La Côte d'Ivoire est devenue le premier pays au monde pour lequel l’Indice des normes de masculinité a été calculé sur la base de données nationales représentatives, ont annoncé lundi l'OCDE et la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), saluant une « avancée inédite » dans les politiques d'égalité des chances.
Cette annonce est intervenue à Paris lors d'une table ronde de haut niveau du Centre de développement de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), consacrée aux enseignements de la Côte d’Ivoire et du Sénégal sur les représentations de la masculinité, a appris Abidjan.net ce 6 juillet 2026.
L'événement s'est tenu en présence du Secrétaire général de l'OCDE, Mathias Cormann, de la directrice de son Centre de développement, Ragnheiður Elín Árnadóttir, ainsi que de plusieurs diplomates.
Ce résultat est le fruit de l'Enquête nationale sur les Normes de Masculinité en Côte d'Ivoire (EMASCI), dont le rapport conjoint intitulé « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d'Ivoire et du Sénégal » a été rendu public à Abidjan le 30 juin dernier.
Menée par la CUEFPOD et l'OCDE, avec l'appui technique de l'Agence Nationale de la Statistique (ANStat) ivoirienne et le soutien financier de l'Autriche, cette étude décrypte les attentes sociales qui pèsent sur les hommes.
Selon ses auteurs, l'enquête met en lumière un « écart silencieux » : une large proportion d'hommes adhère en réalité à l'égalité des chances femmes-hommes, mais de manière plus affirmée qu'ils n'osent l'exprimer publiquement. Le rapport plaide ainsi pour une approche de « masculinité positive » qui s'articule « avec les hommes plutôt que contre eux ».
« Cette étude est conçue pour servir de catalyseur de changement et de transformation sociale », a déclaré Euphrasie Kouassi Yao, conseillère spéciale du Premier ministre ivoirien chargée du Genre et titulaire de la CUEFPOD. Elle a lancé un appel à l'OCDE et à la communauté internationale pour transposer ces conclusions dans « un projet africain et en actions structurantes ».
Représentant l'ambassadeur de Côte d'Ivoire en France Maurice Kouakou Bandaman, le premier conseiller Anthelm Prosper Angui a souligné que la mesure de ces normes s'inscrivait dans la Politique Nationale sur l'Égalité, l'Équité et le Genre 2024-2030 du gouvernement ivoirien.
Abidjan pousse désormais pour l’élaboration d’une « Stratégie Nationale pour la Promotion de la Masculinité Positive 2026-2030 », en collaboration avec le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, conformément aux orientations de l'Union africaine (Déclaration de Kinshasa).
Selon l'Indice Institutions Sociales et Genre (SIGI) 2023 de l'OCDE, la Côte d'Ivoire occupe déjà le premier rang en Afrique en matière d'égalité des chances entre les sexes.
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