Les chefs de génération, les notables et les villageois d’Ebrah (sous-préfecture de Grand-Bassam) se sont réunis le dimanche 3 mai 2026, dans la cour royale. L’objectif de cette rencontre était d’informer les habitants sur des décisions de justice qui touchent 14 fils du village traduit en justice par l’ancien roi déchu d’Ebrah, Nanan Assémien Nogbou au cours des événements qui ont lieu dans le village en 2019.
Entourés de Maîtres Bléoué Aka Blaise et Méïté Ben Abdoulaye, représentants le collège d’avocats commis à la défense des droits des accusés, les conférenciers ont fait le compte rendu détaillé du procès qui a eu lieu le mercredi 29 avril 2026 au Tribunal de première instance d’Abidjan.
Hormis deux personnes qui ont bénéficié de relaxe, les 12 autres prévenus ont été inculpés pour tentative d’assassinant sur plusieurs personnes, détention illégale d’arme à feu de 5e catégorie, incendie volontaire de véhicule, incendie volontaire d’un immeuble, destruction volontaire de tout ou partie d’un immeuble, coups et blessures volontaires contre plusieurs personnes. Les accusés ont donc été condamnés pour certains à 10 ans et d’autres à 15 ans d’emprisonnement avec sursis et 100 millions d’amende à payer à l’ancien roi, Nanan Assemien Nogbou. Après ce récit, les avocats ont suggéré de faire appel afin de réduire ou d’annuler la peine et les amendes des condamnés qui n’ont fait que défendre leur village.
« Il faut que les populations s’approprient cette affaire qui concerne tout le village d’Ebrah qui a riposté après la profanation de leur bien culturel : l’Attoumgblan (le tam tam parleur). Et nous savons tous combien l’Etat de Côte d’Ivoire tient à la préservation de ces biens traditionnels. Il faut mettre en place une cellule communautaire » a proposé Maître Méité. Cela, afin de pouvoir mieux structurer la défense des inculpés en fournissant toutes les informations nécessaires à une bonne prise en charge. « J’appelle à la sérénité et au calme. Cette situation concerne tous les fils et filles de ce village. Il ne s’agit pas seulement des accusés, c’est tout le peuple Ossouhon qui est ainsi exposé. Il faut être solidaire afin de défendre l’honneur de notre village et notre tradition. Il nous faut lutter pour innocenter tous les accusés », a affirmé Dago Vincent, le chef suprême de la génération Bloussoué.
Pour rappel, cette situation a été engendrée par des violences qui ont survenu au village en le 1er février 2019 entre les habitants d’Ebrah et son ancien roi déchu Nanan Assemien Nogbou, à la veille de l’intronisation traditionnelle de son remplaçant Nanan Pie X Joseph Aipri Ahoba. Ce dernier a été officiellement investi en 2022 à la suite d’un arrêté préfectoral.

