Une équipe du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par Mme Geneviève Verdier, a rencontré les autorités ivoiriennes du 22 au 30 avril pour évaluer l’avancement des
programmes soutenus par le mécanisme élargi de crédit ( MEDC), la Facilité élargi de crédit ( FEC) et la facilité pour la résilience et la durabilité ( FRD).
A en croire un communiqué de fin de mission transmis à Abidjan.net le vendredi 1er mai 2026, la Côte d'Ivoire et le FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur la 6è revue des accords au titre du MEDC/FEC et la 5è revue de l'accord au titre de la FRD.
La note précise par ailleurs, que cette mission s’inscrit dans le cadre de la sixième et dernière revue au titre des accords MEDC/FEC approuvés par le Conseil d'administration du FMI le 24 mai 2023 pour un montant total de 2,6 milliards de DTS (environ 3,5 milliards de dollars).
" Les performances au titre des programmes MEDC/FEC et FRD ont été remarquables. À l’issue de discussions approfondies et constructives avec les autorités ivoiriennes, un accord au niveau des services a été conclu tant sur l’évaluation de la performance des
programmes que sur les objectifs de politiques économiques à court et moyen terme visant à préserver les acquis macroéconomiques'', a expliqué Mme Geneviève Verdier, la cheffe de la délégation.
Grâce à une mobilisation accrue des recettes et à une maîtrise de dépenses publiques, le déficit budgétaire a été ramené à 3% du PIB
en 2025, conformément au critère de convergence de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), a également fait savoir le communiqué.
Par ailleurs , l'on apprend que les autorités ivoiriennes ont enregistré des avancées notables dans la mise en œuvre des réformes structurelles, notamment la consolidation du Compte Unique du Trésor, qui contribue à améliorer la gestion de la trésorerie, ainsi que le renforcement de la gouvernance des entités publiques pour réduire les risques de blanchiment des capitaux et de financement du terrorisme.
En ce qui concerne la FRD, les échanges ont porté sur la mise en œuvre des réformes prévues dans le cadre de cette revue, notamment l’introduction d’un système d'assurance contre les aléas climatiques
pour la filière coton, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’élaboration d’une stratégie de taxation carbone.
S’agissant des perspectives, le conflit au Moyen-Orient et les réorientations des politiques commerciales représentent un choc
exogène majeur, susceptible d’entrainer une hausse durable des prix internationaux et de plusieurs produits de base, un ralentissement de la demande mondiale et un resserrement accru des conditions financières.
'' Malgré un environnement international incertain, l’économie ivoirienne reste résiliente. La croissance devrait atteindre 6 % en 2026, contre 6,5 % en 2025, en raison d’un ralentissement de la demande et des
investissements dû à l’incertitude. Toutefois, l’inflation s’accélérerait à 3,3% en 2026 contre 0,1 % en 2025 sous l’effets combiné de
l’augmentation des prix internationaux du pétrole et des engrais, ainsi que des perturbations des chaînes d’approvisionnement", a entre autres fait savoir, le communiqué.
" Le déficit du compte courant devrait également s’élargir à 2.2% du PIB en 2026,contre 0.7 % en 2025, en lien avec la guerre au Moyen-Orient et ladétérioration des termes de l’échange'', a ajouté le document.
Selon l’évolution du conflit, indique le texte, le déficit budgétaire pourrait s’élargir au-delà de 3% du PIB.
Dans ce contexte, estime la note, l’introduction de mesures visant à soutenir les recettes fiscales, ainsi que la mise en œuvre de mesures temporaires et ciblées pour protéger les populations vulnérables seront essentielles pour en contenir l’impact.
" Les autorités sont prêtes à prendre toutes les mesures nécessaires pour préserver les acquis des dernières années, et réduire le déficit budgétaire à la norme de l’UEMOA de 3% du PIB d’ici 2028, selon la durée du conflit au Moyen Orient et, en l’absence de tout autre choc", a également souligné la communiqué.
En outre, le document indique que les perspectives à moyen terme restent globalement favorables, malgré un contexte international difficile marqué par des tensions
géopolitiques.
Ainsi, la croissance devrait s'établir en moyenne à 6,7%, en Côte d'Ivoire tandis que l'inflation reviendrait en-deçà de la cible régionale de 3%.
Quant au risque de surendettement du pays demeurera ainsi modéré.
Toutefois , la mission du FMI a conclu que l’incertitude qui entoure les politiques à l'échelle mondiale, les tensions géopolitiques, l’insécurité régionale, et la forte vulnérabilité
de la Côte d'Ivoire aux chocs climatiques, appelle néanmoins à une vigilance accrue de la part des autorités ivoiriennes.
Au cours de cette mission, rappelle -t-on, l'équipe du FMI a rencontré plusieurs personnalités ivoiriennes dont le vice-président de la République Tiémoko Meyliet Koné, le Premier ministre Robert Beugré Mambé ainsi que les ministres Adama Coulibaly ( Finances et Budget), Souleymane Diarrassouba ( Plan et Développement) et Mamadou Sangafowa Coulibaly ( Mines, pétrole et Énergie).
L.Barro

