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Santé Publié le samedi 4 juillet 2026 | Abidjan.net

Côte d’Ivoire : faux médicaments et cosmétiques dangereux, les autorités annoncent des mesures

Côte d’Ivoire : faux médicaments et cosmétiques dangereux, les autorités annoncent des mesures
© Abidjan.net Par JB
Côte d’Ivoire : faux médicaments et cosmétiques dangereux, les autorités annoncent des mesures
 Réunis à Abidjan ce vendredi 3 juillet 2026 à l’hôtel Silver Moon dans le cadre de la deuxième réunion 2026 de la plateforme multisectorielle, les acteurs publics, judiciaires, sécuritaires et pharmaceutiques ont dressé un état des lieux préoccupant d’un phénomène en expansion alimenté par le trafic transfrontalier et les réseaux numériques.

Réunis à Abidjan ce vendredi 3 juillet 2026 à l’hôtel Silver Moon dans le cadre de la deuxième réunion 2026 de la plateforme multisectorielle, les acteurs publics, judiciaires, sécuritaires et pharmaceutiques ont dressé un état des lieux préoccupant d’un phénomène en expansion alimenté par le trafic transfrontalier et les réseaux numériques.

Ouvrant les travaux, le Directeur général de l’Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique Dr Hassan Koulibaly a rappelé la gravité du phénomène.

Selon lui les faux médicaments ne sont pas de simples contrefaçons commerciales mais une arme invisible qui trompe la confiance des familles et ôte des vies sous couvert de guérison.

Il a souligné que ces produits peuvent être inefficaces contaminés ou toxiques compromettant l’efficacité des traitements et exposant les patients à des risques graves voire mortels.

Créée par la loi n°2017-541 du 3 août 2017 l’Autorité Ivoirienne de Régulation Pharmaceutique est chargée de la régulation du secteur pharmaceutique en Côte d’Ivoire.

Ses missions couvrent notamment l’enregistrement des médicaments via les Autorisations de Mise sur le Marché AMM ou de Commercialisation AC l’octroi d’agréments aux structures pharmaceutiques et parapharmaceutiques la délivrance des licences d’ouverture d’officines la surveillance du marché et les inspections ainsi que la pharmacovigilance.

L’institution joue également un rôle central dans la coordination de la lutte contre les PMQIF à travers une plateforme multisectorielle regroupant administrations, forces de sécurité et acteurs privés.

Cette plateforme associe les forces de défense et de sécurité Police Gendarmerie Douanes UCT le ministère de la Justice les structures sanitaires et des partenaires internationaux comme l’Organisation mondiale de la Santé.

Elle a permis selon les bilans présentés l’intensification des saisies, le démantèlement de réseaux clandestins et la destruction de produits dangereux.

Les échanges ont également mis en lumière une évolution inquiétante du trafic marquée par la montée en puissance des réseaux sociaux et des plateformes numériques.Facebook TikTok et d’autres canaux en ligne sont désormais utilisés par les trafiquants pour écouler des produits interdits échappant ainsi aux circuits classiques de contrôle.

« Nous faisons face à une industrie criminelle en recomposition permanente » a indiqué un intervenant soulignant la nécessité d’une réponse technologique et juridique renforcée.

Autre sujet majeur: la prolifération des produits cosmétiques éclaircissants.

Selon les données présentées de nombreux produits contiennent des substances dangereuses telles que l’hydroquinone le mercure ou les corticoïdes malgré leur interdiction ou leur encadrement strict.

L’AIRP a conduit une vaste campagne de déclaration entre 2024 et 2025 ayant permis l’enregistrement de 11 849 produits déclarés par plus de 1 140 opérateurs.Une phase post campagne est désormais en cours visant à constituer une base de données nationale, renforcer l’homologation des produits et assainir durablement le marché.

Dans son intervention le DG de l’AIRP a lancé un appel ferme aux opérateurs économiques « Vendre des produits de dépigmentation non autorisés c’est s’exposer à la loi »

Il a également mis en garde contre des pratiques frauduleuses consistant à extorquer de l’argent sous prétexte d’enregistrement de produits précisant qu’aucune organisation extérieure n’est mandatée pour agir au nom de l’AIRP.

La Côte d’Ivoire a ratifié la Convention MEDICRIME premier instrument international criminalisant le trafic de faux médicaments.Sa domestication en cours avec l’appui du ministère de la Santé et du ministère de la Justice devrait permettre de renforcer les sanctions et d’harmoniser le cadre juridique national avec les standards internationaux.

Plusieurs intervenants ont insisté sur la dimension stratégique du combat engagé. Pour les autorités il ne s’agit plus seulement d’un enjeu sanitaire mais d’une véritable question de sécurité nationale en raison de l’impact direct sur les populations et sur le système de santé.

Face à l’ampleur du phénomène, l'ensemble des parties prenantes ont réaffirmé la nécessité d’une action concertée impliquant les forces de sécurité, les autorités judiciaires, les professionnels de santé, la société civile et les partenaires internationaux.

La réunion a permis de dresser le bilan du premier semestre 2026 et de définir les orientations stratégiques. Entre intensification des contrôles digitalisation de la surveillance et durcissement du cadre juridique la Côte d’Ivoire entend renforcer sa riposte contre les faux médicaments et les produits cosmétiques dangereux.


JB

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