Un dialogue multi-acteurs autour des propositions de réforme de la gouvernance électorale s’est tenu ce vendredi 3 juillet 2026 à Cocody, à l’initiative de plusieurs organisations de la société civile engagées dans la promotion de la gouvernance démocratique.
À cette occasion, les acteurs de la société civile ont présenté un Livret blanc contenant des recommandations pour la mise en place d’un nouvel Organe de gestion électorale (OGE), dans le contexte de la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI).
Fruit d’une réflexion collective menée par 1 780 organisations de la société civile ayant participé à l’observation des élections de 2025, ce document vise à apporter des réponses aux défis identifiés lors des précédents scrutins, notamment en matière de confiance, de transparence et d’inclusivité du processus électoral.
Les organisations proposent un modèle d’OGE structuré autour de trois principales composantes. La première repose sur la création d’une Commission électorale d’experts, composée de neuf personnalités qualifiées chargées de définir les orientations stratégiques de l’institution pour un mandat unique de six ans non renouvelable. Cette commission pourrait intégrer des représentants de la majorité et de l’opposition choisis sur la base de leur expertise dans le domaine électoral.
La deuxième composante concerne la mise en place d’un Département général du fichier électoral, chargé de la gestion technique, de l’actualisation, de l’audit et de la révision permanente de la liste électorale. Les responsables de cette structure seraient recrutés par appel public à candidatures afin de garantir la compétence et la transparence. Les initiateurs recommandent également l’inscription automatique des citoyens dès l’âge de 18 ans.
La troisième composante serait dédiée à l’éducation civique et électorale, avec pour mission de renforcer durablement la sensibilisation des populations, particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap, afin d’améliorer leur participation au processus démocratique.
Intervenant au nom des organisations initiatrices, Anne Nadège Assahon, membre du Centre Ahou, a expliqué que l’innovation majeure de cette proposition réside dans « la séparation des responsabilités stratégiques, techniques et pédagogiques ». Selon elle, cette approche devrait contribuer à professionnaliser davantage la gouvernance électorale tout en consolidant son indépendance.
Le Livret blanc formule également plusieurs autres recommandations, notamment l’instauration d’une révision annuelle transparente de la liste électorale avec, à terme, un système d’enregistrement permanent des électeurs, la numérisation sécurisée des procès-verbaux et de la proclamation des résultats, ainsi que la publication de données électorales désagrégées par sexe et par âge.
Les organisations préconisent aussi le renforcement de la communication institutionnelle, la lutte contre la désinformation, la formation des journalistes sur les questions électorales et la création de cadres permanents de dialogue politique entre les différents acteurs.
Elles appellent par ailleurs à une réforme consensuelle et inclusive du cadre normatif électoral, avec des mesures favorisant une meilleure représentation et participation des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap.
Dans le cadre de leur plaidoyer, les initiateurs prévoient de transmettre le Livret blanc au gouvernement ainsi qu’aux députés de l’Assemblée nationale, afin que ces propositions puissent être prises en compte dans les échanges en cours sur la réforme de la gouvernance électorale.
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