'' La Côte d'Ivoire ne sera jamais une terre d'accueil pour les capitaux criminels de tout acabit'', a assuré Jean-Claude Aboya, le procureur de la République près le Pôle Pénal Économique et Financier.
Il s'exprimait le mercredi 10 juin 2026 au cours d'une conférence de presse qu'il a animée au Pôle Pénal Économique et Financier sur le thème : '' Le blanchiment de capitaux autonome en Côte d'Ivoire ''.
'' Le parquet financier ne laissera personne saborder ou annihiler, de quelque manière que ce soit, l'effort collectif déployé, sans relâche depuis octobre 2024, à replacer la Côte d’Ivoire dans le concert des nations plus sûres et sans surveillance d’institutions étrangères. La Côte d’Ivoire n’est pas et ne sera jamais une terre d’accueil pour les capitaux criminels de tout acabit'', a dit Jean-Claude Aboya, procureur de la République, près le Pôle Pénal, Économique et Financier.
Poursuivant, le procureur financier a affirmé que son parquet poursuivra '' sans relâche'', la lutte contre '' tous ceux qui tentent de dissimuler, de recycler, d’utiliser des fonds issus d’activités criminelles, ou tous ceux qui sont tentés d’aider ces personnes à échapper aux conséquences juridiques de leurs actes''.
'' Nous avons observé que le secteur de l'immobilier fait partie des secteurs où l'on blanchit le plus les fonds illicites en Côte d'Ivoire '', a-t-il également fait savoir.
Le procureur financier a aussi indiqué que la peine d'emprisonnement, en matière de blanchiment de capitaux autonome, est comprise entre trois et sept ans en Côte d'Ivoire.
'' A tous ceux qui disent et pensent que l'argent n’a pas d’odeurs, je suis d’accord avec vous. Effectivement l’argent sale par essence n’existe pas, mais ce sont les méthodes, les techniques et les manières employées pour son obtention qui peuvent être sales et notre rôle est de démasquer, de découvrir et de dépister ces techniques et méthodes'', a-t-il soutenu.
Dans la foulée, il a rappelé que la Côte d'Ivoire est depuis 2024, placée dans le concert des pays sous surveillance des institutions financières.
'' La lutte contre le blanchiment de capitaux constitue aujourd’hui une priorité stratégique de l’État de Côte d’Ivoire à travers le Pôle Pénal Économique et Financier'', a révélé le procureur financier.
En outre, le procureur financier a appelé les uns et les autres à '' faire attention'' déplorant '' qu'a tort ou à raison, la Côte d'Ivoire est présentée comme un pays receleur de véhicules volés ''.
Auparavant, le magistrat a expliqué longuement les notions de blanchiment de capitaux et plus particulièrement, le blanchiment de capitaux autonome.
'' Notre responsabilité, en tant que procureur financier est d’adapter la lutte contre la criminalité financière, en général, et contre le blanchiment de capitaux, sous toutes ses formes, aux normes et standards internationaux qui ont été intégrés dans notre corpus législatif et s’assurer que les auteurs de ces infractions économiques soient traduits devant les juridictions en vue de subir la rigueur de la loi pénale'', a conclu le procureur financier.
L.Barro

