la vision politique derrière cette initiative.
« La Côte d’Ivoire n’est pas en train de suivre une tendance internationale. Elle honore une vision », a-t-il déclaré, en référence à l’engagement des autorités en faveur de l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».
Dans un ton engagé, il a appelé à un changement de paradigme. « Les femmes ivoiriennes ne sont pas seulement des bénéficiaires de la paix. Elles en sont des bâtisseuses à part entière »,a-t-il indiqué.
Avant d’ajouter, « Ce projet est fait pour lever les obstacles qui, trop longtemps, ont bridé vos ambitions. »
S’adressant directement aux policières, il a lancé, « Vous n’êtes pas des acteurs secondaires de la sécurité. Vous êtes au cœur de la solution. »
Du côté de la Police nationale, l’Inspecteur général, Dosso Siaka, Directeur Général Adjoint, chargé de la sécurité Publique a salué une opportunité majeure pour l’institution.
« La mise en œuvre de ce projet constitue une opportunité réelle pour la Police nationale de prendre une part active à la paix et à la sécurité mondiale », a-t-il indiqué.
Rappelant l’engagement de la Côte d’Ivoire dans plusieurs missions onusiennes, notamment la MONUSCO (Congo), la MINUSCA (Centrafrique) ou encore la MINUSMA (Mali), il a reconnu la nécessité d’améliorer la représentativité féminine.
« Conscient du faible taux de participation des personnels féminins, ce projet vient renforcer les capacités des policières en vue d’accroître leur nombre dans les missions de maintien de la paix », a-t-il souligné.
Dans la foulée, il a assuré de l’engagement de l’institution pour la bonne marche dudit projet. « La Direction générale de la Police nationale prendra toutes les dispositions pour en assurer le plein succès »,a-t-il assuré.
En outre, le projet ELSIE-Police s’inscrit dans une dynamique nationale plus large, notamment celle du Plan d’Action National 1325 (2024-2028), qui vise à faire de la participation des femmes une norme dans les questions de paix et de sécurité.
R-SEKONGO

